Achat Groupé : Une solution miracle face à la cherté des intrants ?

Suite à l’augmentation persistante des prix des intrants, l’achat groupé s’impose progressivement comme une stratégie adoptée par les producteurs pour réduire leurs charges

Au Bénin, le coût élevé des intrants agricoles complique le démarrage des campagnes pour de nombreux producteurs. Pour y faire face, certains exploitants se tournent vers les coopératives afin de répartir les achats. Toutefois, entre avantages économique et difficultés de gestion  collective, l’efficacité de cette solution reste autrement appréciée.

Suite à l’augmentation persistante des prix des intrants, l’achat groupé s’impose progressivement comme une stratégie adoptée par les producteurs pour réduire leurs charges

Suite à l’augmentation persistante des prix des intrants, l’achat groupé s’impose progressivement comme une stratégie adoptée par les producteurs pour réduire leurs charges. En se regroupant au sein des coopératives, ils espèrent bénéficier de coûts plus abordables et d’un accès facilité aux appuis publics. Cependant, malgré ces attentes, les réalités observées montrent des résultats mitigés, liés notamment à des problèmes d’organisation, d’equité et de disponibilité des intrants.

Pour plusieurs acteurs du secteur agricole, l’achat groupé constitue avant tout un levier pour réduire les coûts de production. C’est notamment le cas de GBÉGAN Romuald, exploitant agricole, qui combine achats individuels et collectifs. Selon lui, les bénéfices sont concrets. « L’achat groupé permet de réduire le coût de revient du produit », explique-t-il, soulignant ainsi son impact direct sur la rentabilité des exploitations. En outre, cette organisation facilite également l’accès aux intrants et aux appuis publics. Pour certains producteurs, elle représente donc une solution durable face à la hausse des prix. « C’est une possibilité de solution face à la cherté des intrants », affirme-t-il, rappelant par ailleurs que « une campagne agricole se prépare bien avant son démarrage ».

Moyen d’accès aux intrants freiné par des obstacles persistants

Cependant, malgré ces avantages, l’achat groupé ne profite pas de manière égale à tous les producteurs.  Aubierge Agbangla ,  productrice maraîchère exploitant explique appartenir à une coopérative, tout en soulignant des limites importantes. « Nous sommes organisés en coopérative, mais dans la pratique, tous les membres ne bénéficient pas des intrants en raison de favoritisme et d’inégalités dans la distribution », déplore-t-elle.

Par ailleurs, elle constate que les coûts restent élevés malgré les achats collectifs. « Les intrants restent chers et insuffisants. Pourtant, ils constituent la principale dépense pour démarrer une campagne agricole », précise-t-elle.

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Plusieurs obstacles freinent ainsi l’efficacité du système, notamment les retards dans la distribution, les quantités insuffisantes, le manque de subventions pour certains produits, la difficulté d’accès au crédit et les inégalités entre petits et grands producteurs.

Malgré tout, elle estime que cette solution pourrait être plus efficace si certaines conditions étaient réunies. « Cela peut aider seulement si la gestion est transparente et si tous les producteurs en bénéficient réellement », insiste-t-elle, appelant à un meilleur accès au financement et à une gestion plus équitable des coopératives.

Si l’achat groupé des intrants apparaît comme un moyen concret pour réduire les coûts et sécuriser l’approvisionnement, son efficacité dépend largement de la transparence, de l’équité et de l’organisation des coopératives pour que tous les producteurs, petits et grands, puissent réellement en bénéficier.

Mystéria ALLAHIZI

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