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Entretien

FILIERE SOJA AU BENIN: « Nous sommes prêts à continuer la lutte pour faire de cette filière une filière contributrice de façon significative au PIB du Benin… » Fortuné AMONSOU BIAOU 

Le Soja fait désormais partie du quotidien des béninois et béninoises de par les divers usages qu’ils en font.  Derrière, plusieurs acteurs travaillent pour sa disponibilité en quantité mais surtout en qualité. Fortuné AMONSOU BIAOU, Directeur Exécutif de l’Union Nationale des Producteurs de Soja de Bénin évoque dans cet entretien les nouvelles avancées qu’a connu la filière.  

Fortuné AMONSOU BIAOU bonjour. Vous êtes ingénieur agronome de formation et aujourd’hui vous êtes le Directeur Exécutif de l’Union Nationale des Producteurs de Soja du Benin. Alors dites-nous comment se porte la filière soja aujourd’hui ? 

Merci madame. Aujourd’hui quand on parle de la filière soja, et qu’on va 10 années en arrière, vous pouvez constater que dans les documents stratégiques, la filière soja ne faisait pas partie des filières prioritaires. Nous étions partis d’une filière émergente parce qu’à un moment donné on a vu que les activités étaient attractives.  Deux années plus tard, la filière est devenue une filière locomotive, portée par le pôle de développement agricole 4. Quand vous prenez l’élan en termes de production depuis les 5 dernières années, nous avons connu un accroissement. Pendant la campagne 2016-2017, nous sommes passés d’environ 156 mille tonnes à 300 mille tonnes aujourd’hui. Quand on se réfère  à ces éléments, on peut comprendre que malgré les difficultés, la filière fait son chemin avec beaucoup de défis à relever. 

  Plusieurs réformes ont été entreprises dans le secteur agricole. En ce qui concerne la filière soja, lesquelles de ces réformes paraissent salutaires à vos yeux ?

Parmi les réformes qui ont été entreprises par le gouvernement, je peux déjà citer la réforme liée à la territorialisation de l’agriculture à travers désormais les pôles de développement agricoles où le gouvernement à tenir compte des zones agro écologiques favorable à chaque type de spéculation, responsabiliser les agences pour le développement de ces spéculations en mettant à côté les filières de diversification. Pour promouvoir les filières locomotives, l’Etat a doté les acteurs du Programme de développement de la filière. S’agissant du soja, on parlera du programme de développement de la filière soja. Ce programme est actuellement en cours d’évaluation pour générer la deuxième génération. Il y a des réformes qui ont touché le volet gouvernance suite à un certain nombre d’observations de difficultés, de contraintes, de fonctionnalités, de leadership. Le gouvernement a mis en place des conditions qui vont permettre de suivre l’évolution de la filière. Une des contraintes que je peux citer est le problème des statistiques. On ne peut pas développer une filière sans connaitre les statistiques réelles sur ceux qui travaillent au développement de cette filière. Les évaluations de performance de ces filières se font par un comité qui est composé de la représentation des différents acteurs tels que : la Chambre Nationale d’Agriculture (CNA), la PNOPA, la DLOPEA, la PASIB et la CCIB.  Avec ces réformes, nous qui sommes acteurs sommes obligés de nous mettre au pas.  

Aujourd’hui dites-nous comment sont organisés les acteurs de la filière Soja partant d’abord de l’UNPS jusqu’aux producteurs à la base?  

Le schéma actuel d’organisation des acteurs de la filière soja suit le découpage territorial. Au début, l’UNPS était constitué des unions de coopératives villageoises de producteur de soja qui met ensemble les producteurs individuel et ces producteurs en fonction de leur territoire s’organise en union communale de producteurs de soja.  A leur tour, ils se sont organisés au niveau national pour les questions de plaidoyer et constitue l’Union Nationale des Producteurs de Soja (UNPS). C’est une structuration de type pyramidal. La faîtière nationale n’est qu’une instance pour porter certaines préoccupations des acteurs vers le pouvoir public et se positionne comme une organisation de défense d’intérêt de facilitation a un certain nombre de services. Elle est gérée par des organes dont l’organe suprême où vous avez l’assemblé générale, le conseil d’administration, le conseil de surveillance qui sont des organes politiques. Pour la mise en œuvre politique de ces unions, nous avons un organe technique, la direction exécutive que j’ai le privilège et la lourde responsabilité de coordonner. Cet organe s’appuie sur des techniciens pour aider le conseil d’administration.

