Ce qu’il faut retenir des prix en octobre 2025
Les marchés béninois ont enregistré de nouvelles fluctuations sur deux produits essentiels : la tomate fraîche et le piment sec. D’après les données officielles publiées par la Cellule Technique de Suivi et d’Appui à la Gestion de la Sécurité Alimentaire (CT/SATGSA), la tendance générale en octobre 2025 est marquée par une baisse des prix en glissement mensuel, même si les évolutions annuelles restent très différentes selon les produits.
La tomate a été cédée en moyenne à 398 FCFA/kg, soit un léger repli de 1 % par rapport à septembre. Cette baisse est attribuée à l’amélioration de l’offre. De nouvelles récoltes locales, mais aussi l’apport des pays voisins renforce la disponibilité du produit sur les marchés. Toutefois, cette accalmie ne masque pas la tension structurelle sur la filière.
En glissement annuel, le prix de la tomate affiche une hausse de 20 % et se situe à 15 % au-dessus de la moyenne quinquennale. Cette situation souligne que, malgré les arrivages plus élevés en octobre, la pression sur les prix reste forte lorsque l’on observe une période plus longue.
Il faut également noter que l’évolution des prix de la tomate varie également selon les types de marchés. La CT/SAGSA note des hausses sur les marchés de producteurs (+1 %), de regroupement (+8 %), de consommation (+10 %), tandis qu’une baisse est observée sur les marchés frontaliers (–1 %). Cette disparité confirme ainsi que les prix finaux ne dépendent pas uniquement de l’offre globale, mais aussi des coûts de transaction, des marges commerciales et de la demande en zones urbaines.
Une dynamique différente pour le piment sec
En octobre, le kilogramme a été vendu à 2 998 FCFA, soit une baisse de 4 % en glissement mensuel. En effet, cette diminution mensuelle s’inscrit dans une tendance amorcée depuis juillet après plusieurs hausses successives observées entre mars et juin. Cependant, c’est en comparaison annuelle que la chute est la plus spectaculaire. Le bulletin relève –51 % en glissement annuel et –35 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Très tendu en 2024, ce marché apparaît aujourd’hui beaucoup mieux approvisionné.
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L’analyse par catégorie de marchés révèle également un contraste marqué. Le piment sec a vu ses prix baisser dans les marchés de producteurs (–4 %), de regroupement (–8 %) et frontaliers (–6 %). Mais les marchés de consommation enregistrent, paradoxalement, une hausse de 7 %. Le prix le plus élevé est relevé dans les marchés de regroupement (3 630 FCFA/kg), tandis que le plus bas est observé dans les marchés frontaliers (2 100 FCFA/kg). Ces écarts reflètent des pratiques commerciales différentes ainsi qu’une demande urbaine encore soutenue.
Maëlle ANATO


