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1er groupe de presse agricole en Afrique de l’Ouest

30 ans d’actions au service de l’Agriculture écologique et Biologique au Bénin : Prof. Simplice Davo VODOUNHE, le baobab qui diffuse les graines de conscience écologique pour les générations futures

 30 ans d’actions au service de l’Agriculture écologique et Biologique au Bénin : Prof. Simplice Davo VODOUNHE, le baobab qui diffuse les graines de conscience écologique pour les générations futures

Si l’on devait citer les pionniers de l’agriculture biologique au Bénin, il y a un nom que l’on ne saurait occulter. Enseignant-chercheur à la Faculté des Sciences Agronomiques (FSA), il a su très tôt concentrer ses efforts dans la promotion de l’agriculture écologique et biologique au Bénin à travers la création de l’Organisation Béninoise pour la Promotion de l’Agriculture Biologique (OBEPAB) en 1994. Sa foi, sa détermination l’ont permis d’obtenir d’impressionnants résultats. Retour sur 30 années d’actions du Professeur Simplice Davo VODOUNHE.

Professeur Simplice Davo VODOUNHE

 

Cédric Joawo BAKPE

« Je suis tombé sur l’agriculture écologique et biologique à la suite d’une étude de consultation que j’ai menée sur le commerce durable entre le Bénin et les Pays-Bas. Cela a provoqué un déclic en moi et je me suis dit qu’il fallait essayer ce type d’agriculture au Bénin », confie le professeur Simplice Davo VODOUNHE. C’est le point de départ d’une aventure qui dure aujourd’hui depuis 30 ans. Confronté à l’époque au manque de soutien aux initiatives de promotion de l’agriculture écologique et biologique, le professeur a dû recourir à des partenaires occidentaux pour mener des essais qui se sont avérés concluants au bout d’un an. Mais il fallait les poursuivre pour convaincre davantage les décideurs de l’époque que c’était possible. « Nous avons donc organisé une conférence africaine sur le sujet à laquelle nous avons invité tous les acteurs qui pourraient s’intéresser à l’agriculture écologique et biologique. Nous avons tous vu que l’effort devait être poursuivi pour parvenir à des conclusions », a-t-il laissé entendre.

Dans cette lutte permanente, le principal produit mis en valeur est le coton bio. L’OBEPAB a engagé de grandes actions de sensibilisation, de reconversion et d’appui aux producteurs pour la culture du coton biologique. Pour le professeur, « le coton semble être le sujet le plus important parce que c’est lui qui reçoit le plus d’intrants chimiques et s’il faut obtenir quelque chose sans intrants chimiques, il faut nécessairement mettre l’accent là-dessus ».

L’objectif de l’OBEPAB est de changer quelque peu la vision de tout un chacun sur les intrants chimiques et de prôner l’utilisation d’autres produits comme alternative pour produire. Un objectif poursuivi jusqu’à atteindre des résultats concluants même si le début n’a pas été facile. « Au moment où nous lancions l’agriculture écologique et biologique, nous ne savions pas si le produit principal qu’est le coton serait acheté ou non, nous avons dû garder le coton pendant trois ans sans que personne ne l’achète », se souvient le Professeur avec le sentiment que la donne a changé.

« Aujourd’hui, la demande du coton biologique sur le marché est forte mais l’offre n’est pas encore suffisante », regrette le professeur VODOUNHE. Même si aujourd’hui, l’adoption généralisée de l’agriculture écologique et biologique rencontre encore certaines difficultés, Simplice Davo VODOUNHE est fier d’avoir « semé la graine » et se réjouit de voir beaucoup d’autres organisations naître après pour la même cause. L’État béninois, qui au départ était réticent, accorde aujourd’hui de plus en plus d’intérêt à l’agriculture écologique et biologique.

Des discussions avec les acteurs du secteur ont abouti à l’élaboration de la stratégie nationale de promotion de l’agriculture écologique et biologique au Bénin. « C’est une fierté pour nous », se réjouit le professeur qui malgré le poids de l’âge continue de mener ses activités quotidiennes et « profite aussi pour partager ses connaissances avec les jeunes qui veulent l’écouter. Le professeur encourage tous ceux qui sont proches de l’agriculture à réfléchir autrement à ce qu’ils mangent et à ne pas laisser la fatalité agir.

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