le potager familial ne doit plus être considéré comme un simple passe-temps. Il devient aujourd’hui une véritable solution de santé publique

Un bouclier contre l’alimentation toxique

Face à la hausse continue des prix des aliments et aux scandales sanitaires répétés, le potager familial ne doit plus être considéré comme un simple passe-temps. Il devient aujourd’hui une véritable solution de santé publique. Les rapports récents de la FAO et les études en toxicologie montrent clairement que produire ses propres légumes est l’un des moyens les plus rapides pour réduire l’exposition aux produits chimiques et améliorer la qualité nutritionnelle de l’alimentation.

le potager familial ne doit plus être considéré comme un simple passe-temps. Il devient aujourd’hui une véritable solution de santé publique

Aujourd’hui, les marchés sont remplis de produits dont l’origine et les conditions de production restent souvent floues. Dans ce contexte, le potager à domicile apparaît comme la seule garantie réellement fiable pour ce que nous mettons dans notre assiette. Le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la Santé sur la sécurité sanitaire des aliments est clair : les résidus de pesticides présents dans les légumes du commerce, consommés chaque jour, augmentent fortement les risques de maladies chroniques.

Le contrôle total de ce que l’on mange

Le premier avantage du potager familial est simple : il permet d’éliminer les produits chimiques. Lors d’un débat récent diffusé sur Arte, intitulé « Manger sain : le défi du siècle », des spécialistes ont rappelé qu’une salade issue de l’agriculture industrielle peut contenir jusqu’à quinze substances chimiques différentes. En cultivant chez soi, le consommateur devient producteur et met fin à cette exposition invisible. Selon le guide 2024 de la FAO sur l’agriculture urbaine, les jardins familiaux permettent de passer immédiatement à des pratiques agroécologiques et de supprimer totalement l’usage des pesticides de synthèse.

Mais l’intérêt ne se limite pas à l’absence de produits toxiques. Les légumes du potager sont aussi plus riches sur le plan nutritionnel. Une étude publiée en 2024 dans la revue The Lancet PlanetaryHealth montre que les légumes consommés juste après la récolte contiennent jusqu’à 40 % de vitamines et d’antioxydants en plus que ceux transportés sur de longues distances.

Le Rapport mondial sur la nutrition 2024 insiste également sur l’importance des légumes-feuilles comme l’amarante, l’épinard ou la laitue. Faciles à cultiver, ils jouent un rôle essentiel dans la lutte contre les carences en fer et en vitamine A, encore très répandues dans les villes africaines.

Une solution rapide et à la portée de tous

Contrairement aux idées reçues, créer un potager ne demande pas beaucoup de temps. D’après les données du CIRAD, des cultures à croissance rapide comme la grande morelle, la laitue ou le gombo peuvent être récoltées en moins de 45 jours.

Cette rapidité est déterminante en période de crise. Dans une vidéo largement partagée, l’agronome Claude Bourguignon explique que 20 mètres carrés de potager peuvent couvrir environ 30 % des besoins en légumes frais d’une famille de quatre personnes. C’est une réponse concrète et immédiate à l’inflation alimentaire.

Lire aussi : DÉBUT DE SAISON AGRICOLE : Les femmes rurales comme le bastion du succès attendu

Le potager fa milial ne représente donc pas seulement une économie d’argent. Il est une reprise de contrôle sur son alimentation et sa santé. Comme le rappelle un rapport de l’ONG Grain sur la souveraineté alimentaire, la première protection sociale commence par un sol vivant à la maison. Cultiver son potager, c’est refuser de subir les dérives d’un système agroalimentaire fortement dépendant de la chimie.

 

Innocent AGBOESSI

Share the Post:

Articles Similaires