CHANGEMENT CLIMATIQUE ET INCERTITUDES AGRICOLES

L’agrométéo s’impose progressivement comme une nouvelle boussole pour les producteurs.

L’agrométéo, nouvelle boussole des agriculteurs

Face aux dérèglements climatiques, les prévisions météorologiques traditionnelles ne suffisent plus à guider les agriculteurs. Une nouvelle approche se développe. Elle combine les données atmosphériques et les caractéristiques du sol afin d’offrir une analyse plus précise et adaptée aux réalités locales. L’agrométéo s’impose progressivement comme une nouvelle boussole pour les producteurs.

L’agrométéo s’impose progressivement comme une nouvelle boussole pour les producteurs.

Depuis longtemps, les données météorologiques servent de repères essentiels aux agriculteurs pour planifier les semis, les traitements et les récoltes. Ces dernières années, le changement climatique semble cependant bouleverser les règles établies : pluies hors saison, sécheresses imprévues, vents violents et irréguliers. Les prévisions classiques ne sont plus toujours fiables à l’échelle des exploitations agricoles.

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Cette limite devient plus visible avec l’intensification des dérèglements climatiques. Les données météorologiques restent souvent trop générales et insuffisamment adaptées aux spécificités locales. « Le vent se déplace à très petite échelle. Dans un champ entouré de grands arbres, il rencontre des obstacles. Sa vitesse et même sa direction peuvent être modifiées », expliquent certains chercheurs cités par le média Agridigitale.

À l’origine, les alertes météorologiques étaient conçues pour encadrer de grandes activités humaines comme la navigation maritime, l’aviation ou la gestion des risques majeurs tels que les tempêtes et les tornades. Elles servaient aussi à prévenir les populations de l’arrivée des pluies, information précieuse pour organiser les travaux agricoles. Mais avec le changement climatique, la précision de ces prévisions diminue.

Il arrive qu’une alerte annonce des précipitations dans une zone donnée alors que la pluie tombe à quelques kilomètres seulement. Le producteur attend une pluie qui ne vient pas. Le calendrier agricole, autrefois fondé sur des cycles relativement stables, devient incertain. Semer ou attendre devient un choix risqué.

Face à ces incertitudes croissantes, l’agrométéorologie apparaît comme une réponse adaptée. « L’objectif est d’associer les paramètres météorologiques aux paramètres édaphiques, c’est-à-dire aux caractéristiques du sol. Lorsque la pluie tombe, ce n’est pas l’eau seule qui fait pousser la plante. L’eau facilite la circulation des éléments nutritifs dans le sol », explique le Professeur Camille Koffigan Agbati, promoteur d’une ferme intégrée et directeur général de TMSU International.

Dans cette approche, le sol occupe une place centrale. Il ne s’agit plus uniquement d’observer les nuages ou d’anticiper les pluies, mais de comprendre les interactions entre climat et fonctionnement biologique du sol. L’agrométéo analyse les liens entre humidité, rayonnement solaire, activité microbienne et disponibilité des éléments minéraux.

Contrairement à la météorologie classique, centrée sur les phénomènes atmosphériques à grande échelle, l’agrométéorologie propose une lecture fine et locale des conditions de production. Elle permet d’anticiper les stress hydriques, d’évaluer les risques d’inondation ou de sécheresse et d’ajuster les pratiques culturales.

Au-delà des prévisions climatiques, l’agrométéo intègre des données sur les maladies, les ravageurs, les stades de développement des cultures, les besoins en irrigation et l’utilisation raisonnée des produits phytosanitaires. L’objectif est d’améliorer les rendements tout en limitant les impacts environnementaux.

Dans un contexte de changement climatique, cette approche globale représente un levier important pour sécuriser les productions agricoles et renforcer la résilience des exploitations.

 

Vignon Justin ADANDE

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