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1er groupe de presse agricole en Afrique de l’Ouest

Distribution du Poisson d’élevage au Bénin : Un secteur d’activité fortement menacé par les importations de produits congelés

 Distribution du Poisson d’élevage au Bénin : Un secteur d’activité fortement menacé par les importations de produits congelés

L’élevage de poissons est devenu un moyen de subsistance pour de nombreuses communautés. Il offre une véritable source de revenus, d’aliments nutritifs et de protéines animales pour une grande majorité de la population béninoise. Sa production est devenue une activité rentable pour de nombreux acteurs. Dans cette chaîne, les distributeurs se chargent de rapprocher le produit des consommateurs. Cependant, ce maillon est sujet à de nombreux défis liés à la logistique, à la qualité, et à l’éducation des consommateurs. La demande intérieure n’est pas encore conséquente en raison de la dépendance de la population aux poissons congelés, ce qui constitue un manque à gagner pour les acteurs de la chaîne de distribution.

Cédric Joawo BAKPE

La production halieutique du Bénin était essentiellement axée sur la pêche dans les cours d’eau et les plans d’eau. Cependant, avec la poussée démographique et les techniques de pêche rétrogrades, la pêche sur les différents plans d’eau n’arrive plus à satisfaire la demande. Face à ces contraintes, le pays s’est tourné vers l’importation de poisson congelé. Ceci a atteint 105 816,7 tonnes en 2021 selon la Direction de la statistique agricole du MAEP. Cette dépendance vis-à-vis des importations en poissons congelés constitue une grande menace pour la sécurité alimentaire et une perte de devises que l’État pourrait éviter grâce au développement de l’aquaculture. Ainsi, grâce aux actions du Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, notamment de certains projets tels que le projet de vulgarisation de l’aquaculture continentale (ProVAC), l’activité aquacole s’est développée dans le pays. La production moyenne de poissons d’élevage sur les cinq dernières années est de 71 313 tonnes, selon les chiffres de la campagne agricole 2021-2022 et les prévisions de la campagne agricole 2022-2023. L’aquaculture continentale à elle seule a généré 4 440 tonnes au cours de ces cinq dernières années, bien qu’il soit estimé que la production aquacole de façon générale a connu une baisse due à de nombreux facteurs.

Les poissons d’élevage couramment produits au Bénin comprennent le tilapia, le poisson-chat…, avec une prédominance du tilapia en raison de sa popularité et de son adaptation aux conditions locales. Cependant, après la production, il est essentiel de bien pouvoir écouler les produits sur le marché. Celui-ci ne semble pas encore totalement prêt à consommer les poissons d’élevage en raison de la forte dépendance aux poissons congelés. En effet, seuls quelques ménages et restaurants s’approvisionnent en poissons d’élevage, d’après William WINSOU, président de l’association nationale des distributeurs de poissons d’élevage du Bénin (ANaDiPE). Selon lui, « Aujourd’hui, le poisson d’élevage n’est pas encore très bien connu », ce qui atteste des énormes défis auxquels font face les acteurs de la chaîne de distribution.

Bien que des efforts soient consentis en ce qui concerne la production halieutique, notamment la production d’alevins de qualité, la disponibilité d’aliments pour poissons à des coûts plus ou moins accessibles, le renforcement des capacités des acteurs, et d’autres mesures, il reste encore beaucoup d’efforts à mener pour informer les consommateurs sur les avantages du poisson d’élevage, afin de stimuler la demande intérieure. De plus, des défis logistiques subsistent, à en croire le président de l’ANaDiPE :

« Il faut remarquer que le moyen de transport qu’est le tricycle n’est pas totalement adéquat. Il est seulement approprié pour des distances réduites. Actuellement, lorsque nous nous déplaçons dans des zones éloignées, nous sommes obligés de mettre les poissons sous glace pour conserver leur fraîcheur. »

Cette opération peut s’avérer coûteux pour les distributeurs qui sont censés transporter les poissons d’élevage depuis les fermes, en particulier dans les zones rurales vers les marchés. Cela pourrait expliquer la cherté du poisson d’élevage, selon certains acteurs.

En l’état actuel des choses, il est difficile d’envisager des opportunités d’exportation pour renforcer l’économie du pays. William WINSOU explique qu’il faudrait « satisfaire la consommation intérieure avant de penser à l’exportation ». Pour lui,

« l’importation de poisson congelé est toujours un goulot d’étranglement pour l’épanouissement de ce secteur ».

En effet, cela ne permet pas de connaître réellement les besoins de la population et de pouvoir les satisfaire, afin que tout surplus puisse être exporté.

Il convient de retenir que la distribution du poisson d’élevage au Bénin a un immense potentiel. Cependant, des efforts continus sont nécessaires pour augmenter la demande locale et soutenir les acteurs dans la production de qualité, respectueuse de l’environnement. Il est donc judicieux que les travaux de renforcement des capacités des acteurs se poursuivent, que l’appui en équipements et en intrants de qualité soit maintenu, et que le suivi de l’hygiène de production se perpétue afin de rassurer le consommateur final.

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