AGRICULTURE BIOLOGIQUE EN AFRIQUE

L’agriculture biologique en Afrique connaît, en 2024, une baisse importante de ses superficies certifiées. Selon le rapport The World of Organic Agriculture, publié par l’Institut de recherche de l’agriculture biologique, les terres consacrées au bio ont diminué de 17,6 %. Cette situation marque un tournant pour le secteur, principalement en raison des nouvelles règles imposées par l’Union européenne.

En Afrique, la perte de 600 000 hectares en un an entrave la dynamique

L’agriculture biologique en Afrique connaît, en 2024, une baisse importante de ses superficies certifiées. Selon le rapport The World of Organic Agriculture, publié par l’Institut de recherche de l’agriculture biologique, les terres consacrées au bio ont diminué de 17,6 %. Cette situation marque un tournant pour le secteur, principalement en raison des nouvelles règles imposées par l’Union européenne.

L’agriculture biologique en Afrique connaît, en 2024, une baisse importante de ses superficies certifiées. Selon le rapport The World of Organic Agriculture, publié par l’Institut de recherche de l’agriculture biologique, les terres consacrées au bio ont diminué de 17,6 %. Cette situation marque un tournant pour le secteur, principalement en raison des nouvelles règles imposées par l’Union européenne.

L’année 2024 restera marquante pour l’agriculture biologique en Afrique. Les superficies consacrées au bio sont passées d’environ 3,4 millions d’hectares à un peu plus de 2,8 millions d’hectares. Cela représente une baisse de 600 000 hectares en une seule année. Il s’agit de la première diminution observée depuis 2011.

Cette contraction ne signifie pas un abandon du secteur. Elle s’explique en grande partie par l’entrée en vigueur du nouveau règlement biologique de l’Union européenne. Désormais, les produits biologiques importés doivent respecter exactement les mêmes normes que celles appliquées aux producteurs européens. L’ancien système, qui acceptait des normes jugées équivalentes, a été supprimé.

Avec ces nouvelles exigences, plusieurs organismes de certification ont dû revoir leurs données. Certaines terres auparavant considérées comme biologiques ne remplissent plus totalement les nouvelles conditions. Cette mise à jour explique en grande partie la réduction des superficies déclarées.

Lire aussi : AVICULTURE : Le Gabon enclenche la fin des importations de poulets de chair d’ici 2027

Les terres biologiques en Afrique

Aujourd’hui, l’Afrique représente 2,8 % des terres biologiques mondiales. Pourtant, l’agriculture biologique n’occupe que 0,2 % des terres agricoles totales du continent. Ces chiffres montrent que le potentiel de développement reste important.

La répartition des superficies reste concentrée dans quelques pays. L’Ouganda arrive en tête avec plus de 505 000 hectares certifiés. Le Burkina Faso suit avec 251 000 hectares, puis l’Éthiopie avec 227 000 hectares. Le Togo occupe la quatrième place avec plus de 225 000 hectares. À eux seuls, ces quatre pays regroupent près de la moitié des terres biologiques du continent.

Malgré la baisse des superficies, le commerce du bio africain progresse. En 2024, les exportations ont atteint 687 395 tonnes, soit une hausse de 7,6 % par rapport à l’année précédente. L’Union européenne reste le principal client et absorbe plus de 62 % des exportations. Les États-Unis occupent la deuxième place et ont augmenté leurs achats de plus de 24 % en un an.

Le soja et ses produits dérivés représentent près de la moitié des exportations biologiques africaines. Les huiles végétales, notamment l’huile d’olive, ainsi que la banane complètent les principaux produits vendus à l’étranger. Le Togo se distingue comme premier exportateur, principalement grâce au soja. La Tunisie est reconnue pour son huile d’olive biologique.

Les perspectives restent encourageantes. En 2025, quatorze pays africains ont adopté des politiques ou des lois en faveur de l’agroécologie. De plus, quarante-deux universités proposent des formations spécialisées dans ce domaine. Ces avancées montrent que l’agriculture biologique continue de se structurer.

Le recul des superficies en 2024 marque donc une phase d’adaptation plutôt qu’un affaiblissement durable. L’agriculture biologique africaine entre dans une nouvelle étape, plus exigeante, mais aussi plus structurée pour répondre aux standards internationaux.

Innocent AGBOESSI

Share the Post:

Articles Similaires