Abomey-Calavi
Agriculture

CHENILLE LEGIONNAIRE AU BENIN: Les chercheurs du projet SPODOBEN exposent les moyens de lutte

L’Amphi Idriss Deby Itno de l’Université d’Abomey –Calavi a servi de cadre le mercredi 21 juillet 2021, à un atelier d’échange et de partage des expériences et résultats à mi-parcours de recherche issus de la mise en œuvre du projet de lutte contre la chenille légionnaire. Il a réuni plusieurs enseignants et chercheurs de l’UAC, de l’UNA et de l’INRAB, des acteurs intervenant dans le secteur agricole ainsi que des étudiants de la Faculté des Sciences agronomiques.

Par Laure LEKOSSA

Le Bénin a été l’un des premiers pays africains touchés par l’invasion de la chenille légionnaire d’automne (CLA) en avril 2016. L’incidence de l’attaque a été estimée à 40. 000 hectares en 2016 pour le maïs, la principale culture vivrière du pays. Depuis son apparition, elle s’est installée dans le pays jusqu’aujourd’hui et ne cesse de créer des ravages. Au regard des nombreux dégâts causés par cette chenille, l’urgence était de trouver des solutions adéquates pour une lutte efficace contre ce ravageur. Les recherches de part et d’autre continuent de porter leurs fruits quant aux méthodes à adopter pour une lutte efficace contre ce ravageur. C’est le cas du projet SPODOBEN, un projet de lutte contre la chenille légionnaire d’automne Spodoptera en culture de maïs au Bénin.

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En effet, c’est lors du lancement en 2018 de la phase III des programmes de Fonds Compétitifs pour la Recherche financée par l’UAC , qu’une équipe de la Faculté des Sciences agronomiques et de la faculté des Sciences techniques en collaboration avec l’Institut National des Recherches Agricoles du Bénin a soumis le projet de recherche qui a été approuvé par les experts nationaux et internationaux. Dans son mot de bienvenue, Félicien Avlessi vice-recteur chargé de la recherche de l’UAC, note que participer à cet atelier d’échanges des résultats de la recherche est un plaisir pour tous les participants. Le projet SPODOBEN est l’un des 16 projets dégagés en 2018 encore en cours d’exécution qui devrait arriver à terme le 31 décembre 2021. Dans son discours d’ouverture Brice Sinsin recteur de l’Université d’Abomey –Calavi, a fait savoir que ce projet est certes en cours d’exécution, mais il a déjà généré des résultats et a connu des expériences qui méritent d’être partagés dans ce contexte de crise alimentaire aggravé par les invasions de la chenille. « Tous les participants ici présents ont des informations à partager en rapport avec ce ravageur ; la qualité des intervenants me rassure et présage de discussions très fécondes » a-t-il dit pour ouvrir les débats autour de la chenille légionnaire d’automne.

Au cours de cet atelier, plusieurs communications ont été présentées aux participants. La première porte sur l’origine, l’objectif et les ressources du projet SPODOBEN à l’UAC ; la deuxième est axée sur l’ampleur du phénomène avec les statistiques et les perceptions; la troisième porte sur les approches curatives de protection des champs de maïs contre chenille légionnaire, influence des facteurs écologiques et anthropologiques sur la dynamique de la chenille légionnaire dans les champs de maïs au Bénin est l’intitulé de la quatrième communication et la dernière a porté vers une gestion durable du ravageur. Il ressort des communications présentées que ce projet d’un cout global de plus de 60millions a permis de réaliser une enquête sur 19 communes du Bénin avec 1237 producteurs interviewés.

Au nombre des résultats obtenus, au niveau des producteurs, 93, 9% des champs ont été infectés avec une perte de rendement de 797 kg /hect de champs infectés en moyenne avec une augmentation de 26% du coût moyen de production. En se référant à la statistique nationale de coût de production nationale estimée à 1million, 200 /hect selon la FAO (2018) en combinaison avec la proportion de champs infectés, une perte financière à hauteur de 192, 3milliards de FCFA est estimé au plan national. 21% des producteurs ont réduit les superficies allouées à la production du maïs au profit d’autres cultures comme le coton, le soja, le manioc et le mil.

Selon le Professeur Adam Ahanchede directeur du Centre Interfaculataire de Formation et de recherche en Environnement pour le Développement durable (CIFRED), il ressort des résultats que le savon palmida a été testé efficace pour la lutte contre ce ravageur. En plus de ce savon, l’insecticide dermakote est aussi très efficace contre la chenille légionnaire. « Dans l’environnement de production du maïs au Bénin, il existe des ennemis naturels du ravageur comme les nématodes, les champions qui sont aussi des ennemis pour le ravageur. Donc il y a un travail à faire pour la gestion de manipulation de ces ravageurs, en plus de ça, il y a des plantations fruitières qui dégagent aussi des arômes qui font fuir les ravageurs » a-t -il ajouté.

Spodoptera frugiperda a été signalé pour la première fois en Afrique en 2016 et est depuis devenu une menace sérieuse pour la production de maïs/céréales sur le continent. Le contrôle actuel du ravageur repose sur des insecticides chimiques de synthèse, qui peuvent avoir un impact négatif sur l’environnement et favoriser le développement de résistance lorsqu’ils sont utilisés sans discernement. Par conséquent, une grande attention est accordée au développement d’alternatives plus sûres.

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