Le Bénin accueille un colloque international sur la mise à échelle des bio fertilisants
Du 3 au 5 décembre 2025, la ville de Lokossa a été le point de convergence de chercheurs, collectivités territoriales, institutions publiques, partenaires techniques et financiers ainsi que fabricants de biofertilisants. Réunis à Link Hôtel, ils ont pris part au colloque international consacré aux fertilisants organiques et aux solutions agroécologiques, un rendez-vous majeur visant à « changer d’échelle pour une agriculture performante ».
Dans un contexte de changement climatique croissant, les acteurs du secteur agricole s’accordent sur la nécessité de transformer les modes de production. Le colloque, organisé par le Réseau International Agroécologie et Alimentation (RIAA) en partenariat avec RENABIO Bénin, a précisément pour but de positionner les intrants organiques au cœur de la souveraineté agricole et environnementale.
Les interventions de diverses personnalités
En effet, le Président de RENABIO PEB Bénin, Edgar Deguenon, a d’ailleurs rappelé l’urgence de valoriser les innovations issues de la recherche et de l’expérience de terrain. « Nous disposons de solutions prometteuses qui émergent de la recherche et de l’innovation. Les fertilisants organiques, les biopesticides et d’autres techniques agroécologiques sont des leviers stratégiques pour enrichir le sol, préserver son intégrité et garantir des récoltes durables », a-t-il soutenu, soulignant l’importance d’un cadre d’échange structuré.
Même son de cloche du côté du ministère de l’Agriculture, représenté par le Dr Anselme Tchetangni, qui voit en cette rencontre une véritable plateforme de partage. Pour lui, Renabio-Bénin joue un rôle clé dans la diffusion des résultats scientifiques et des innovations en fertilisation organique. L’INRAB, par la voix d’Ibrahima Kombienou, estime pour sa part que ce colloque vient renforcer la Stratégie nationale de production biologique et agroécologique adoptée en 2022.
L’une des richesses de cette rencontre réside dans la diversité des expériences partagées. Le Burkina Faso, représenté par Souleymane Yougbaré du CNABIO, a insisté sur les défis propres aux pays sahéliens confrontés à une forte dégradation des sols. « La question du biofertilisant devient un enjeu majeur qu’il faut renforcer avec de la matière organique de qualité », a-t-il expliqué. Du côté de la Bretagne (France), Maxime Picard. Représentant du Maire de Questembert, a pour sa part exposé le défi d’un territoire déjà très productif, où la priorité est désormais de faire monter l’agroécologie à l’échelle afin d’asseoir un modèle plus résilient et durable.
Des échanges satisfaisants et prometteurs
Après trois jours d’échanges, les organisateurs se disent satisfaits. « Les échanges ont été très fructueux et augurent de belles perspectives pour la feuille de route », a confié Edgar Deguenon. En effet, ce colloque s’est soldé par l’élaboration des projets communs en vue d’un changement d’échelle de la production d’intrants organiques pour une agriculture performante et nourricière.
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Enfin, parmi les moments marquants, les participants ont particulièrement salué le “buffet des terroirs”, vitrine des richesses agricoles des pays représentés. Il faut souligner que l’événement a bénéficié du soutien de plusieurs partenaires, dont La Région de Bretagne, le Réseau Bretagne Solidaire, le PADMAR, le Conseil National pour l’agriculture Biologique du Burkina, le FIDA au Burkina Faso, l’Association AMAPAD du Faso, le Projet Delta Mono de Enabel, Vétérinaires Sans Frontière (VSF), l’ONG Iles de Paix au Bénin, l’ONG BRUCKE Le PONT et l’ONG Soleil du Bénin.
Jean-Baptiste HONTONNOU


