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Agriculture

FILIÈRE TOMATE AU BÉNIN: Une culture séculaire et d’intérêt nutritionnel

Au Bénin, la tomate fait partie des denrées alimentaires les plus consommées. Elle est un produit maraîcher toujours présent sur les marchés du pays et dans le panier de la ménagère. La production et la commercialisation de la tomate se font dans presque toutes les régions du pays.

Par Hermione ADJANOHOUN

La tomate l’une des plus importantes cultures maraîchères, est fortement cultivée au Bénin. Selon la FAO, en 2017, la production de la tomate a été de 321.644 tonnes pour une superficie estimée à 40.430 hectares Pour Kodjo Zohoungbogbo producteur de tomate dans la commune de Grand-Popo cette réussite est tributaire à plusieurs facteurs dont notamment la période de production, la maîtrise de l’eau, le type de variété produit, la qualité de la semence et le respect de l’itinéraire technique. Il y a des années en arrière la tomate se cultivait en toute saison au Bénin. Pendant la grande saison pluvieuse (juin à octobre) au Nord et d’avril à juillet au sud du Bénin. Elle se produit également en petite saison pluvieuse (septembre à novembre). La période dite de contre saison débute d’octobre à janvier au Nord et de novembre à février au Sud. Mais compte tenu des aléas climatiques enregistrés depuis quelques années, les producteurs n’arrivent plus à cultiver la tomate pendant certaines périodes de l’année. Les variétés locales et améliorées sont les deux catégories de tomate produite au Bénin. Parmi les variétés locales on peut citer ‘’Touvi’’, ‘’Ahoungbo’’, ‘’Akikon’’, etc… Et pour ce qui est des variétés améliorées, nous avons Cobra, Padma, Roma, Platinum, Tropimech Petomeche, etc.

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Le respect des itinéraires gage d’un bon rendement…

Pour obtenir un bon rendement, la production de la tomate requiert des techniques et méthodes adéquats. Adolphe Djondo, producteur de tomate à Nicoué Condji, dans l’arrondissement d’Agoué depuis 8 ans sur une superficie de 0,5 hectare, cultive la variété améliorée (Cobra 26f1). Selon lui, pour produire de la tomate, il faut d’abord choisir la bonne semence, nettoyer la terre, labourer et bien la travailler, installer la pépinière (qui dure entre 21 et 28 jours), faire la transplantation sur les parcelles ; deux semaines après, faire un premier apport de fumure minérale et/ou organique (NPK, fiente de volaille, etc.) et après une durée de quatre semaines, faire un traitement phytosanitaire et le sarclage puis passer après à la récolte. Selon les explications de Adolphe Djondo, aucun producteur de sa région n’a encore démarré la production de la tomate, vu que la période n’est pas encore favorable. Et pour cause, la forte chaleur qui sévit dans la région ces temps-ci. « Je vais démarrer ma production en début du mois de mai. De mai à juillet, le temps sera favorable pour la production et déjà en août, la tomate peut être récoltée ». Rappelons que ce dernier, pratique l’agriculture biologique et conventionnelle.

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Difficultés liées à la production

L’accès (coût) aux semences de qualité constitue le véritable talon d’Achille pour les acteurs. Il est important d’avoir la bonne semence pour obtenir un meilleur rendement à expliquer Adolphe Djondo. Selon Kodjo Zohoungbogbo, le Cobra 26 f1 est à 26000 FCFA (50g), Nadira f1 25000Fcfa (50g), Panthère17f1 à 22000FCFA (50g), Leady nema à 23500FCFA (50g), Padma f1 6000Fcfa (10g), Petomeche à 7500FCFA (100g), Tropimech à 7500 (100g). La plupart des semences sont importés et l’achat se fait auprès de certaines structures installées à Cotonou, Grand-Popo, Côme et dans d’autres villes du pays.

Le changement climatique, les contraintes d’ordres financiers telles que l’installation des systèmes d’irrigation surtout pendant la saison sèche, des maladies de la tomate qui réduisent fortement le taux de rendement et conduisent à la destruction totale de la culture en cas d’attaque, la méconnaissance des pratiques appropriées et le non-respect des recommandations techniques par certains producteurs et la mévente surtout en période d’abondance de la tomate sont entre autres, les difficultés auxquelles sont exposées les producteurs a expliqué Kodjo Zohoungbogbo. Ulrich Akouété renchérit en évoquant les problèmes liés aux changements climatiques et le manque de moyens financiers. Mais néanmoins il estime que c’est une activité rentable si on n’y met de l’amour et de la volonté. « Si un jeune a un petit capital, il peut s’aventurer dans cette activité. Ce qui est le plus important c’est d’avoir un espace à cultiver et ne jamais abandonner. Le début de toute activité est difficile, mais avec un peu de persévérance ont fini par en tirer profit », a-t- notifié.

La tomate, une culture à fort potentiel malgré tout…

La durabilité de la filière tomate est déjà assurée, car c’est une culture séculaire qui a un intérêt nutritionnel avéré. Mais malgré les efforts des producteurs, son offre est limitée ce qui parfois amène les commerçants a importé les tomates du Burkina Faso ou du Nigéria en cas de pénurie au Bénin. Face à cette situation, les autorités gouvernementales doivent mettre en place des mesures pour subventionner les producteurs de tomate et mettre à disposition des semences de tomate qui peuvent résister au changement climatique.

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