172 kg d’aliments gaspillés par habitant par an
D’après l’Indice du gaspillage alimentaire 2024 du Programme des Nations Unies pour l’environnement, la Tunisie jette 172 kg de nourriture par habitant chaque année, soit près de 2 millions de tonnes gaspillées au niveau national. Ce gaspillage alimentaire concerne surtout le pain, les céréales et les légumes, et entraîne des impacts économiques, environnementaux et sociaux importants dans un contexte de tensions sur la sécurité alimentaire et de rareté des ressources.
La Tunisie fait face à un niveau élevé de gaspillage alimentaire, avec 172 kg de nourriture gaspillés par habitant par an, selon les données récentes du Programme des Nations Unies pour l’environnement. À l’échelle arabe, ce taux place le pays au deuxième rang, juste derrière l’Égypte, et en tête du Maghreb en matière de gaspillage alimentaire.
Ce phénomène n’est pas sans conséquences. Au total, près de 2 millions de tonnes de denrées alimentaires finissent chaque année à la poubelle, une charge lourde pour une économie déjà confrontée à des pressions sur les importations alimentaires, les coûts de production et le pouvoir d’achat des ménages.
Les aliments les plus gaspillés sont le pain, les céréales et les légumes. Leur perte fréquente s’explique par une planification insuffisante des achats, une conservation inadéquate et une sensibilisation limitée à la valeur des ressources alimentaires. Ce comportement de consommation entraîne un gaspillage élevé à chaque étape, du foyer aux marchés, en passant par les circuits de distribution.
Les conséquences du gaspillage alimentaire
D’un point de vue économique, le gaspillage alimentaire représente une perte significative pour les ménages tunisiens. Acheter des denrées qui ne sont pas consommées alourdit les dépenses familiales. À une plus grande échelle, ces pertes pèsent aussi sur l’économie nationale, car elles réduisent l’efficacité de la production agricole locale et augmentent la dépendance aux importations.
Sur le plan environnemental, le gaspillage alimentaire contribue également à des problèmes majeurs. Les aliments jetés dans les décharges se décomposent et produisent du méthane, un gaz à effet de serre dont l’impact sur le climat est nettement supérieur à celui du dioxyde de carbone. Selon les experts, le gaspillage alimentaire est responsable d’une part importante des émissions de gaz à effet de serre, accentuant le changement climatique.
En outre, ce gaspillage consomme inutilement des ressources naturelles vitales. L’eau utilisée pour irriguer les cultures, l’énergie nécessaire pour transformer et transporter les produits, ainsi que les terres agricoles mobilisées pour produire ces denrées finissent par être gaspillées lorsque ces aliments ne sont jamais consommés. Cette inefficacité remet en question la durabilité du système alimentaire tunisien dans un contexte où ces ressources deviennent de plus en plus rares.
Les conséquences sociales ne sont pas moindres. Alors que certaines populations tunisiennes restent vulnérables face à l’insécurité alimentaire, jeter une grande partie de la production constitue une contradiction difficile à justifier. Dans un pays où la sécurité alimentaire est essentielle à la cohésion sociale et à la stabilité économique, réduire le gaspillage devient un objectif stratégique.
Des solutions contre cette situation
Pour faire face à ce défi, des voix s’élèvent pour proposer des solutions concrètes. Parmi les pistes avancées figurent une meilleure planification des repas, des campagnes d’information sur la bonne conservation des aliments, la redistribution des excédents aux personnes dans le besoin et le développement de filières de recyclage des déchets organiques. De telles mesures pourraient réduire sensiblement le gaspillage alimentaire et, par conséquent, renforcer l’efficacité du système alimentaire tout en diminuant son impact environnemental.
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La Tunisie est aujourd’hui à un tournant : maîtriser le gaspillage alimentaire représente une opportunité de renforcer la sécurité alimentaire, de préserver les ressources naturelles et de respecter les engagements environnementaux internationaux. Avec 172 kg de nourriture gaspillés par habitant chaque année, la nécessité d’agir devient un impératif pour la durabilité future du pays.
Innocent AGBOESSI


