Le Bénin reprend le lead ouest-africain avec une belle performance
Après une saison 2024-2025 dominée par Bamako, Cotonou renverse la tendance. En effet, les prévisions régionales pour la campagne 2025-2026 annoncent un retour du Bénin au sommet de la production cotonnière ouest-africaine, sur fond de contrastes climatiques et de stratégies agricoles divergentes.
La bataille pour le leadership de l’« or blanc » en Afrique de l’Ouest vient de connaître un nouveau rebondissement. Selon les projections du Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-Pica), le Bénin devrait enregistrer une production de 647 290 tonnes au terme de la campagne 2025-2026. Une performance qui lui permettrait de devancer le Mali, annoncé à 433 700 tonnes, soit une chute spectaculaire de 34 % par rapport aux 690 000 tonnes réalisées la saison précédente.
Une chute brutale de la production malienne après une saison record
L’année dernière, le Mali avait brièvement repris l’avantage, confirmant sa capacité à mobiliser son important bassin cotonnier. Mais la dynamique s’est brutalement inversée. Les intempéries et les fortes inondations enregistrées en fin d’hivernage ont sévèrement affecté les rendements maliens, fragilisant une filière déjà exposée à des défis structurels.
Une résilience béninoise face aux aléas climatiques
À l’inverse, le Bénin a su limiter l’impact des aléas climatiques. Les observateurs du secteur soulignent une meilleure organisation de la campagne, une maîtrise accrue des itinéraires techniques et un encadrement plus rigoureux des producteurs. Cette résilience n’est pas le fruit du hasard : elle s’inscrit dans une stratégie progressive de modernisation engagée depuis plusieurs années.
Au-delà des conditions climatiques, c’est la question de la productivité qui distingue aujourd’hui les deux pays. Le Bénin affiche une progression régulière de ses rendements à l’hectare, soutenue par une meilleure disponibilité des intrants, un encadrement technique renforcé et une structuration plus efficace de la commercialisation.
Cette constance contraste avec la volatilité malienne, fortement dépendante des conditions météorologiques et confrontée à des contraintes logistiques et sécuritaires persistantes. Résultat : alors que Bamako enregistrait encore une performance record l’an dernier, la filière accuse aujourd’hui un net recul.
Un pilier économique majeur pour les deux pays
Le coton demeure l’un des principaux produits d’exportation des deux pays. Au Bénin, il représente une part déterminante des recettes d’exportation et constitue un pilier de l’économie rurale. Reprendre la première place régionale ne relève donc pas uniquement du prestige : il s’agit d’un enjeu budgétaire, social et stratégique.
Des enjeux internationaux et industriels croissants
Par ailleurs, cette nouvelle configuration pourrait également influencer les rapports de force au sein des marchés internationaux, notamment face aux géants asiatiques de la transformation textile. La capacité du Bénin à maintenir ce niveau de production, tout en améliorant la qualité et la transformation locale, sera déterminante pour consolider son avance.
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Si les chiffres de la campagne 2025-2026 confirment le retour en force de Cotonou, la compétition reste ouverte. L’histoire récente montre que le leadership cotonnier en Afrique de l’Ouest demeure fluctuant, soumis aux aléas climatiques, aux politiques agricoles et aux dynamiques régionales.
Pour l’heure, le Bénin signe un retour remarqué au sommet. Mais dans la bataille de l’or blanc, aucune position n’est définitivement acquise.
Vignon Justin ADANDE


