La CNA-Bénin met le cap sur une agriculture plus performante et durable
Sous le parrainage du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, la Chambre nationale d’agriculture du Bénin (CNA-Bénin) lance sa stratégie 2026-2030 à travers une table ronde à l’hôtel Golden Tulip. Organisée le 13 mars 2026, elle a réuni acteurs institutionnels et partenaires du secteur agricole pour débattre des grandes orientations à venir.
Au Bénin, l’agriculture n’est pas prise à la légère. Elle est abordée avec tout le sérieux nécessaire pour contribuer efficacement à la sécurité alimentaire et au développement de l’économie nationale. La table ronde organisée par la CNA-Bénin en est une illustration.
Cette rencontre met en lumière une stratégie portée par des initiatives ambitieuses, susceptibles de favoriser une transformation systématique du secteur agricole béninois.
Cette table ronde ne s’est pas limitée à de simples discussions. Elle a permis aux participants de prendre connaissance des projets inscrits dans cette stratégie qui va contribuer, sans l’ombre d’un doute, à construire l’agriculture de demain.
Lire aussi : CAMPAGNE AGRICOLE 2026 : Le gouvernement Talon vise une saison réussie
Trois initiatives pour une agriculture performante
Au cœur de la stratégie de la CNA-Bénin, trois initiatives phares retiennent particulièrement l’attention. La première est la Carte Professionnelle Agricole (CPA), conçue pour reconnaître et identifier les acteurs du monde agricole.
Véritable socle de la stratégie, elle vise à doter chaque acteur du secteur d’une identité professionnelle officielle, à la fois numérique et physique. L’initiative prévoit la délivrance de 500 000 cartes en trois ans et l’identification de 1,5 million d’acteurs agricoles d’ici cinq ans.
La Coop-FA, deuxième initiative de la stratégie, vise à faciliter l’accès des producteurs aux financements à travers la création d’une Coopérative de Financement Agricole.
Ce mécanisme propose des services financiers adaptés aux cycles agricoles, avec un dispositif de garantie renforcé et un appui particulier aux femmes et aux jeunes entrepreneurs.
Des guichets pilotes seront installés dans les Pôles de Développement Agricole (PDA) afin de mobiliser davantage d’investissements au profit des filières
La troisième initiative se distingue des deux premières, mais reste dans la même dynamique. ÉCOLAB-Bénin, puisqu’il en est question, vise à accélérer la transition vers une agriculture durable, en soutenant un modèle à la fois résilient et respectueux des ressources naturelles.
Le projet cible 50 000 exploitants dans les 12 départements et prévoit 120 fermes-écoles agroécologiques, la formation de 500 agri-formateurs, la certification professionnelle des exploitants, le développement d’un label agroécologique national et la création d’un call center agricole pour accompagner les producteurs.
Des allocutions qui plantent les graines d’une agriculture durable
L’événement a été marqué par des allocutions importantes rappelant que la stratégie vise à identifier les opportunités de financement et de collaboration pour renforcer une agriculture béninoise plus forte, inclusive et durable.
En premier, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Gaston DOSSOUHOUI, a souligné que depuis 2016, l’agriculture béninoise connaît un tournant décisif, porteur d’espoirs en matière de sécurité alimentaire, d’emplois, de résilience climatique et de transformation économique.
Il a insisté sur la nécessité d’une vision claire et partagée pour concrétiser ces espoirs et a présenté la stratégie 2026-2030 comme une « boussole collective » mobilisant producteurs, institutions, partenaires et citoyens autour de quatre piliers structurant le plan.
Ensuite, à son tour, le président du CNA-BÉNIN, Djoiri Imali Hermann DJETTA a justifié cette stratégie en évoquant les défis majeurs de l’agriculture béninoise, entre faible productivité, vulnérabilité face aux changements climatiques et autres obstacles. Il a insisté sur le fait que ce plan repose sur quatre grandes orientations audacieuses capables de transformer le secteur et d’ouvrir un nouvel horizon pour l’agriculture béninoise.
Selon lui, il s’agit de renforcer les capacités des acteurs, de moderniser durablement les filières agricoles, de favoriser une gouvernance participative et inclusive, et de placer l’agroécologie au cœur d’une agriculture responsable.
Un appel à une synergie pour l’agriculture
Endin, Catherine PETERS, représentante du Directeur pays d’Enabel et chef de file des PTF, a souligné que le potentiel agricole du Bénin ne se concrétisera pleinement qu’avec une synergie réelle entre tous les acteurs. Elle a rappelé que les chaînes de valeur évoluent rapidement et que les financements publics, aussi importants soient-ils, ne suffisent pas.
Elle a donc encouragé la CNA-Bénin à intégrer dans sa feuille de route, une réflexion ambitieuse sur son modèle économique. «L’agriculture béninoise a besoin d’une CNA forte, ancrée dans son époque et tournée vers l’avenir », a-t-elle lancé avant de reconnaître que la stratégie 2026-2030 est la preuve que cette transformation est engagée.
Ainsi, cette table ronde a offert aux participants une véritable tribune pour partager leurs projets et exprimer leur désir de collaboration avec la Chambre. Beaucoup ont été séduits par l’opportunité d’intervenir dans ces initiatives, convaincus qu’elles portent en elles une transformation profonde, ambitieuse et durable du paysage agricole.
Par ailleurs, la rencontre a aussi révélé une alliance inattendue, celle de l’art et de l’agriculture. La voix envoûtante, presque paradisiaque, de l’artiste Sergent Markus a transporté l’auditoire, rappelant que l’art peut se mettre au service de la terre. Pour lui, il faut investir dans l’agriculture pour éloigner les guerres.
Aboubakar FAÏSSAL



