Une technique naturelle pour protéger les cultures
Face aux effets néfastes des pesticides chimiques sur la santé humaine, les sols et la biodiversité, des approches alternatives gagnent progressivement du terrain dans le monde agricole. Parmi elle, figure une technique encore peu connue, mais prometteuse. Il s’agit de l’introduction d’espèces répulsives dans les fermes pour éloigner naturellement les ravageurs.
Cette méthode s’inscrit dans la logique de la gestion intégrée des ravageurs, qui privilégie des solutions écologiques et durables. « Il ne s’agit pas de tuer les ravageurs, mais de les dissuader naturellement de s’approcher des cultures », a expliqué Fiacre Kpossou, technicien agronome.
La technique consiste à introduire ou à favoriser la présence d’espèces animales que les ravageurs n’aiment pas ou craignent naturellement. Contrairement à l’élimination directe par les produits chimiques, cette approche mise sur la dissuasion.
« La simple présence de certaines espèces suffit à perturber le comportement des ravageurs, qui préfèrent éviter les champs concernés », a-t-il précisé.
Les principales espèces utilisées comme répulsifs naturels
Plusieurs animaux jouent un rôle clé dans cette stratégie. Les serpents non venimeux sont souvent cités pour leur efficacité contre les rongeurs comme les souris, responsables d’importantes pertes agricoles. Les oiseaux insectivores contribuent aussi à réduire les populations de criquets et d’insectes nuisibles. « Dans certaines exploitations, on encourage également la présence de chats, de lézards ou même de chauves-souris pour limiter respectivement les rongeurs et les insectes nocturnes », a-t-il ajouté.
Des mécanismes naturels
Les mécanismes par lesquels ces animaux repoussent les ravageurs sont multiples. Il peut s’agir de la peur liée à la présence d’un prédateur, de l’odeur laissée dans l’environnement, de signaux sonores ou encore d’une prédation indirecte.
« Ces interactions naturelles modifient le comportement des ravageurs sans perturber l’équilibre écologique », a expliqué Fiacre Kpossou.
Le serpent, très souvent cité
Le serpent est fréquemment utilisé comme exemple dans cette technique. Les espèces privilégiées sont généralement non venimeuses, car elles ne représentent pas de danger pour l’homme. « Le serpent dissuade efficacement les souris et autres petits rongeurs qui causent des dégâts considérables dans les greniers et les champs », a-t-il indiqué. Toutefois, son utilisation nécessite une bonne connaissance des espèces locales. « Il faut impérativement sensibiliser les producteurs afin d’éviter les risques et les confusions entre espèces dangereuses et non dangereuses », a-t-il averti.
Par ailleurs, malgré ses atouts, la technique comporte certaines contraintes. La peur culturelle de certains animaux, notamment les serpents, peut freiner son adoption. Elle exige aussi une bonne maîtrise des espèces utilisées pour éviter les accidents.
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Aboubakar FAÏSSAL


