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Genre et développement

HUILE DE PALME A ATHIEME : Les femmes de l’association ‘’Fafawa Ayiminvo’’ engagées dans une production artisanale

La production de l’huile de palme est séculaire au Bénin et elle s’est toujours faite surtout par des méthodes artisanales. La commune d’Athiémé est l’un des centres de production artisanale de l’huile de palme dans le département du Mono. Ce sont précisément les femmes qui produisent l’huile pour la consommation locale mais il n’est pas rare de trouver les hommes qui s’y adonnent. Si l’activité est plus ou moins rentable pour la population, elle englobe plusieurs difficultés. Laure Lekossa dans son émission ‘’Monde Rural’’ est allée à la rencontre d’une association de femmes productrices d’huile de palme dans le village Adanlokpe cacao kanmé.

Par Déborah ALIMA

Nous sommes ici à Adanlokpe cacao kanmé, l’un des villages de la commune d’Athiémé. Torses nus, un bout de pagne noué autour de la hanche, laissant même les seins à découvert, les femmes en sueur font un travail à la chaîne. Pendant que certaines vont prendre de l’eau, d’autres sont là, à battre le mélange et d’autres surveillent l’huile au feu. « J’ai commencé ce travail depuis mon enfance, il y a de cela 20ans, ce sont nos mamans qui nous ont laissé cet héritage » nous confie Jeannette Savi une productrice de l’huile rouge dans l’association.

Des efforts physiques se font pour la production de l’huile de palme

« Déjà le matin, nous allons nous procurer les régimes de palme dans les palmeraies et nous nous assurons de la livraison effective de la matière première après achat. Après cela nous amenons les noix de palme à notre usine de transformation. » Nous a-t-elle rapporté. Les régimes une fois à l’usine sont installés de façon artisanale dans les concessions, de peur que les noix ne pourrissent. Il faut ensuite procéder à l’effruitée, enlever les grappes autour des noix. Après ces étapes « il nous faut passer à la stérilisation, c’est-à-dire nous préparons les noix de palme ; ce qui nous permet de séparer aisément les fruits de la rafle à la main. Nous passons ensuite au malaxage de la chaire des fruits préparés. Nous n’avons pas la machine à malaxer, pour cela nous appelons ceux qui en ont. Dans le cas contraire, nous pétrifions les fruits avec nos pieds, une méthode artisanale ».

Les femmes offrent un spectacle vraiment attirant. Toutes en sueur, en mouvement, en chant esquivant quelques pas de danse à un moment donné dans la souplesse mais avec vigueur, soit elles agitent le mélange, soit elles le soulèvent afin de faire tomber telle une chute d’eau. Une technique qui les aide à faire remonter à la surface, de l’huile brute. Le liquide est recueilli dans un récipient et l’on entame la dernière étape de production « cette crème huileuse est mise au feu pendant plusieurs heures, c’est après cette étape l’on obtient de l’huile rouge appelé ‘’Colè’. Si l’on veut avoir du “zomin” ou de l’huile parfumé, il faudra encore le mettre au feu pour l’obtention en y ajoutant du sel à volonté. Il nous faut 4 jours pour finir tous ces efforts et avoir de l’huile rouge. » Raison pour laquelle nous travaillons en association. Ici notre association c’est FAFAWA AYIMINVO.

Un processus de vente bien structuré

L’huile rouge obtenus après tant d’effort est mise sur le marché et intervient dans la préparation de plusieurs nourritures locales. Les femmes productrices de l’huile rouge du village d’Adanlokpe cacao kanmé ont des clientes à qui elles livrent l’huile « nous avons des personnes à qui nous les vendons, rare nous allons les livrer aux marché ; avant d’aller au marché c’est que les vendeuses nous appellent à l’avance. » Deux modes de commercialisation existent chez elles : la vente à domicile ou sur les marchés. Si les planteurs vendent plutôt à domicile, les artisanes pratiquent quasiment toutes les deux formes de vente pour lesquelles elles ont créé des associations collectives afin de faire face à certains problèmes. Les artisanes vendant à domicile, dans leur village, se retrouvent bien souvent face à un acheteur unique (le commerçant) à qui elles sont plusieurs dizaines à proposer de l’huile. Ce commerçant est alors en mesure de fixer son prix plus ou moins comme il l’entend.

Pour lutter contre cela, on trouve dans un nombre croissant de villages des systèmes de regroupement de la production : l’ensemble des productions individuelles (qui restent parfaitement différenciées par les artisanes) est regroupé en un seul point de vente, et la vendeuse (unique) peut alors rester ferme sur le prix; dans le cas d’une vente au marché, le principal problème pour les artisanes est le transport des produits, particulièrement en période de pluies. La plupart des artisanes s’associent pour regrouper leurs produits et bénéficier ainsi d’un prix de gros pour le transport. Une seule femme (choisie à tour de rôle) fait le voyage et se charge de la vente des produits au marché.

Grace à la production de l’huile rouge les femmes de ce village arrivent à subvenir à leurs besoins, à prendre soins des enfants et de leurs familles. « Nous ne recevons pas de subvention venant de l’Etat, ce sont nos propres argent que nous mettons dans la caisse de notre association FAFAWA AYIMINVO et que nous empruntons encore ».

Si l’activité de production artisanale de l’huile de palme est elle-même très harassante, avoir des moyens nécessaires pour bien la mener est le casse-tête des femmes. Elles se plaignent très souvent. Surtout dans les saisons où il n’y a pas récoltes de noix de palme, elles s’adonnent à d’autres activités. La production de l’huile de palme est génératrice pour les bonnes dames même si elles sont confrontées à plusieurs difficultés.

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