ACCES AU MARCHE

Malgré leur rôle central dans la production agricole, les femmes au Bénin continuent de subir de fortes difficultés d'accès aux marchés. Ces obstacles limitent leur capacité à valoriser pleinement leurs récoltes et à contribuer à la transformation de l’agriculture nationale.

Véritable goulot d’étranglement pour les femmes agricultrices

Malgré leur rôle central dans la production agricole, les femmes au Bénin continuent de subir de fortes difficultés d’accès aux marchés. Ces obstacles limitent leur capacité à valoriser pleinement leurs récoltes et à contribuer à la transformation de l’agriculture nationale.

Malgré leur rôle central dans la production agricole, les femmes au Bénin continuent de subir de fortes difficultés d'accès aux marchés. Ces obstacles limitent leur capacité à valoriser pleinement leurs récoltes et à contribuer à la transformation de l’agriculture nationale.

Les femmes, à elles seules, font face à de nombreuses difficultés, dont l’écoulement du peu de production agricole qu’elles réalisent. Elles rencontrent particulièrement des obstacles pour accéder aux marchés, alors même qu’elles produisent, selon le FIDA, jusqu’à 80 % des denrées alimentaires dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Ces barrières continuent de freiner leur pleine contribution à la transformation de l’agriculture béninoise.

En effet, dans plusieurs localités du Bénin, les femmes contribuent fortement à la production agricole, notamment dans les filières soja, riz, maïs et bien plus encore. Elles participent activement aux travaux champêtres, à la transformation et parfois même à la commercialisation. Pourtant, l’écoulement de leurs produits vers les marchés demeure un véritable casse-tête pour nombre d’entre elles.

Des contraintes qui surpassent le nombre de productrices

Les contraintes d’accès au marché sont nombreuses, presque aussi nombreuses que les femmes qui travaillent la terre, si bien qu’il serait difficile de toutes les énumérer. Productrice de soja, Maria TakouIdrissou explique que malgré les efforts fournis dans les champs, la commercialisation reste difficile. « Nous produisons, mais nous n’arrivons pas toujours à vendre nos produits », confie-t-elle. Selon elle, les grands producteurs rencontrent moins de difficultés pour accéder aux marchés et trouver des acheteurs, contrairement aux petites productrices qui disposent de peu de moyens logistiques et financiers.

Le manque d’informations sur les marchés constitue l’un des principaux obstacles. Dans certaines zones rurales, les femmes ne disposent pas toujours d’informations fiables sur les prix pratiqués ou sur les opportunités de débouchés pour leurs produits. Cette situation les oblige souvent à vendre à des intermédiaires à des prix peu avantageux. « Parfois, nous gardons le soja jusqu’à la prochaine campagne », a-t-elle ajouté.

À ces contraintes s’ajoute l’insuffisance de moyens financiers et de mobilité. Le manque de capital empêche de nombreuses productrices de transporter leurs produits vers de grands marchés ou de les conserver pendant un certain temps pour attendre de meilleurs prix. Les difficultés de transport et l’état de certaines routes rurales compliquent également l’acheminement des récoltes.

Les contraintes socioculturelles représentent aussi un frein important. Dans plusieurs communautés, les femmes doivent concilier leurs activités agricoles avec les responsabilités familiales, ce qui limite leur disponibilité pour la commercialisation ou les déplacements vers les centres de vente. « Nous travaillons sans relâche dans les champs tout en assumant les responsabilités familiales, ce qui limite notre temps pour vendre », a-t-elle confié.

La filière rizicole

Dans la filière rizicole, la situation semble toutefois connaître une légère amélioration. Productrice de riz, Zakia Kora souligne que l’appui de certains projets intervenant dans la filière riz au Bénin contribue à faciliter l’accès au marché pour les productrices. Cet accompagnement permet notamment de mieux organiser la production, d’améliorer la qualité du riz et de renforcer les capacités des productrices en matière de commercialisation.

Malgré ces avancées, Zakia Kora pointe également du doigt plusieurs difficultés persistantes, notamment le manque d’informations sur les marchés, l’insuffisance de moyens financiers et de mobilité, ainsi que certaines contraintes socioculturelles qui limitent encore les possibilités des femmes productrices.

Au-delà du secteur agricole !

Le problème dépasse le secteur agricole et touche aussi la passation des marchés publics. Selon un rapport d’ONU Femmes, les entreprises détenues par des femmes peinent à bénéficier des dépenses publiques en raison de plusieurs obstacles structurels, notamment les préjugés sexistes, le poids du secteur informel, l’accès limité au crédit ainsi que le manque d’informations et de réseaux professionnels. Ces facteurs réduisent leur capacité à répondre aux appels d’offres et à accéder aux opportunités économiques.

Lire aussi : INSERTION DES JEUNES DIPLOMES DES LYCEES AGRICOLES/UNIVERSITES DANS LA RIZICULTURE : Le CCR-B et le projet Delta Mono dressent le bilan de l’accompagnement

Au total, ces différentes contraintes montrent que l’accès des femmes aux marchés, qu’ils soient agricoles ou publics, reste fortement influencé par des inégalités structurelles qui nécessitent des politiques ciblées pour favoriser une participation économique plus équitable.

Face à ces défis, de nombreuses productrices appellent à un renforcement des initiatives d’accompagnement, notamment en matière d’accès à l’information, de financement et d’organisation des circuits de commercialisation. Car pour elles, produire ne suffit pas : encore faut-il pouvoir accéder facilement aux marchés pour écouler les récoltes et améliorer durablement leurs revenus.

Aboubakar FAÏSSAL

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