Les communes, piliers discrets de la réussite des campagnes agricoles
Pour la réussite des campagnes agricoles, les communes jouent un rôle bien plus stratégique que celui de simples gestionnaires administratifs. Entre appuis techniques, organisation des espaces ruraux et soutien aux producteurs, elles constituent de véritables moteurs du développement local, malgré des défis persistants qui freinent parfois leur action.
Derrière chaque campagne agricole réussie se trouve souvent une commune proactive. Ainsi, les mairies ne se limitent pas seulement à l’application de politiques agricoles ni à la simple gestion administrative de la commune.
Elles constituent de véritables piliers du développement local. La réussite des campagnes agricoles relève pleinement de leur champ d’action, car l’agriculture demeure le socle économique de nombreuses collectivités.
En amont comme en aval, les autorités communales apportent un appui concret et structurant aux producteurs. Au-delà de ce soutien, les communes jouent un rôle déterminant dans l’accompagnement des organisations de producteurs et la promotion de pratiques durables.
Appuis de grande taille !
L’appui à la réussite à la campagne agricole des communes se fait sur plusieurs domaines tant sur les emplacements, les espaces et bien plus. «Nous intervenons sur les emplacements, les espaces, les barrages, et on accompagne aussi certains éleveurs», a confié le maire de la commune de Nikki Roland Gounou Lafia Joseph tout en précisant qu’il n’y a pas d’appui direct vers les initiatives privées. Il a ajouté que des projets comme le Padiaf et d’autres projets structurants qui viennent apporter des appuis aux producteurs.
Bembéréké, l’engagement de la mairie dépasse largement le cadre des formalités administratives pour s’inscrire résolument dans la réussite de la campagne agricole. Elle se positionne comme un acteur incontournable du développement pastoral et de la cohabitation harmonieuse entre éleveurs et agriculteurs.
Par la délimitation et le balisage des couloirs de passage du bétail, l’aménagement des aires de pâturage et l’organisation rationnelle de l’espace rural, la commune œuvre à la prévention des conflits et à la sécurisation des activités agricoles.
Elle met également l’accent sur la création de banques fourragères pour anticiper les périodes de soudure, la multiplication des points d’eau pour assurer l’abreuvement du cheptel, ainsi que la construction et la réhabilitation de barrages stratégiques. «L’agriculture, ce n’est pas seulement des cultures et plantations. C’est aussi l’élevage», a confié Nasser LAFIA, point focal agriculture.
Toujours à Bembéréké, l’action communale s’illustre également par des initiatives structurantes au profit des producteurs. La construction de magasins de stockage vient renforcer la capacité de conservation des récoltes et limiter les pertes post-récolte.
Parallèlement, la commune soutient activement le développement de techniques de production durable, notamment à travers les mesures de Gestion Durable des Terres. Autant d’actions qui traduisent une volonté claire de consolider les bases d’une agriculture sécurisée, résiliente et durable.
Obstacles à une campagne mieux réussie
Réussir une campagne agricole ne se résume pas à la volonté d’agir. Encore faut-il pouvoir surmonter des défis persistants qui freinent l’élan des communes. En effet, dans cette dynamique, les mairies sont confrontées à plusieurs contraintes majeures.
Il s’agit notamment de la mobilisation de ressources financières suffisantes pour exécuter l’ensemble des actions inscrites dans les documents de planification, mais aussi de la difficulté à capter et fidéliser des partenaires techniques et financiers, surtout après l’achèvement de certains projets structurants.
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Les communes doivent également composer avec un déficit de prise de conscience collective en matière de protection et de réhabilitation des sols, un enjeu pourtant crucial pour la durabilité des productions. À cela s’ajoutent la gestion parfois délicate des conflits entre agriculteurs et éleveurs, ainsi que les difficultés liées à la sécurisation collective des terres agricoles, notamment à travers la mise en œuvre effective du cadastre.
Par ailleurs, un renforcement des moyens d’action pourrait considérablement accroître leur efficacité. L’augmentation des dotations du FADEC agriculture, la subvention des matériels et des intrants agricoles, ainsi que l’accélération des mesures de déploiement du cadastre national pour sécuriser les terres agricoles constitueraient des leviers déterminants pour assurer le succès des campagnes agricoles.
Aboubakar FAÏSSAL


