Les importations de riz temporairement suspendues
Le Sénégal ferme provisoirement ses frontières au riz étranger. Le ministère de l’Industrie et du Commerce a annoncé l’arrêt, pour une durée d’un mois, de la délivrance des Déclarations d’Importation de Produits Alimentaires (DIPA) concernant cette denrée stratégique.
Le Sénégal devrait encore importer 1,65 million de tonnes de riz usiné lors de la campagne 2025-2026, ce qui représenterait environ 70 % de ses besoins annuels, estimés à 2,2 millions de tonnes, selon les dernières prévisions du Département américain de l’Agriculture. Dans la foulée, le gouvernement sénégalais a suspendu des importations de riz pour quelque temps.
Suspendu des importations de riz
Rendue publique le mercredi 12 novembre, la mesure résulte d’une concertation stratégique réunissant producteurs, commerçants, transformateurs, services étatiques et partenaires techniques et financiers, sous la coordination de l’Agence de Régulation des Marchés (ARM).
Cette suspension vise à freiner momentanément l’arrivée de riz importé afin de faciliter l’écoulement des stocks locaux, aujourd’hui difficiles à vendre. Cette décision répond également aux cris de cœur des producteurs du département de Dagana, dans la vallée du fleuve Sénégal. Dès octobre, ces producteurs du département de Dagana, ont alerté déjà sur l’accumulation de près de 195 000 tonnes de riz paddy et usinées issues de la campagne 2025, menacées de rester en souffrance face à la concurrence du riz importé, souvent moins cher.
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« Nous n’arrivons plus à vendre nos productions, car le riz importé sature déjà le marché. Le Sénégal, qui conservait habituellement des réserves pour trois mois, en compte désormais l’équivalent de six mois, essentiellement du riz importé », a expliqué Baba Diallo, formateur au sein du sous-collège des producteurs de riz de Dagana, cité par Senenet le 29 octobre.
Il faut noter que le ministère de l’Industrie a aussi fixé un prix d’achat unique de 350 F CFA le kilogramme en sortie d’usine pour le riz brisé ou entier produit localement. Une manière d’assurer une rémunération plus stable aux acteurs nationaux tout en tentant de rééquilibrer le marché.
Vignon Justin ADANDE