 En 2016, de six unions régionales, nous sommes passés à 12 départements. Les acteurs ont voulu se conformer pour avoir des répondants directs au niveau de ces départements. Nous avons eu le temps de mettre ce modèle en œuvre, d’apprendre et de tirer des leçons aussi bien des facteurs de réussite et d’échec. C’est ce qui justifie la dynamique actuelle en matière de structuration.

 Quelles sont les insuffisances relevées au modèle de structuration existant ? 

Parmi les réformes, les organisations qui interviennent dans le secteur agricole doivent s’enregistrer dans un registre digitalisé que le gouvernement a mis en place. S’enregistrer dans ces registres fait appel à un certain nombre de prédispositions que ces acteurs doivent avoir. Quand on se réfère toujours à l’ancien modèle, les coopératives sont des entités économiques. On ne crée pas une coopérative parce qu’on a envie de créer, plutôt parce qu’on a identifié une contrainte économique et même sociale  auxquels on se met ensemble avec les acteurs pour définir un moyen qui leur permettent de répondre à ces besoins. Malheureusement, je n’en suis pas le premier à le dire mais nous savons que ces coopératives ont des problèmes de fonctionnalités et quand vous prenez le niveau village et que vous voulez répondre à des besoins de service social, économique, structurel aux acteurs, il faut disposer d’un potentiel économique qui vous permettent de lever beaucoup de contrainte. Aujourd’hui on note aussi la difficulté au niveau des acteurs de participer à la vie de l’organisation ce que nous appelons le sentiment d’appartenance en respectant vos devoirs et en espérant vos droits. Après analyse du modèle de structuration, on voit qu’il y a des niveaux qui ne sont pas pertinents parce que ça crée un morcellement de service, de structure et au final, le producteur dans son village individuel qui devrait être impacter de par les actions de son organisation ne l’est pas réellement. Il y a aussi cette faiblesse de mobilisation de ressources économiques. La faible capacité de respect des exigences législatives et tout ce qui est liées aux principes coopératives que ces organisations n’ont pas la force de respecter. Un autre élément que je voudrais apprécier avec vous c’est tout ce qui est lié à la difficulté de formalisation de ces entités économiques. La CA a tellement d’exigences de papier qu’il leur faut. Nous à l’UNPS quand on a commencé pas faire ces analyses, en analysant ce que le gouvernement veut des organisations des acteurs, nous avons fait des visites d’échanges dans quelques pays de la sous-région avec le soutien du Projet du centre d’innovations vertes pour le secteur agroalimentaire. Le dernier voyage que nous avions effectué c’était en inde ou nous avons regardé comment les organisations fonctionnent et on s’est rendu compte qu’il y a des choses qu’il faille corriger à notre niveau. Cette visite a été réalisée avec la représentation de la direction législative qui s’occupe de tout ce qui est organisation de producteur et entreprise agricole (DLOPEA). A notre retour, nous avons analysé nos entités. C’est de là qu’est partie aujourd’hui cette restructuration qui est constatée sur toute l’étendue du territoire pour les acteurs de la filière Soja.

Quel serait votre appel a lancé aux différents acteurs de la filière soja, à tous les consommateurs

Je vous remercie. Je remercie le gouvernement son excellence le président Patrice TALON. Je remercie le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche aussi le ministre de l’industrie et du commerce qui ont beaucoup travaillé avec les acteurs de la filière à relever un certain nombre de défis. Je remercie tous les partenaires que j’ai cités au cours de cet entretien aussi bien que ceux qui s’intéresse désormais à la filière. Je remercie les structures qui ont cru il y a de cela quelque années à la filière. Je voudrais dire que la filière a de l’avenir et les acteurs croient en la chose, il y a la motivation. Nous devons juste créer le déclic pour réglé un certain nombre de chose lié à l’individu, aux producteurs mais aussi aux organisations auxquels ils appartiennent. Nous sommes prêts à continuer la lutte pour faire de cette filière une filière contributrice de façon significative au PIB du Benin donc à l’économie nationale.

Propos recueillis et transcris par Ruth EDOH

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