Une menace silencieuse pour la santé du bétail
Face aux vents secs et à la poussière, le bétail ne survit qu’avec des soins constants et des abris adaptés. À tout bout de champ, les éleveurs renforcent abris, eau et alimentation afin de préserver la santé et la productivité du bétail.
Durant l’harmattan, les effets néfastes ne se limitent pas aux humains. Les animaux, notamment les bovins, en subissent également les conséquences. À l’instar des hommes, ils sont exposés à diverses maladies respiratoires causées par les vents secs et chargés de poussière. Cela se confirme avec Lexmoor qui souligne que l’évolution des bovins dans un environnement défavorable accroît considérablement leur vulnérabilité à ces affections.
Les variations brutales de température, l’humidité excessive ou encore le froid prolongé fragilisent leur système immunitaire. Par ailleurs, la même source renseigne qu’une ventilation insuffisante dans les bâtiments favorise l’accumulation de gaz irritants tels que l’ammoniac et la poussière, ce qui irrite les voies respiratoires. Enfin, la forte promiscuité dans l’enclos accentue le stress des animaux et facilite la transmission des infections.
Menaces silencieuses pour les bovins
Pendant la période de l’harmattan, les bovins, tout comme les humains, sont fortement exposés aux maladies respiratoires en raison des vents secs et chargés de poussière. Parmi les affections les plus courantes figurent la péripneumonie contagieuse bovine, la bronchite-pneumonie banale et la pasteurellose bovine, qui affectent sérieusement la santé et la productivité du bétail.
À ces pathologies respiratoires s’ajoutent, selon le vétérinaire Issiaka Orou Wonka, des maladies cutanées telles que la dermatose nodulaire, ainsi que des affections oculaires comme la conjonctivite, favorisées par l’irritation causée par la poussière. En fragilisant l’organisme, l’harmattan affaiblit le système immunitaire des animaux, rendant les plus jeunes particulièrement vulnérables aux infections. «L’harmattan affaiblit les systèmes immunitaires des animaux surtout les plus jeunes», a-t-il expliqué.
Au-delà des maladies respiratoires, l’harmattan provoque également un important stress alimentaire chez les bovins. « L’harmattan sèche tout sur son passage », a-t-il expliqué, soulignant que le fourrage, notamment l’herbe, se dessèche et perd une grande partie de sa valeur nutritive.
À cela s’ajoute le tarissement progressif des points d’eau, rendant l’accès à l’eau de plus en plus difficile pour l’abreuvement du bétail et entraînant des cas de déshydratation chez les animaux. «Le manque de fourrage et d’eau affaiblit les animaux et rend leurs organismes vulnérables à toute attaque pathologique », a-t-il ajouté. Cette période favorise également l’apparition de pathologies cutanées telles que les dermatoses, la gale et d’autres affections de la peau, considérées comme des maux directement liés aux conditions rigoureuses imposées par l’harmattan.
Lire aussi : FNDA : 2,7 milliards pour 1 296 projets agricoles dans l’Atacora
Le feu, une solution naturelle !
Face aux rigueurs de l’harmattan, certains éleveurs adoptent des solutions traditionnelles et naturelles pour protéger leurs animaux face aux conditions climatiques difficiles. «Le feu est souvent utilisé pour produire de la chaleur et aider les bovins à mieux supporter le froid», a-t-il indiqué, rappelant que cette pratique demeure répandue dans plusieurs zones d’élevage confrontées à des températures nocturnes très basses et à un vent extrêmement sec caractéristique de l’harmattan.
L’adaptation des structures d’hébergement, comme l’aménagement d’enclos plus abrités, est également courante afin de réduire l’exposition des animaux aux vents poussiéreux et aux changements climatiques brusques.
Selon des études sur l’adaptation au climat relayées par la Revue marocaine des sciences agronomiques et vétérinaires, ces méthodes simples s’inscrivent dans un ensemble plus large de stratégies mises en œuvre par les éleveurs. Celles-ci incluent notamment la mobilité pastorale et la recherche de points d’eau alternatifs durant l’harmattan, une période marquée par la sécheresse et les vents poussiéreux, des pratiques observées chez plus de 50 % des éleveurs dans certaines zones du Bénin.
Par ailleurs, en cette période, protéger le bétail n’est pas un luxe, mais une nécessité pour assurer le bien-être des animaux et garantir un élevage plus productif.
Aboubakar FAÏSSAL


