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1er groupe de presse agricole en Afrique de l’Ouest

GESTION DES MALADIES ET RAVAGEURS DES PLANTES CULTIVEES : La recherche offre de nouvelles perspectives pour une meilleure productivité 

 GESTION DES MALADIES ET RAVAGEURS DES PLANTES CULTIVEES : La recherche offre de nouvelles perspectives pour une meilleure productivité 

La lutte contre les maladies et les ravageurs des cultures constitue un défi majeur pour les agriculteurs et les chercheurs. Cependant, grâce aux avancées de la recherche, de nouvelles approches émergent pour améliorer la gestion de ces nuisibles. 

Un plant de maïs attaqué par une chenille

Cédric Joawo BAKPE

La baisse des rendements agricoles n’est pas seulement liée aux semences de mauvaise qualité, ni à la qualité des sols qui accueillent les cultures. Elle est aussi liée aux maladies et ravageurs dont les effets ont un impact immédiat sur le rendement des cultures. C’est un problème constant. Par exemple, depuis plus d’une décennie, la vallée de l’Ouémé ne peut plus produire de tomates en raison du flétrissement bactérien. Les chenilles légionnaires, quant à elles, attaquent régulièrement les plants de maïs dans certaines zones. Les acteurs de la recherche agricole s’efforcent quotidiennement de trouver des solutions à ces difficultés majeures rencontrées par les producteurs. Yarou Barthélemy, docteur en sciences agronomiques et biologiques, spécialiste de la protection des cultures, souligne les progrès réalisés.

« Il y a eu plusieurs avancées, notamment grâce au développement de pesticides de synthèse utilisés par les producteurs aujourd’hui »,

déclare-t-il. Il met également en avant le développement de l’utilisation d’organismes biologiques de lutte, d’extraits de plantes et de variétés résistantes pour lutter contre les maladies et les ravageurs. Il mentionne notamment de nouvelles variétés de tomates et de piments résistantes aux maladies, développées par l’Institut des Recherches Agricoles du Bénin. Des projets tels que World Veg et Safe Veg sont cités comme des initiatives prometteuses dans ce domaine.

Approches agroécologiques et associations de cultures

Les approches agroécologiques et les associations de cultures constituent également des options recommandées pour lutter contre les maladies et les ravageurs des cultures. Yarou Barthélemy présente des exemples concrets d’associations entre légumes traditionnels et légumes exotiques, démontrant ainsi leur efficacité pour réduire la pression des ravageurs et améliorer la qualité sanitaire des produits.

« Nous avons remarqué que lorsque nous associons le basilic à des cultures telles que le chou et l’amarante, cela permet de réduire le nombre d’applications de pesticides de synthèse sur ces cultures »,

a-t-il indiqué.

Utilisation de technologies et de méthodes de lutte biologique

Les avancées de la recherche ont permis le développement de technologies telles que les filets anti-insectes, qui sont largement adoptés par les agriculteurs pour protéger leurs cultures contre les ravageurs. L’utilisation d’extraits de plantes tels que le top Bio et le neem est également mentionnée comme une approche écologique pour améliorer la gestion des maladies et des ravageurs. Simon Kouton, producteur de maïs, reconnaît les bienfaits du Top bio dans la lutte contre les chenilles légionnaires. « En suivant les consignes que nous avons reçues sur l’utilisation du Top bio, nous avons obtenu de meilleurs résultats. » En effet, le Projet d’Appui aux Infrastructures Agricoles dans la Vallée de l’Ouémé (PAIA-VO), à travers la mise en œuvre du Fonds Régional de Vulgarisation Agricole (FoReVA), a contribué à la vulgarisation de certaines innovations techniques visant à lutter contre les maladies et les ravageurs des plantes. Les filières concernées par cette action à l’époque étaient le maraîchage, le maïs et le riz. L’Agence Territoriale de Développement Agricole du pôle 7 a également joué un rôle dans la mise en œuvre de ce fonds. Les résultats obtenus à la suite de ces travaux ont été très satisfaisants aux yeux des producteurs.

Défis et obstacles à surmonter

La mise en œuvre des avancées de la recherche est confrontée à plusieurs défis. Le financement insuffisant de la recherche et le manque de liens entre la recherche et la vulgarisation sont identifiés comme des obstacles majeurs. Concernant ce dernier aspect, il faut reconnaître que le projet « Projet d’Appui aux Infrastructures Agricoles dans la Vallée de l’Ouémé » (PAIA-VO), à travers la mise en œuvre du Fonds Régional de Vulgarisation Agricole (FoReVA), a fourni quelques efforts dans ce domaine, mais il est nécessaire de poursuivre les actions dans cette direction. De plus, Yarou Barthélemy souligne l’importance d’impliquer le secteur privé dans la diffusion des technologies développées et dans leur mise à grande échelle. Aujourd’hui, le rôle des politiques gouvernementales est déterminant dans cette lutte. Yarou Barthélemy salue les politiques gouvernementales et les contrats visant à promouvoir les avancées de la recherche dans la gestion des maladies et des ravageurs des plantes cultivées. À titre d’exemple, le projet TAERA, mis en œuvre par Enabel au Bénin et financé par l’Union Européenne, apporte un soutien constant aux acteurs de la recherche et aux producteurs en mettant à disposition des innovations techniques et en encourageant l’adoption de pratiques agroécologiques. Il est indéniable que les avancées de la recherche offrent de nouvelles perspectives pour la gestion des maladies et des ravageurs des cultures.

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