Des progrès significatifs, mais des décisions urgentes pour lever les goulots d’étranglement
Les principaux acteurs du secteur agricole du Pôle de Développement Agricole Zou–Couffo (Pôle 5) se sont réunis le jeudi 11 décembre 2025 à la Direction Départementale de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (DDAEP) du Couffo, à l’occasion de la deuxième revue conjointe de performance du secteur agricole.
Cette rencontre stratégique a servi de cadre d’évaluation rigoureuse des performances de la campagne agricole 2025, mais surtout de plateforme d’aide à la décision pour renforcer l’efficacité des interventions dans le pôle.
Un exercice de redevabilité et d’orientation stratégique
En effet, la revue avait pour objectif central d’apprécier le niveau d’exécution du Plan de Travail Annuel Harmonisé (PTAH), d’analyser les résultats obtenus, d’identifier les écarts, et de dégager des mesures correctives concrètes en vue d’améliorer durablement les performances du secteur agricole dans le Zou et le Couffo.
Elle a mobilisé un large éventail d’acteurs : Organisations Professionnelles Agricoles (OPA), responsables de projets et programmes, acteurs non étatiques, représentants des communes, agents des DDAEP du Zou et du Couffo, ainsi que l’Agence Territoriale de Développement Agricole du Pôle 5 (ATDA 5). Cette diversité d’acteurs a garanti la richesse des analyses et la pertinence des recommandations.
Des résultats encourageants, porteurs d’espoir
Dans son allocution d’ouverture, le Directeur Départemental de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche du Couffo, Rubinxe Béhanzin-Aouagbé, a salué la dynamique globale observée en 2025. Les performances enregistrées traduisent une amélioration notable de l’efficacité opérationnelle du pôle, avec un taux d’exécution physique global de 76 %, soit une progression remarquable de 23 points par rapport à 2024.
Ces résultats confirment :
- la pertinence des investissements réalisés ;
- l’impact positif de la synergie entre l’ATDA 5 et les DDAEP ;
- et l’engagement croissant des acteurs locaux dans l’atteinte des objectifs du Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (MAEP).
Des fragilités structurelles à corriger sans délai
Toutefois, la revue a également mis en évidence des faiblesses majeures qui freinent l’atteinte des résultats attendus. Le taux d’exécution financière, limité à 56 %, demeure préoccupant, avec des contre-performances particulièrement marquées au niveau de plusieurs projets et programmes.
Les échanges ont permis d’identifier clairement les principaux goulets d’étranglement :
- des retards persistants dans la mise en œuvre de certains projets ;
- des difficultés récurrentes d’approvisionnement en intrants, notamment dans des filières stratégiques ;
- l’impact négatif des aléas climatiques, surtout au cours de la première saison agricole ;
- et des insuffisances dans la qualité et la disponibilité des données, limitant la réactivité des décisions.
Des recommandations claires, orientées actions
Au terme des débats, la revue a débouché sur de fortes recommandations opérationnelles, appelant à des décisions rapides et concertées. Il s’agit notamment de :
- l’accélération des procédures financières pour améliorer le taux de décaissement ;
- le renforcement ciblé de l’appui aux acteurs en difficulté, afin de réduire les écarts de performance ;
- la sécurisation de l’approvisionnement en intrants pour les filières prioritaires ;
- la capitalisation, documentation et diffusion des bonnes pratiques ;
- et l’amélioration de la qualité des données de suivi-évaluation, condition essentielle à une prise de décision plus efficace et plus proactive.
Un engagement renouvelé des acteurs
Les représentants des communes, des structures étatiques et non étatiques ont unanimement salué la qualité des échanges et la pertinence des enseignements tirés de cette revue. Ils ont réaffirmé leur engagement à jouer pleinement leur rôle, chacun dans son domaine de responsabilité, pour accélérer la transformation agricole dans le Zou–Couffo.
Enfin, cette deuxième revue conjointe de performance s’impose ainsi comme un moment clé de pilotage stratégique, appelant à des décisions fortes pour consolider les acquis, corriger les insuffisances et inscrire durablement le Pôle 5 sur la trajectoire de performance et de résilience attendue.




