SOUTENANCE DE THÈSE EN FERTILITÉ DES SOLS

À l’Université Nationale d’Agriculture (UNA), site d’Awaï, la soutenance de thèse de Ogoudjobi Ladékpo Sylvain a mis en lumière une problématique sensible pour l’agriculture béninoise.

Selon Dr Sylvain Ogoudjobi, 94,44 % des herbicides utilisés dans le Plateau ne sont pas homologués

À l’Université Nationale d’Agriculture (UNA), site d’Awaï, la soutenance de thèse de Ogoudjobi Ladékpo Sylvain a mis en lumière une problématique sensible pour l’agriculture béninoise. Il s’agit de l’usage des herbicides dans les palmeraies et leurs effets sur la fertilité des sols. À l’issue des échanges scientifiques, le candidat a été élevé au grade de Docteur en Sciences agronomiques, option Production végétale et ressources phytogénétiques, avec la mention Très honorable.

À l’Université Nationale d’Agriculture (UNA), site d’Awaï, la soutenance de thèse de Ogoudjobi Ladékpo Sylvain a mis en lumière une problématique sensible pour l’agriculture béninoise.

Intitulée « Contrôle chimique des mauvaises herbes en plantation de palmier à huile au Bénin : effet de l’herbicide à base de glyphosate sur le sol et la plante », la recherche s’est intéressée au système sol–plante–environnement dans les plantations de Elaeis guineensis, culture stratégique pour l’économie nationale.

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Les travaux et résultats de terrain

L’étude s’est d’abord appuyée sur une enquête menée auprès de 332 producteurs répartis dans les communes de Kétou, Sakété, Ifangni, Pobè et Adja-Ouèrè, dans le département du Plateau. Premier constat préoccupant : 94,44 % des herbicides utilisés ne sont pas homologués par l’État béninois. Cinq matières actives dominent les pratiques. A savoir : le glyphosate, le paraquat, l’atrazine, le nicosulfuron et le 2,4-D diméthylamine.

Plus de la moitié des producteurs (53,20 %) privilégient les formulations à base de Glyphosate, principalement pour leur efficacité. Les déterminants de l’usage sont multiples et se réfèrent à la performance du produit (28,6 %), le mimétisme entre producteurs (21,8 %), la facilité d’accès (14,8 %), la simplicité d’application et le gain de temps (12,6 % chacun), sans oublier la réduction de la main-d’œuvre (9,6 %).

Mais les perceptions paysannes traduisent une inquiétude croissante. Plus de 70 % des enquêtés estiment que les herbicides ont contribué à la baisse de la fertilité des sols et des rendements. Les essais expérimentaux conduits par le doctorant viennent en partie conforter ces craintes.

À forte dose (1920 g/ha) et après trois années d’application répétée, le glyphosate entraîne une diminution significative de la matière organique, des nutriments du sol et de la macrofaune. Une baisse de plus de 10 % du rendement en régimes a également été observée. Des résidus ont par ailleurs été détectés dans le sol, les organes végétatifs et les fruits, parfois au-delà des normes internationales.

Au-delà de la performance académique, cette thèse relance le débat sur la durabilité des pratiques de désherbage en palmeraie. Entre impératif de productivité et préservation des ressources, le Dr Sylvain Ogoudjobi appelle à un encadrement plus strict des produits phytosanitaires et à la promotion d’alternatives respectueuses de la fertilité des sols.

Jean-Baptiste HONTONNOU

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