Le Gabon enclenche la fin des importations de poulets de chair d’ici 2027
Le Gabon intensifie sa stratégie de souveraineté alimentaire en préparant la fin des importations de poulets de chair d’ici 2027. Le gouvernement mise sur la montée en puissance de la filière locale pour couvrir la demande nationale.
Le Gabon prend des mesures pour réduire les importations de poulets de chair. Dans ce cadre, plus de 370 fermes avicoles structurées ont été recensées afin de préparer l’arrêt des importations prévu pour janvier 2027. Selon le ministre de l’Industrie et de la Transformation locale, Lubin Ntoutoume, la filière locale pourra accroître sa capacité afin de répondre à la demande nationale, rapporte l’Agence Gabonaise de Presse.
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Le poulet « made in Gabon »
En effet, selon le ministre, cité par l’Agence Gabonaise de Presse, l’objectif est de remplacer le poulet importé par du poulet « made in Gabon ». Il a souligné que le cycle de production d’un poulet de chair, qui dure 45 à 50 jours, permet de déployer rapidement les capacités industrielles nécessaires. Par ailleurs, deux investisseurs ont déjà confirmé leur engagement à construire des fermes, des abattoirs et des unités de transformation pour approvisionner le marché local.
La source précise que les fermes existantes sont réparties entre le Grand Libreville et plusieurs provinces de l’intérieur du pays. Les nouveaux opérateurs auront pour mission de renforcer la chaîne de valeur, en particulier les maillons encore insuffisamment développés, tels que l’abattage, la transformation et la distribution.
Le gouvernement mise également sur les PME locales pour réussir ce pari, avec l’appui de l’Agence nationale de promotion des investissements, de la Banque de soutien à l’entrepreneuriat gabonais et de la Société gabonaise de garantie. Parallèlement, l’Agence gabonaise de normalisation élabore des normes spécifiques afin d’encadrer la production locale de poulets de chair et d’assurer la qualité des produits. Les premières capacités renforcées devraient se concrétiser d’ici la fin de l’année.
Si cette mesure est menée à terme, elle pourrait profondément transformer la filière avicole gabonaise. La réduction des importations devrait stimuler la production locale, favoriser la création d’emplois et renforcer l’autonomie alimentaire du pays. En structurant davantage la chaîne de valeur, de l’élevage à la distribution, le Gabon pourrait également améliorer la qualité et la traçabilité des produits mis sur le marché.
Toutefois, le succès de cette transition dépendra de la capacité des acteurs à investir durablement, à maîtriser les coûts de production et à maintenir des prix accessibles aux consommateurs, afin d’éviter toute tension sur l’offre ou flambée des prix.
Aboubakar FAÏSSAL


