Une 9ᵉ édition placée sous le signe de l’engagement pour l’avenir de l’agriculture béninoise
Depuis neuf ans, les Rencontres Internationales de Court-Métrage pour l’Agriculture (RICMA) s’emploient à relever ce pari audacieux : utiliser la force de l’image pour raconter l’agriculture béninoise, ses défis, ses innovations et ses espoirs. La neuvième édition, tenue du 10 au 13 décembre 2025 au siège de la FUPRO Bénin à Bohicon, s’inscrit dans cette dynamique, avec l’ambition de placer la modernisation et la compétitivité agricoles au cœur du débat national.
Organisé dans un contexte avec lequel les exploitations agricoles familiales demeurent la base du système productif béninois, l’événement se veut à la fois un espace de réflexion, de valorisation et de plaidoyer.
« Cette neuvième édition des rencontres internationales de court-métrages pour l’agriculture se tient sous le thème “Modernisation et compétitivité de l’agriculture béninoise : accélération de la transformation durable des exploitations familiales par les investissements massifs à l’aide de grandes réformes de soutien au secteur” », a rappelé Athanase Aguiya, président de la FUPRO Bénin. Un thème qui, selon lui, s’inscrit dans la continuité des réflexions engagées lors des précédentes éditions et souligne l’urgence d’investissements structurants pour sortir l’agriculture familiale de la précarité.
Les interventions lors de la cérémonie d’ouverture
Dans un premier temps, dès la cérémonie d’ouverture, les interventions ont donné le ton. Pour Julien Ouankpo, représentant du préfet du Zou, les RICMA jouent un rôle essentiel en révélant ce que les chiffres peinent souvent à traduire. « À travers les court-métrages, les témoignages, les innovations et les échanges, cet événement met en lumière la détermination de nos producteurs, la richesse de leurs pratiques, la profondeur de leur engagement et la beauté de leurs liens avec la terre », a-t-il souligné, saluant une initiative qui humanise l’agriculture et rapproche les décideurs des réalités rurales.
Même son de cloche du côté de la Chambre de l’Agriculture du Bénin. Pour son vice-président, Denis Tognissou, les exploitations agricoles familiales demeurent au centre des priorités nationales, au regard de leur rôle déterminant dans la sécurité alimentaire, la cohésion sociale et le développement local. Un message fortement appuyé par le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Gaston Dossouhoui, dont la présence remarquée a marqué cette édition.
Pour le ministre, les exploitations familiales constituent « la cheville ouvrière de l’agriculture béninoise » et représentent le maillon stratégique pour relever les défis de compétitivité et de durabilité. Il a insisté sur la nécessité d’investissements massifs et cohérents afin de bâtir une agriculture performante, intégrée au marché et capable de créer de la valeur durable.
Après le top officiel donné par le ministre, la première journée a été consacrée à la visite des stands de la foire agricole. Entre produits transformés, innovations paysannes et savoir-faire locaux, les allées ont offert un panorama vivant de la diversité agricole béninoise.
Des échanges fructueux et porteurs d’avenir
Ensuite, au fil des jours, les RICMA 2025 ont alterné panels, projections, foires et cérémonies de distinction. Communication introductive et panels ont permis d’approfondir la réflexion sur l’importance des exploitations familiales et les obstacles auxquels elles font face, notamment l’accès au financement, aux marchés et aux technologies adaptées. Les débats sur la transition agroécologique et la promotion des services d’accès au marché ont mis en lumière l’urgence de modèles de production plus résilients.
Une tribune dédiée aux partenaires financiers, dont le Fonds National de Développement Agricole (FNDA), a permis des échanges directs avec les producteurs. « L’occasion était d’expliquer le mécanisme du FNDA, de conseiller les acteurs et surtout d’écouter leurs difficultés sur le terrain », a expliqué le Directeur des Opérations du fonds, Abdou-Djalill Djibril, soulignant l’importance du dialogue pour améliorer l’accès aux financements.
Moment fort de cette édition, la Journée nationale des agriculteurs (JnA) et le Festival de films et des communications sur l’agriculture (FIFA) ont récompensé les efforts et les talents. Agriculteurs modèles et réalisateurs engagés ont été distingués, suscitant émotion et fierté. « Après l’effort, c’est la récompense. On travaille aussi pour devenir un modèle pour les autres », a confié Janvier Adam, lauréat du pôle 2 à la JnA.
La NUGA, un moment de recueillement et de convivialité
Enfin, la Nuit des goûts et couleurs de l’agriculture familiale (NUGA) est venue clore les RICMA 2025 dans une ambiance conviviale. Danses, dégustations de mets locaux et échanges informels ont rythmé cette soirée, marquée aussi par un plaidoyer du ministère en faveur d’une meilleure valorisation des organisations paysannes. « Il faut aussi primer les coopératives et promouvoir une meilleure gouvernance des OPA », a souhaité Arnaud Togbe, représentant du ministre à la clôture.
Lire aussi : REVUE CONJOINTE DE PERFORMANCE 2025 DU PDA ZOU–COUFFO
Au terme de cette neuvième édition, les RICMA confirment leur place singulière dans le paysage agricole béninois. C’est sans nul doute un carrefour auquel l’image, la réflexion et l’action se rencontrent pour dessiner un avenir agricole plus moderne, compétitif et profondément humain.
Jean-Baptiste HONTONNOU


