CAFÉ MÉDIA – FEMME ET AGRICULTURE À «LE RURAL»

Un pas vers l’amplification de la voix des femmes rurales

Le 24 mai 2025, les locaux du journal Le Rural ont accueilli un Café Média pas comme les autres. Le thème ? « Médias et agriculture : comment amplifier la voix des femmes rurales ? ». L’événement a mêlé chaleur humaine, réflexion de fond et énergie collective. Un espace où défis, expériences et espoirs se sont entrecroisés pour faire émerger des perspectives nouvelles.

 

 

Une atmosphère conviviale dès le départ

Dès les premières notes de musique d’accueil, une ambiance chaleureuse s’est installée. Les participants, venus de divers horizons, ont été reçus avec bienveillance par l’équipe de LE RURAL. Ensuite, le maître de cérémonie, Jean-Baptiste Hontonnou, a ouvert la séance. Il a tout de suite donné la parole à Scarlette Bassa, responsable marketing et représentante du Directeur de publication du journal.

Par la suite, un bref aperçu de la structure LE RURAL a été présenté, avant que Kilvine Assogba-Kokoye, représentante de REFJA Coordination-Bénin, n’introduise le Réseau Africain des Femmes Journalistes Agricoles (REFJA).

Une mission claire : valoriser les femmes journalistes agricoles

Créé pour soutenir les femmes journalistes dans le secteur agricole, REFJA a pour mission de renforcer les compétences, de faciliter l’accès aux ressources et de promouvoir des synergies entre professionnelles du continent. « Notre mission est de promouvoir et de soutenir les femmes journalistes spécialisées dans l’agriculture en facilitant l’accès à des ressources, en créant un réseau solide et en encourageant l’échange d’expertise et de bonnes pratiques », a précisé Kilvine Assogba-Kokoye.

Au cœur de cette matinée, Ruth Edoh, journaliste agricole, a présenté le concept du Café Média. Son exposé a posé les bases du débat : trop peu de femmes rurales sont visibles dans les médias, et les récits agricoles restent encore largement dominés par des voix masculines. Selon elle, amplifier la voix des femmes rurales, c’est aussi donner de l’élan à des communautés entières. « Quand une femme rurale est médiatisée, ce n’est pas seulement sa voix qui porte, c’est toute une communauté qui gagne en confiance », a-t-elle souligné.

Les témoignages ont ensuite pris le relais, captivants et sincères. La présentatrice radio et télé, Vanessa Zannou, a souligné combien de transformatrices agricoles produisent des merveilles… mais restent invisibles. Manque de confiance face à une caméra, peur de se mettre en avant sur les réseaux : de réels freins profonds.

Un échange participatif et dynamique

Pour Madeleine Atodjinou, journaliste également, le véritable obstacle est le déficit de formation. Les femmes, dit-elle, doivent apprendre à croire en elles. Un avis partagé par Maëlle Anato, journaliste voix off, qui a rappelé que l’art de la communication, même s’il peut être inné, a besoin d’être accompagné. Selon elle, certaines femmes veulent se faire entendre, mais sont bridées par leur environnement et leur vécu. Résultat : des produits médiocres gagnent en visibilité alors que des produits de qualité stagnent dans l’ombre.

Le 24 mai 2025, les locaux du journal LE RURAL ont accueilli un Café Média pas comme les autres. Le thème ? « Médias et agriculture : comment amplifier la voix des femmes rurales ? ». L’événement a mêlé chaleur humaine, réflexion de fond et énergie collective. Un espace où défis, expériences et espoirs se sont entrecroisés pour faire émerger des nouvelles perspectives.

Chaque prise de parole a donné lieu à de courtes interactions avec le public. Des échanges riches et spontanés, où les langues se sont déliées autour de trois questions fondamentales : Quelles sont les barrières à la prise de parole des femmes rurales ? Quel rôle les journalistes peuvent-ils jouer ? Et quels formats médiatiques seraient les plus adaptés pour valoriser ces voix féminines oubliées ?

Le point de frisson

Un point de friction majeur a émergé au cours des débats : la demande fréquente d’argent de la part des femmes rurales lorsqu’un journaliste souhaite les filmer ou photographier leurs produits. Ce comportement, hérité des pratiques d’ONG qui viennent souvent avec des compensations financières, complique le travail de terrain des journalistes.

« Ce problème va toujours persister, car ces entrepreneurs ont l’habitude de recevoir de l’aide auprès des ONG, et venir prendre leurs images les mains vides ne serait pas chose facile », a fait remarquer un intervenant. Il a ajouté, non sans pertinence : « Après avoir gagné leur confiance, il ne suffit pas de rapporter leurs mots. Il faut rapporter leur monde, leur quotidien, leurs réalités. » La discussion sur les formats médiatiques a suscité un véritable enthousiasme.

De la réflexion à l’action

Le moment fort de la matinée fut l’activité de brainstorming par groupes. Chaque groupe devait proposer une idée concrète pour donner la parole aux femmes rurales dans les médias. Les restitutions ont révélé un esprit d’innovation palpable : Il a été question de multiplier les descentes sur le terrain, d’adopter les codes vestimentaires, linguistiques et sociaux des milieux visités, de produire des contenus en langues locales, d’organiser des panels exclusivement féminins, ou encore de nouer des partenariats avec des associations proches des communautés rurales.

Le 24 mai 2025, les locaux du journal LE RURAL ont accueilli un Café Média pas comme les autres. Le thème ? « Médias et agriculture : comment amplifier la voix des femmes rurales ? ». L’événement a mêlé chaleur humaine, réflexion de fond et énergie collective. Un espace où défis, expériences et espoirs se sont entrecroisés pour faire émerger des nouvelles perspectives.

Certains ont proposé d’éviter les caméras au premier contact pour instaurer la confiance, ou encore de développer des plaidoyers pour faciliter l’accès des femmes à la terre. D’autres ont mis en lumière la nécessité d’impliquer les hommes, souvent époux de ces femmes invisibles, afin qu’ils soutiennent la parole de leurs conjointes.

Ce Café Média a été un véritable succès. Il ouvre un chemin fertile pour faire émerger, dans les récits agricoles, celles qui en sont les piliers silencieux depuis trop longtemps.

Lire aussi : LEGUMES : Substance vitale de la nutrition toujours négligée au Bénin

Innocent AGBOESSI

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