Les marchés de bétail dopés par les fêtes
L’année 2025 s’est achevée sous de bons auspices pour les marchés à bétail. Selon les données du Système d’Information sur les Marchés à Bétail (SIM-Bétail), l’offre et la demande ont connu une nette amélioration en décembre, stimulées par l’approche des fêtes et la forte sollicitation des boucheries. Les marchés de bovins et d’ovins ont affiché une bonne animation, tandis que celui des caprins a évolué de manière plus contrastée.
Le marché des bovins a été particulièrement dynamique entre novembre et décembre 2025. Dopées par l’achat massif de bétail pour la fin d’année, l’offre et la demande ont progressé respectivement de 7 % et 6 %, . Les marchés de Banikoara, Parakou, Savalou, Ouessè et Guéné à Malanville ont été les plus sollicités.
Toutefois, en glissement annuel, les tendances restent hétérogènes. L’offre s’est contractée de 5 %, tandis que la demande a légèrement augmenté de 1 %. Les performances de vente varient d’un marché à l’autre, avec Ouessè dominant le classement 93 % de vente contre Nikki avec seulement 30 %.
Côté prix, une légère hausse mensuelle de 1 % est enregistrée. En comparaison à l’année 2024, la flambée est beaucoup plus marquée (+14 %), traduisant une offre tendue face à une demande forte. Il faut relever que toutes les catégories sont concernées : génisses (+25 %), taurillons (+24 %), taureaux (+18 %), vaches (+16 %), veaux/veilles (+7 %) et dans une moindre mesure bœufs (+2 %). En décembre, les coûts ont varié entre 102 556 FCFA pour un veau/velle et 389 463 FCFA pour un bœuf.
Les ovins maintiennent leur cadence
Les marchés d’ovins ont eux aussi connu une bonne affluence. L’offre et la demande ont respectivement progressé de 13 % et 12 % par rapport à novembre 2025. Comme chez les bovins, cette hausse est portée par les besoins de consommation de fin d’année. Selon les enquêtes, elle est renforcée par une forte présence de commerçants étrangers profitant de la chute du naira. Comparé à décembre 2024, l’activité a nettement progressé. +31 % d’offres, +45 % de demande avec Matéri en vedette grâce à ses 100 % de taux de vente et Nikki en retrait (27 %).
Par ailleurs, les prix sont restés globalement stables d’un mois à l’autre. Toutefois, les mâles sont devenus plus chers: béliers (+2 %) et antenais (+9 %), tandis que les femelles ont perdu de la valeur brebis (-4 % pour les brebis -1 % pour les antenaises). En décembre, les prix se sont fixés entre 18 875 FCFA et 57 161 FCFA. Sur un an, une hausse moyenne de 7 % est observée, liée notamment aux détours logistiques imposés par la fermeture de la frontière nigérienne.
Une activité contrastée sur le marché des caprins
Contrairement aux deux autres segments, le marché des caprins affiche une tendance plus mitigée. L’offre a reculé de 1 % malgré une légère augmentation des ventes (+1 %). Plusieurs marchés ont cependant enregistré une meilleure activité, notamment Banikoara, Nikki, Parakou, Savalou, Matéri, Gogounou, Tchaourou, Lobogo, Pehunco, Ouessè et Adjarra. En glissement annuel, l’activité reste globalement positive, avec des progressions de 12 % pour l’offre et 9 % pour la demande. Comme chez les ovins, Matéri s’illustre avec un taux de vente de 100 %, contre 19 % à Nikki.
Lire aussi : INDICE FAO : Une facture alimentaire lourde pour le compte de 2025
La hausse de la demande a entraîné une augmentation des prix de 7 % en moyenne sur un mois. Les boucs (+11 %), chèvres (+9 %) et chevrettes (+10 %) ont particulièrement progressé, tandis que les cabris ont perdu 10 %. Les prix se situent entre 15 158 FCFA (chevrettes) et 39 873 FCFA (chèvres). Comparé à décembre 2024, l’augmentation est de 20 %, reflétant la hausse continue des coûts de transport.
Maëlle ANATO


