Le Togo revoit les textes pour mieux protéger le secteur
La sécurité alimentaire devient une priorité renforcée au Togo. Le pays engage une révision de sa législation aquacole afin d’adapter les textes aux réalités actuelles du secteur. Cette démarche vise à soutenir la production locale de poisson, à prévenir les risques sanitaires et à consolider durablement la sécurité alimentaire.
Le Togo renforce la sécurité alimentaire par la réforme aquacole
La sécurité alimentaire occupe une place centrale dans les politiques publiques togolaises. Dans ce cadre, une révision du dispositif institutionnel et réglementaire de l’aquaculture est en cours. Le 20 février 2026, à Lomé, les acteurs nationaux de l’aquaculture et de la biosécurité ont validé une étude présentant l’état des lieux de la législation actuelle.
Les travaux ont été lancés par le Ministère de l’Agriculture, de la Pêche et des Ressources animales, chargé de la Souveraineté alimentaire, représenté par son directeur de cabinet, M. DindiogueKonlani. Cette initiative bénéficie de l’appui de l’Agence japonaise de coopération internationale, à travers le Comité des pêches du Centre-Ouest du golfe de Guinée, avec l’expertise technique de Oceans Friends International.
L’étude validée doit permettre de corriger les insuffisances de la loi actuelle sur la pêche et l’aquaculture. Le texte en vigueur ne contient pas de dispositions précises en matière de biosécurité. Or, le développement rapide de l’aquaculture exige des mesures claires pour prévenir les maladies et protéger les ressources en eau. Cette réforme doit ainsi moderniser la législation et l’adapter aux normes régionales.
Une production aquacole en forte croissance ces dernières années
Le contexte est marqué par une forte progression de la production nationale. La production aquacole atteint aujourd’hui environ 3 500 tonnes, contre seulement 120 tonnes au début des années 2010. Cette évolution témoigne des efforts réalisés pour améliorer la sécurité alimentaire et réduire les importations de poisson.
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Cette croissance repose sur plusieurs projets de soutien au secteur agricole, notamment ceux dédiés au développement de l’aquaculture. La pisciculture en cages flottantes s’est développée et la diffusion du tilapia « super mâle » a permis d’augmenter les rendements. L’objectif demeure le renforcement de la sécurité alimentaire grâce à une production locale plus abondante.
Il faut noter que, cette expansion comporte des risques. L’importation de poissons vivants et d’aliments pour poissons peut introduire des maladies dangereuses. Le virus du tilapia du lac et certaines infections bactériennes menacent les élevages et les écosystèmes aquatiques, notamment dans des zones sensibles comme le barrage de Nangbéto.
Un nouveau cadre juridique pour protéger durablement les ressources
Face à ces défis, la révision de la législation aquacole apparaît nécessaire. Le nouveau cadre juridique devra accompagner la croissance du secteur tout en protégeant les ressources naturelles. À travers cette réforme, les autorités togolaises cherchent à faire de l’aquaculture un véritable levier de sécurité alimentaire durable.
La sécurité alimentaire s’impose ainsi comme le principal moteur de cette réforme, avec l’ambition de garantir une production nationale de poisson saine, suffisante et sécurisée.
Innocent AGBOESSI


