Abomey-Calavi
Entretien

DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE DE LA COTE D’IVOIRE PAR LE MOYEN DE LA TRANSFORMATION LOCAL: « Nous pouvons réaliser un PIB de 200.000 milliards en Côte d’ivoire » dixit Honoré GBONDO

M. Honore Kouamé GBONDO, président de la Plate-forme TFA (Tous Frères et Associés).

Vous avez lancé TFA, qui prône depuis deux ans, le développement économique de la Côte d’Ivoire et même de l’Afrique. Qu’en est-il du bilan de vos actions menées sur le terrain ?

Notre organisation milite pour la transformation locale de nos matières premières et de nos vivriers y compris nos plantes médicinales. Nous avons même créé un concept économique dénommé VNC (Vision Nationale Commune) pour conduire notre pays vers une industrialisation durable et profitable à tous. Pour revenir à votre question, je dirai qu’aujourd’hui l’idée de transformer localement nos produits devient de plus en plus réelle. Nous saluons ce bon début mais nous appelons l’Etat à mettre en œuvre tous les points cumulatifs de la VNC.

En effet, la VNC recommande la mise en œuvre de trois (03) principes cumulatifs: la transformation locale de nos produits, l’adoption de la Détaxe ou Duty free et la déréglementation des procédures administratives et la mise en place de grands groupes industriels ivoiriens et l’accompagnement des industriels ivoiriens pour que les ivoiriens détiennent au moins 70% de notre industrialisation. Nous devons tout faire pour que la Côte d’ivoire adopte ce concept économique #VNC

Le 2 avril dernier, Patrick Achi a lancé à Aboisso, le Projet des chaînes de valeurs compétitives pour l’emploi et la transformation. Votre commentaire ?

Nous disposons des ressources les plus importantes et décisives. Notamment, nous sommes premier producteur mondial de cacao, de cajou, de cola; Nous sommes troisième en Hévéa, nous disposons de manioc, de mangues et autres. Bref, nous disposons de matières premières et de vivriers en abondance. Pour les ressources humaines c’est pareil, nous avons assez de techniciens et ingénieurs capables de lancer notre industrialisation. D’ailleurs vous avez noté comme nous que dernièrement 3000 docteurs au chômage manifestent pour avoir du boulot ! Nous avons les ressources humaines. Comme le dirait l’autre ” il n’y a de richesses que d’homme”

Pour les ressources financières, je dirai que la Côte d’ivoire n’est pas pauvre. En plus, si nous lançons notre révolution industrielle selon le concept VNC nous ne manquerons pas de moyens financiers. Nous pouvons réaliser un PIB de 200.000 milliards en Côte d’Ivoire. Et nous le ferons.

Le jeudi 23 juin 2022, JB Foods Limited, une holding d’investissement non ivoirienne a lancé les travaux de construction de son usine de traitement de cacao dans la zone industrielle  Pk- 24 d’Adzopé. Est-ce de cela que vous parlez, ou bien la vision de TFA est différente ?

Les actions de notre plateforme TFA ont permis ce revirement à 360 degré du discours de nos dirigeants et votre plateforme s’en réjouit. Aujourd’hui l’objectif est mis sur la transformation locale comme l’a toujours recommandé notre organisation. Cependant, je crains que cette révolution industrielle en Côte d’ivoire ne se fasse sans les ivoiriens et contre les ivoiriens.

En effet, le concept économique VNC (Vision Nationale Commune) de la TFA recommande trois points cumulatifs dont la mise en œuvre doit être concomitante. À savoir: la  transformation locale de nos matières premières, nos vivriers et nos plantes médicinales, la Détaxe ou Duty free qui est un système de simplification de nos fiscalités, la déréglementation administrative; et l’appui financier et l’accompagnement des nationaux. Le gouvernement se limite aujourd’hui au premier point en négligeant les autres. Et c’est dommage!

En plus, le gouvernement n’implique pas les organisations comme la nôtre dans la mise en place de ces politiques visant la transformation structurelle de notre économie. Le 04 Novembre dernier le premier ministre a été invité ainsi que d’autres ministres. Mais aucun membre du gouvernement n’a honoré notre invitation. Nous avons une demande d’audience sur la table du premier ministre qui reste sans réaction de sa part. Alors j’ai très peur pour l’avenir des ivoiriens. On endette les ivoiriens à coût de centaines de milliards pour des projets sans impact réel dans leur quotidien. Qu’est ce devenu l’agropole de yamoussoukro? Que sont devenus tous les projets de transformation de l’anacarde? Ce nouveau projet des chaînes de valeurs compétitives pour l’emploi et la transformation en quoi consiste-t-il? Que doit retenir le planteur quant à l’amélioration de ces conditions de vie? Nous avons fait des dons de kits scolaires aux enfants des planteurs de Tiassalé l’année dernière au vu de la souffrance et de la misère de nos parents. Nous demandons au premier ministre de nous accorder une audience pour que nous lui livrions notre concept économique pour le bonheur des ivoiriens. Et surtout nous demandons au gouvernement d’impliquer notre organisation dans la mise en place de ces projets.

Pour vous, quel est le danger que  court la Côte d’Ivoire, en acceptant ce genre d’investissement pour la transformation sur place de ses matières premières ?

La Côte d’ivoire et les ivoiriens courent un grand danger en laissant uniquement entre les mains des multinationales étrangères leur révolution industrielle.

Je m’explique. La chaîne des valeurs du cacao, par exemple, représente 60.000 milliards de francs CFA. Dans cette somme les producteurs que nous sommes ne tiennent que 5%, les broyeurs 8%, les transformateurs finis (chocolat et produits cosmétiques) reçoivent 44% et la chaîne de distribution et commercial 43%. Aujourd’hui les multinationales étrangères qui s’installent pour le cacao font essentiellement du broyage. Cela veut dire  que les 8% de la chaîne de valeur nous échappe encore car rapatriés par la multinationale. Et donc nos planteurs ne bénéficieront pas de sitôt d’amélioration du prix de leurs produits. Car l’acheteur  étranger imposera toujours son prix. En outre, notre économie sera toujours dépendante de l’endettement.

Il est urgent que nos autorités politiques tout en recevant les grands groupes étrangers  aide les nationaux à la mise en place d’un grand groupe industriel à capitaux ivoiriens pour la transformation locales de nos matières premières. Et que le gouvernement soutient les industriels ivoiriens à tenir la compétition avec les grands groupes étrangers. Sinon aujourd’hui le corpus industriel ivoirien part à la compétition pieds et mains liés.

Alors, la solution de TFA? On espère qu’on ne dira pas que vous troublez l’ordre public ou que vous incitez le monde paysan à la révolte.

Si parler en faveur des ivoiriens ou demander l’implication des ivoiriens dans leur révolution industrielle en cours c’est troubler l’ordre public, alors que les gens me traitent comme ils veulent. Car tant que les planteurs ne connaîtront pas une amélioration de leur condition de vie; tant que notre économie ne s’inscrit pas dans la durabilité, je parlerai.

Jusqu’où ira TFA, si la cause ne serait pas entendue ?

Je pense que la cause est déjà entendue, il faut seulement inviter le gouvernement à plus d’effort pour  le bonheur des ivoiriens. Nous appelons les ivoiriens au sursaut pour une révolution industrielle durable et profitable à tous en vue d’une prospérité partagée en Côte d’ivoire.

Mot de fin

J’invite les ivoiriens à nous rejoindre dans cette vision VNC en s’inscrivant massivement dans l’Élan National Citoyen que nous venons de lancer. 

Ruth EDOH

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