Abomey-Calavi
Agrobusiness

COVID -19 AU MARCHE DE COCOCODJI: Des vendeuses de ce marché dans le désarroi…

Le marché de Cococodji s’impose désormais comme l’un des plus hauts lieux d’échanges commerciaux de la commune d’Abomey Calavi et du Bénin. Autrefois l’affluence qui y régnait les jours de marché, est telle qu’elle perturbe quelque fois les usagers de la route et entraîne même des accidents. Cependant la pandémie du coronavirus, cet invité indésirable ne laisse rien sur son passage. A elle seule suffit pour mettre fin ou du moins freiner le trafic. Plus de clients en nombre important même les jours de marché. Dans son reportage l’équipe de la rédaction de LE RURAL note une Covid qui dicte sa loi.

Par Hosana BEKOU

Situé à quelques mètres de la route inter -Etat Cotonou Lomé, le marché de Cococodji est l’un des plus grands marchés du sud – Bénin après celui de Dantokpa. Ce marché s’anime tous les cinq jours. Dans ce marché on y retrouve un peu de tout. Des Bijoux, des boissons, des chaussures, des pagnes et bien d’autres articles. Une chose que confirme dame charlotte revendeuse dans ce marché « dans notre marché ici il y a un peu de tout c’est un peu comme le grand marché de Tokpa. Nous ne vendons pas quelque chose de spécial. Nous vendons tout ce qui est favorable dans le commerce que ce soit de la tisane, les peaux d’animaux ». Étalées sous une trentaine de kiosques, ces marchandises sont exposées selon le goût de chaque vendeuse. Ici chaque produit a son rayon. Autrefois le marché était presque inaccessible aux jours d’animations à cause du fort taux des vendeurs comme des clients qu’il enregistre. Ils étaient près de 1000 commerçants et visiteurs qui se bousculaient dans ce marché pour effectuer leurs échanges commerciaux. C’est avec beaucoup d’enthousiasme que ces bonnes dames s’y rendaient pour liquider leurs marchandises afin de subvenir à leurs besoins et se faire quelques économies.

L’affluence des grands jours de marché devenue un mythe…

Malheureusement le Coronavirus a mis fin aux beaux jours que vivait ce marché. « Avec le temps qui court je ne vends plus. Avant l’arrivée de la maladie je vendais deux, parfois trois bidons de pétrole les jours de marché. Mais maintenant je fais trois jours avec un seul bidon. Le commerce est très difficile pour nous ces temps si. On doit payer nos factures, manger et instruire nos enfants, franchement c’est très compliqué » se désole dame Victoire, revendeuse de pétrole. Tout en aspergeant d’eau ses peaux de bœuf communément appelé KPAMMAN ; qui constitue son petit commerce, cette dame qui se fait appeler affectueusement maman Claire par ses pairs, laisse entendre que « depuis l’arrivée de la maladie je n’arrive plus à liquider une seule bassine en une journée. Depuis le matin que je suis venu je suis encore sur la seule bassine ». Elle finira par conclut avec un air de déception que « plus personne ne fait attention à nos étalages ». Rose sa fille qui l’accompagne depuis dix dans ce marché ajouta « aujourd’hui le marché ne s’anime plus comme avant, on ne vend plus. Avant quand on venait le matin on rentrait le soir à pied parce que nous arrivions à vendre toute notre marchandise mais maintenant on est encore obligé de prendre zem parce que nous ne liquidons pas assez de chose. Les peaux de bœuf pèsent beaucoup » le triste constat est également fait le jour du marché « vous pouvez même conduire une voiture à l’intérieur du marché le jour du marché » lança dame Victoire avec un air moqueur. Elle poursuit en disant « c’est vraiment triste mais que pourrions-nous faire si ce n’est qu’espérer un changement ».

Cet état de chose qui affecte toutes les revendeuses de ce marché touche particulièrement les vendeuses de fromage « on nous envoie le fromage de Savè, Djidja, Kétou et dans certains villages du Nord, ce qui fait qu’actuellement le fromage est très cher. Depuis l’arrivée du corona le transport nous revient trois fois plus chère ; ce qui nous oblige à augmenter le prix. On me prenait par exemple 1000 Fcfa pour ce petit sceau mais maintenant on me prend 2000 Fcfa. Avant, les fromages que j’achetais l’unité à 700 Fcfa, m’est vendue actuellement à 900Fcfa. Les clients ont du mal à acheter et ce n’est pas de leur faute. » Elle poursuit en expliquant les contraintes qui l’oblige à vendre malgré elles ces fromages à un prix parfois plus bas que celui d’achat « Quand tu prends une bassine de fromage ça peut faire jusqu’à deux semaines chez toi alors qu’il faut chauffer chaque jour pour que ça ne se gâte pas. Plus tu réchauffes le fromage, plus sa grosseur diminue ce qui fait qu’on vend toujours moins cher que le prix d’achat. Cette situation ne nous arrange pas du tout ». Face à tout ce désarroi, ces vendeuses souhaitent vivement la fin de cette pandémie. Il faut noter dores et déjà que le gouvernement s’active jour comme nuit afin de faciliter les conditions de vie de ces femmes vendeuses dans ce haut lieu d’échanges commerciaux.

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