Le Bénin rêve d’un secteur agricole moderne et créateur de richesse
Le Bénin s’inscrit résolument dans une trajectoire de transformation profonde avec l’adoption de la Vision « Bénin 2060 Alafia – un monde de splendeurs », un cadre stratégique de long terme destiné à façonner un avenir prospère et durable. Présentée officiellement le mardi 03 février 2026 à Cotonou, lors d’une cérémonie présidée par le Chef de l’État, Patrice Talon, cette vision marque un tournant majeur dans la planification du développement national.
Au cœur de cette projection se trouve l’ambition de moderniser la structure de l’économie, en faisant de l’agriculture un pilier central de la croissance, de la création d’emplois et de la souveraineté économique. Première des neuf orientations stratégiques de la Vision 2060, la transformation structurelle de l’économie vise à accroître durablement la productivité nationale et à renforcer la compétitivité du pays.
Dans cette nouvelle architecture stratégique, l’agriculture n’est plus perçue comme un simple secteur de subsistance, mais comme un levier majeur de création de valeur ajoutée. L’objectif est de passer d’une agriculture traditionnelle à une agriculture moderne, mécanisée et orientée vers la transformation locale et surtout l’exportation.
Les pilliers de la vision dans le secteur agricole
En effet, la mécanisation des exploitations, le développement de l’irrigation, l’amélioration de l’accès aux intrants de qualité, ainsi que la promotion de la transformation agroalimentaire locale se positionnent comme les axes structurants majeurs. Ces réformes visent à accroître les rendements, réduire les pertes post-récolte et renforcer la compétitivité des filières stratégiques telles que le coton, l’anacarde, le maïs, le riz, le manioc et les cultures maraîchères.
La Vision Bénin 2060 mise également sur le développement industriel pour soutenir l’agriculture. La création de zones économiques spéciales, de pôles de compétitivité et d’infrastructures productives modernes permettra de stimuler la transformation locale des produits agricoles, de réduire la dépendance aux importations et d’accroître la valeur des exportations.
Cette stratégie vise à « corriger les faiblesses structurelles de l’économie, en particulier la forte prédominance du secteur informel et le faible niveau d’industrialisation qui limitent la productivité, la formalisation de l’emploi et la diversification économique », peut-on lire dans le document. L’industrialisation agroalimentaire apparaît ainsi comme un vecteur clé de diversification économique et d’emplois durables, en particulier pour les jeunes.
Former les jeunes et renforcer l’employabilité rurale
Dans cette vision à long terme, un accent particulier est mis sur le renforcement de l’employabilité des jeunes, notamment à travers la formation professionnelle, l’apprentissage et l’adéquation entre les compétences et les besoins du marché du travail.
Dans le secteur agricole, cela se traduira par la professionnalisation des métiers ruraux, l’appui à l’entrepreneuriat agricole, et la promotion des innovations technologiques adaptées aux réalités locales. Le but est de faire émerger une nouvelle génération d’agriculteurs et d’agro-entrepreneurs, capables de « tirer partie des opportunités offertes par la transition numérique et technologique tout en intégrant les impératifs liés à l’adaptation aux changements climatiques, à la résilience des systèmes de production et à la préservation des ressources naturelles ».
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Ainsi, la Vision 2060 accorde une place stratégique à l’intégration des technologies de l’information, du numérique et de l’intelligence artificielle dans les systèmes de production. Ces outils, en ce qui les concerne, permettront d’optimiser la gestion des exploitations, d’améliorer la traçabilité des produits, de renforcer la planification agricole et d’accroître la productivité.
L’ambition pour une agriculture compétitive et durable
À l’horizon 2060, le Bénin ambitionne de disposer d’un secteur agricole moderne, compétitif et créateur de richesse, capable de nourrir la population, de soutenir l’industrialisation et de s’imposer sur les marchés régionaux et internationaux. La réussite de cette ambition repose sur une mobilisation concertée de l’État, des collectivités territoriales, du secteur privé, des institutions financières, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des producteurs agricoles eux-mêmes.
Jean-Baptiste HONTONNOU


