La légumineuse qui nourrit les sols et les hommes
De nos jours, le recours aux engrais chimiques est devenu une habitude chez de nombreux producteurs, soucieux d’améliorer la croissance des cultures et d’augmenter les rendements. Pourtant, ces solutions offrent souvent des résultats temporaires. À moyen terme, les sols s’appauvrissent et les rendements finissent par diminuer. Face à cette réalité, des alternatives naturelles émergent : fabrication de compost, adoption de pratiques agroécologiques, utilisation de plantes fertilisantes. Parmi ces solutions simples et efficaces figure le Cajanus cajan, une légumineuse aux multiples vertus.
Originaire d’Asie tropicale, le Cajanus cajan, également appelé pois cajan, est bien plus qu’une simple culture vivrière. Résistant à la sécheresse et riche en protéines, il nourrit à la fois les populations et les sols.
« Depuis que je cultive le Cajanus cajan, mes champs sont plus fertiles et mes récoltes plus régulières », a confié Nafissatou Seidou, Productrice à Bembereke, membre du Champ école Agroecologie féminin de Keroukpogoh. La plante peut atteindre jusqu’à trois mètres de hauteur. Ses graines sont consommées par les familles et servent aussi d’aliment pour le bétail. « Nous utilisons les graines pour nourrir nos enfants et parfois nos poules, raconte Baba Idriss, producteur à Bohicon. Cela nous permet d’économiser sur l’achat d’aliments pour animaux. »
Une plante fertilisante naturelle du sol
L’un des principaux atouts du Cajanus cajan réside dans sa capacité à enrichir naturellement le sol en azote grâce à la symbiose entre ses racines et des bactéries du genre Rhizobium. « Nos sols étaient épuisés, mais après avoir introduit cette pratique auprès des producteurs, la terre est redevenue plus productive », explique Dr Ammadou Alassane Manne, Responsable Conseil Agricole et Formation à l’IRC. Les résidus de la plante, une fois incorporés au sol, servent d’amendement organique, améliorant la structure et la fertilité des champs.
Peu exigeant, le Cajanus cajan s’intègre facilement dans les systèmes de culture. Il est souvent cultivé en association avec le maïs, le sorgho ou le mil, permettant d’optimiser l’espace et d’accroître la productivité globale tout en régénérant les sols. « Je mélange toujours les tiges avec la terre après la récolte ; cela nourrit le sol et améliore mes cultures suivantes », explique Sabi Goga Bio Bouraïma, producteur.
Cette légumineuse joue ainsi un double rôle : elle contribue à la sécurité alimentaire tout en soutenant une agriculture durable et respectueuse de l’environnement. Comme le résume Dr Manne : « Investir dans cette plante, c’est investir dans l’avenir de nos champs et de nos communautés. »
Autres bienfaits de la plante
Au-delà de la fertilisation naturelle, le Cajanus cajan aide également à lutter contre l’érosion grâce à son couvert végétal, protège le sol contre les intempéries et favorise la biodiversité locale. Après la récolte, ses tiges et feuilles peuvent être broyées et enfouies dans le sol comme compost naturel, renforçant davantage sa richesse organique.
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Le Cajanus cajan n’est donc pas seulement une plante nourricière ; c’est un véritable ingénieur écologique. En conciliant production alimentaire et amélioration durable de la fertilité des sols, il illustre parfaitement le potentiel des légumineuses dans la construction d’une agriculture résiliente et respectueuse de l’environnement.
Vignon Justin ADANDE


