Entrer dans un supermarché africain, c’est parfois comme visiter un musée de l’effort minimum. Les produits sont là, bien alignés, riches de savoir-faire, de goût et d’histoire… mais habillés comme pour aller jeter les poubelles. Packaging triste, couleurs fatiguées, polices d’écriture agressives : tout semble conçu pour faire fuir l’acheteur plutôt que pour le séduire.
Dans l’agroalimentaire africain, le branding est trop souvent traité comme un détail cosmétique, un luxe inutile. Résultat ? Des emballages qui sentent la facilité, des marques sans âme et des produits qui crient « artisanal » quand ils devraient murmurer « premium ». On veut vendre à l’international, mais on présente nos produits comme s’ils n’avaient pas quitté l’arrière-boutique.
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Soyons clairs : un bon produit mal présenté reste un produit mal vendu. À force de négliger l’image, on transforme un atout en frein. Ces produits, pourtant compétitifs, peinent à quitter les étalages et chassent l’acheteur avant même la lecture de l’étiquette.
Oui, la valorisation du “made in Africa” hors du continent est un combat nécessaire. Mais sans un branding sérieux, cohérent et ambitieux, ce combat se joue à armes émoussées. Le goût ne suffit plus. Aujourd’hui, l’emballage parle avant la bouche.
Par Jean-Baptiste HONTONNOU


