Climat : Des millions… et maintenant ?

EDITO : Au Bénin, un sujet semble faire l’unanimité, même de manière discrète : la souveraineté semencière. Projets, initiatives, structures... tout semble avoir été tenté. Pourtant, rien ne prend vraiment. Et les défenseurs des semences locales ne cessent de tirer la sonnette d’alarme.

ÉDITO

Le Bénin vient de bénéficier d’un financement de plus de 30 millions de dollars de la Banque africaine de développement (BAD), destiné à renforcer la résilience des petits exploitants agricoles face aux effets du changement climatique.

EDITO : Au Bénin, un sujet semble faire l’unanimité, même de manière discrète : la souveraineté semencière. Projets, initiatives, structures... tout semble avoir été tenté. Pourtant, rien ne prend vraiment. Et les défenseurs des semences locales ne cessent de tirer la sonnette d’alarme.

Une nouvelle qui, sur le papier, mérite d’être saluée. Car nous le savons tous : notre agriculture est vulnérable. Elle dépend encore trop des pluies, et chaque année, les paysans subissent de plein fouet les conséquences de la sécheresse, des inondations ou de l’érosion.

Mais une question reste en suspens, et elle est fondamentale : ces ressources amélioreront-elles réellement le quotidien des producteurs ruraux ?

L’histoire nous l’a assez montré : les financements ne suffisent pas. Ils ne changent la vie des communautés rurales que s’ils sont bien gérés, transparents, inclusifs. Trop souvent, les projets se décident sans les paysans. Ils en entendent parler à la radio, voient des banderoles passer, mais n’en perçoivent ni les outils, ni les résultats.

Lire aussi : Nourrir la plante ou sauver la terre ?

On leur parle de résilience climatique, d’adaptation, mais quels sont les mécanismes concrets mis à leur disposition ? Comment sont-ils accompagnés, formés, outillés ? Malheureusement, les réponses tardent, pendant que le climat, lui, ne ralentit pas.

Ce nouveau financement représente une opportunité à ne pas gaspiller. Il pourrait permettre d’introduire des techniques agroécologiques, de renforcer les capacités locales, de diversifier les cultures, de mieux organiser la prévention des risques. Mais cela exige trois choses :

  • Transparence dans l’utilisation des fonds ;
  • Participation active des producteurs dès la conception des projets ;
  • Redevabilité vis-à-vis des bénéficiaires et du grand public.

Car le changement climatique n’attend pas. Et la réponse ne peut se résumer à des annonces financières. Elle doit venir du terrain, des producteurs, de leurs réalités et de leurs solutions. Les millions sont là. Mais pour qu’ils aient du sens, il faut enfin que les voix rurales soient entendues. Et surtout, respectées.

Jean-Baptiste HONTONNOU

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