Le cacao trébuche, la noix de cajou s’envole
Au premier semestre 2025, les exportations agricoles de la Côte d’Ivoire montrent des tendances divergentes. Les filières classiques, telles que le cacao et le café, connaissent un recul, tandis que certaines cultures, notamment la noix de cajou, enregistrent une croissance notable. Le Rapport économique et financier annexé au projet de loi de finances 2026 souligne que le secteur primaire demeure un pilier central de la stratégie économique nationale.
L’agriculture occupe une place centrale dans l’économie, particulièrement dans les zones rurales où elle constitue une source majeure de revenus. Selon le Rapport économique et financier annexé au projet de loi de finances 2026 (page 38), « au premier semestre 2025, le secteur primaire est marqué par une évolution mitigée de l’agriculture d’exportation et industrielle ». Cette formulation traduit des résultats inégaux selon les principales filières tournées vers le marché international.
Recul marqué du cacao et du café
Les cultures historiquement destinées à l’exportation enregistrent un net recul. Selon le rapport, « l’agriculture industrielle et d’exportation se caractérise par la baisse des productions de cacao en fèves et de café ».
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La production de cacao est ainsi passée de 721 893 tonnes au premier semestre 2024 à 554 897 tonnes en 2025, soit une diminution de 23,1 %. Le café, lui, accuse une chute encore plus importante, passant de 70 782 tonnes à 24 548 tonnes, soit un repli de 65,3 %. Ces contre-performances soulignent la fragilité des filières traditionnelles face aux aléas climatiques et aux fluctuations des prix mondiaux.
La noix de cajou en pleine progression
À l’inverse, certaines spéculations connaissent une dynamique positive. Le rapport précise que « la production de la banane dessert, de noix de cajou et de caoutchouc augmente ». La noix de cajou se distingue particulièrement avec une hausse spectaculaire. Sa production a bondi de 867 528 tonnes en 2024 à 1 364 742 tonnes en 2025, affichant une progression de 57,3 %. Cette évolution positionne la cajou comme l’un des moteurs les plus prometteurs de l’agriculture d’exportation ivoirienne.
La diversification agricole se traduit également par la progression d’autres cultures de rente. La banane dessert augmente légèrement, passant de 204 357 tonnes à 213 133 tonnes, soit une hausse de 4,3 %. Le caoutchouc naturel progresse de 735 881 tonnes à 848 487 tonnes, représentant une augmentation de 15,3 %. Ces filières renforcent progressivement la compétitivité agricole de la Côte d’Ivoire sur les marchés internationaux.
Si certains produits ont connu une progression, d’autres, pourtant stratégiques, enregistrent un recul. Le coton graine diminue de 254 083 tonnes à 236 142 tonnes, soit une baisse de 7,1 %. Le sucre passe de 128 446 tonnes à 105 175 tonnes, représentant un recul de 18,1 %. Ces baisses montrent que le secteur agricole reste exposé à des défis structurels importants.
Cap stratégique fixé à l’horizon 2026
Malgré ces fluctuations, les autorités entendent renforcer le rôle du secteur primaire comme moteur de croissance. Les filières porteuses, notamment le cajou, la banane dessert et le caoutchouc, sont appelées à soutenir les recettes nationales, stimuler l’emploi rural et accompagner la transformation économique du pays. Le rapport souligne ainsi la nécessité de moderniser l’environnement productif et de poursuivre les réformes institutionnelles afin de consolider durablement les performances agricoles.
Entre le recul des cultures traditionnelles comme le cacao et l’essor de filières émergentes comme la noix de cajou, l’agriculture ivoirienne apparaît plus que jamais comme un pilier stratégique des ambitions économiques de la Côte d’Ivoire à l’horizon 2026.
Mystéria ALLAHIZI


