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1er groupe de presse agricole en Afrique de l’Ouest

CIRE D’ABEILLE : Un trésor apicole aux multiples avantages peu valorisé

 CIRE D’ABEILLE : Un trésor apicole aux multiples avantages peu valorisé

Au Bénin, l’apiculture constitue une source potentielle non négligeable de revenu pour la population. Après le miel, d’autres produits sont issus de cette activité, comme la cire d’abeille. Un produit aux propriétés très appréciées et délaissé au profit du miel

(Stag)  Maëlle ANATO

Agencement d’écailles en forme d’hexagones formant la ruche. C’est ainsi qu’on pourrait décrire la cire d’abeille. Produite à 100% par les abeilles ouvrières, la cire d’abeille communément appelé « gâteau de miel » présente un aspect solide au toucher contrairement aux autres produits comme le miel, le propolis, la gelée royale et le pollen.  Elle est blanche aux premiers instants de production mais prend progressivement une teinte plus foncée au contact du pollen et de la propolis qui se trouvent également dans la ruche. Ses alvéoles jouent un rôle de stockage pour le pollen, les œufs et le miel. L’extraction de ce produit de ruche se fait de plusieurs manières. En milieu rural,  les apiculteurs utilisent des cérificateurs solaires, dont le principe est de faire fondre la cire et la débarrasser de toutes formes de saleté avant utilisation. Les cadres des ruches sont prélevés et placés derrière la vitre du cérificateur. Sous l’action de la chaleur solaire, la cire va fondre et traverser un filtre purificateur avant de couler la cire propre dans des contenants prêts à l’emploi ou à la vente. Dans le Nord Bénin, une autre méthode consiste à extraire la cire par le bain-marie. « On a une marmite en contact avec le feu qui contient de l’eau et un seau en aluminium dans lequel on met les résidus. Il faut passer par le bain-marie et éviter de mettre la cire en contact du feu pour avoir une cire de bonne qualité », a expliqué Dr Soumanou Raïmi, apiculteur et responsable d’une miellerie à Savalou.

Cire d’abeille : quelle utilité ?

On retrouve dans la composition de la cire d’abeille plus de 300 molécules dont les  principales sont des esters, des acides gras, des sucres, des protéines, de la vitamine A en quantité importante. Malléable à température ambiante, elle devient liquide lorsque son point de fusion atteint les 65°C. Cet état de chose facilite son utilisation dans divers domaines. Elle occupe la première place dans la production des bougies. « Les bougies en pure cire d’abeille ne nécessitent aucun adjuvant. Par conséquent, elles sont 100% naturelles et non-toxiques, respectant le bien-être de toute la famille », peut-on lire sur le site Trésors de la Ruche.

En cosmétologie, les propriétés émollientes et protectrices de la cire d’abeille sont fortement appréciées dans la nutrition des peaux sèches et matures et dans le maintien naturel de l’élasticité de la souplesse. Elle est retrouvée dans des produits tels que les pommades, les crèmes, les gels pour cheveux, les savons pour les femmes. On la retrouve dans l’industrie pharmaceutique sous forme de gélules. Sur les plans alimentaire et ménager,  la cire fondue et transformée est utilisée comme emballage alimentaire afin d’amoindrir l’usage des films plastiques. Elle est utilisée pour cirer les meubles et les chaussures en cuir. Sur ces dernières, elle agit comme un imperméabilisant. On l’utilise aussi pour prévenir la rouille des outils et l’entretien des objets d’ouverture tels que les gongs des portes, les jonctions des machines industrielles. Dans l’industrie du bois, ce résidu de ruche est fortement utilisé par les sculpteurs pour vernir les meubles.

Par ailleurs, il n’existe malheureusement pas de statistiques fiables pour exprimer le poids économique de ce trésor naturel au Bénin. « C’est un problème de connaissances. Les apiculteurs qui connaissent la valeur de la cire ne jettent pas les résidus. Il y en a qui n’ont plus de temps après la récolte du miel et jettent la cire alors que la demande est forte », a déploré l’apiculteur. Pour remédier à cet état de choses, la formation des apiculteurs aux nouvelles demandes du marché est donc primordiale.

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