Des déchets agricoles transformés en énergie propre pour les étuveuses de riz
Dans la commune de Ouèssè, une innovation énergétique montre comment les déchets agricoles peuvent devenir une ressource précieuse pour les activités de transformation agroalimentaire. Au Centre de transformation communale, une unité de biogaz alimente désormais les activités de la Coopérative communale des étuveuses de riz, offrant une solution de cuisson propre tout en valorisant les résidus issus de la production agricole.
Cette initiative a été rendue possible grâce au Mécanisme de Soutien Financier (MSF) appuyé par le Programme des Nations unies pour le développement et le Fonds pour l’Environnement Mondial. Elle répond à une double problématique rencontrée par la coopérative, composée de 181 femmes. Il s’agit de la gestion des déchets issus de la transformation du riz et la forte dépendance au bois de chauffage pour l’étuvage.
La coopérative de Ouèssè
Jusqu’à récemment, les balles vides et les sons de riz s’accumulaient sur le site, tandis que les étuveuses étaient exposées quotidiennement à la fumée des foyers traditionnels. Depuis la fin de l’année 2025, la situation a changé avec l’installation d’un biodigesteur de 15 m² réalisé par l’entreprise Biogaz Bénin avec l’appui du PNUD.
Le dispositif transforme désormais plusieurs types de déchets agricoles, tels que les sons de riz, les épluchures de manioc et les bouses de vache en source d’énergie. Mélangés dans un bac de chargement puis fermentés dans le biodigesteur, ces résidus organiques produisent du méthane et du dioxyde de carbone. Le gaz généré est ensuite récupéré et acheminé vers un réservoir de 30 m³ avant d’être utilisé pour la cuisson.
Au-delà de la valorisation des déchets, les effets sont déjà perceptibles pour les transformatrices. Le passage au biogaz permet de réduire les coûts de production du riz paddy et d’améliorer considérablement les conditions de travail. Le temps de chauffe des cuves destinées au trempage du riz est ainsi passé de six heures avec les foyers traditionnels à environ une heure seulement avec le biogaz. La cuisson se fait désormais sans fumée, limitant les risques sanitaires pour les femmes.
La coopérative attend désormais la livraison d’un brûleur destiné aux fourneaux d’étuvage, une étape supplémentaire qui devrait renforcer l’efficacité de cette solution énergétique. À Ouèssè, cette expérience illustre comment la valorisation des déchets agricoles peut contribuer à la fois à la transition énergétique, à la protection de l’environnement et à l’amélioration des revenus des acteurs locaux.
Jean-Baptiste HONTONNOU


