Une plante aux multiples avantages pour le sol et les cultures
La majorité des sols de nos jours s’appauvrit et les rendements agricoles finissent par diminuer. Face à cette réalité, des alternatives naturelles émergent, dont l’utilisation du crotalaire ou Crotalariajuncea.
Plante herbacée annuelle, érigée, pouvant atteindre jusqu’à 3 mètres de hauteur, le Crotalariajuncea présente une tige droite et ramifiée. Ses feuilles, disposées de manière dense, sont simples, alternes et de couleur vert vif. Le crotalaire est une légumineuse tropicale encore peu connue du grand public, mais dont les vertus sont immenses pour les agriculteurs. Il s’impose aujourd’hui comme un allié incontournable dans la rotation et l’association des cultures. Derrière ses fleurs jaunes lumineuses se cache une plante capable d’offrir de multiples services au sol et aux cultures.
Les avantages du crotalaire pour le sol
Pour Antoine de Troij, le crotalaire, au-delà d’être une légumineuse, est une plante assainissante. « Le crotalaire aide à contrôler les nématodes à galles et limite les symptômes du flétrissement bactérien, deux problèmes majeurs pour la tomate, le piment et l’aubergine, mais aussi pour d’autres cultures », a-t-il affirmé.
Il constitue également un engrais vert naturel. « Grâce à sa capacité à fixer l’azote de l’air, il enrichit le sol jusqu’à 50 à 150 kg d’azote par hectare, réduisant ainsi la dépendance aux engrais chimiques. En se décomposant, il apporte aussi de la matière organique et stimule la vie microbienne, favorisant des sols fertiles et équilibrés », a-t-il ajouté.
Mais le crotalaire est aussi un protecteur du sol et des plantes. Ses racines profondes améliorent l’aération et le drainage, restructurant ainsi les sols compacts ou argileux. Densément semé, il couvre rapidement le sol et limite la prolifération des mauvaises herbes. Plus encore, il agit comme une plante assainissante : il aide à contrôler les nématodes à galles et limite les effets du flétrissement bactérien (Ralstonia), deux ennemis redoutés des maraîchers qui cultivent tomates, piments, aubergines ou encore carottes.
En parallèle, le crotalaire soutient la biodiversité. Ses fleurs riches en nectar attirent une multitude de pollinisateurs, essentiels à la fécondation des cultures maraîchères. C’est une véritable oasis pour les abeilles et autres insectes utiles, dont l’activité contribue à renforcer la production agricole.
La culture du crolataire
Selon Antoine de Troij, le crotalaire est une plante facile à cultiver, avec plusieurs techniques de semis : à la volée, en poquet ou à l’aide d’un semoir manuel.
En semis à la volée, on épand 200 à 300 grammes de graines sur 20 m², avant de ratisser légèrement et d’arroser. En semis en poquet, après une pré-germination, on dépose deux à trois graines dans chaque trou, espacées de 20 cm entre les lignes et de 5 cm sur la ligne. Cette méthode est efficace, mais plus chronophage. Le semoir manuel, quant à lui, permet un semis rapide, régulier et bien enfoui.
Le crotalaire peut également être cultivé en association avec des cultures maraîchères sensibles aux maladies. Il joue alors un double rôle : protecteur des plantes et fournisseur d’azote. Son couvert végétal apporte de l’ombrage, réduit l’évaporation de l’eau et limite la concurrence des adventices.
Par ailleurs, il est recommandé d’arroser régulièrement durant les quinze premiers jours après le semis. Ensuite, la plante se contente de la pluie et résiste bien à la sécheresse. Aucun apport d’engrais supplémentaire n’est nécessaire. La floraison apparaît entre 60 et 90 jours.
Des conseils d’usage de la plante
Pour bénéficier de ses effets assainissants, il est conseillé de faucher la plante à 50 % de floraison, avant la formation des gousses. Les tiges et racines laissées au sol se dégradent naturellement, libérant des composés qui améliorent la santé du sol.
À maturité, les gousses s’ouvrent le long de leurs sutures, libérant de petites graines brunes ou noirâtres. Ainsi, les producteurs peuvent également multiplier leurs propres semences. Antoine de Troij souligne que, pour produire des graines, il est recommandé d’espacer les poquets de 40 cm sur 40 cm. La récolte intervient lorsque les gousses brunissent, entre 90 et 120 jours après le semis. Une fois récoltées, les graines doivent être bien séchées et stockées dans de bonnes conditions pour assurer leur conservation.
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Les bénéfices du crotalaire ne sont pas seulement théoriques. Plusieurs producteurs ayant reçu l’appui technique du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) confirment son efficacité sur le terrain.
Le crotalaire est bien plus qu’une simple légumineuse. C’est une plante multifonctionnelle : fertilisante, protectrice, restructurante et amie des pollinisateurs. Une ressource précieuse pour tout producteur qui souhaite améliorer durablement la fertilité de ses sols et renforcer la résilience de ses cultures.
Vignon Justin ADANDE


