Cancel Preloader

1er groupe de presse agricole en Afrique de l’Ouest

DISTRIBUTION DES PRODUITS LOCAUX SUR LES MARCHES LOCAUX ET INTERNATIONAUX

 DISTRIBUTION DES PRODUITS LOCAUX SUR LES MARCHES LOCAUX ET INTERNATIONAUX

« Il reste beaucoup à faire pour améliorer la logistique… », dixit Edgar DEGUENON

Après la production, la distribution des produits locaux sur les marchés est enjeu crucial. Certains marchés présentent des exigences auxquelles les producteurs doivent satisfaire. Avec Edgar Maxime DEGUENON, nous abordons la question de la distribution et de la commercialisation des produits locaux sur les marchés locaux et internationaux. Il partage avec nous son expérience avec AMAP-Bénin.

Edgar DEGUENON, Coordonnateur de l’ONG Hortitechs Développement et fondateur AMAP Bénin

Présentez-vous s’il vous plaît !

Je m’appelle Edgar DEGUENON, Coordonnateur de l’ONG Hortitechs Développement et fondateur de l’Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne (AMAP Bénin).  Je travaille en collaboration avec une équipe technique dans le but de promouvoir les produits agricoles en général et les produits locaux fabriqués au Bénin en particulier.

Pourriez-vous nous présenter brièvement votre entreprise et les produits que vous commercialisez ?

La coopérative AMAP Bénin est un réseau de producteurs, de transformateurs et de distributeurs de produits locaux réunis sous le nom de « Distri Solidaire ».

Comment abordez-vous la question de la commercialisation et de la distribution de ces produits sur les marchés locaux ?

En ce qui concerne les produits locaux dans lesquels les coopérateurs d’AMAP Bénin s’investissent, nous les distribuons à l’échelle locale, nationale et également dans la sous-région. En ce qui concerne notre stratégie, plusieurs leviers sont utilisés. Tout d’abord, nous veillons à la qualité de ces produits. Cela comprend l’utilisation d’intrants de qualité lors de la production afin de préserver l’intégrité du produit, de ne pas nuire à l’environnement et de garantir la santé des consommateurs. En ce qui concerne la transformation, nous accordons une attention particulière au respect des normes d’hygiène, entre autres aspects. La présentation des produits joue également un rôle important, car nous cherchons à adopter des stratégies de marketing attrayantes. De plus, nous nous conformons aux réglementations en vigueur au Bénin. Il y a donc différents paramètres et leviers sur lesquels nous agissons pour réussir la mise sur le marché de ces produits.

Prenons par exemple l’intégrité des produits. Nous accordons une attention particulière aux produits biologiques.

Quels sont les principaux avantages et inconvénients de la commercialisation de ces produits sur les marchés locaux et internationaux ?

Parmi les principaux avantages de la commercialisation de ces produits sur les marchés locaux et internationaux, on peut mentionner tout d’abord la possibilité pour les consommateurs de bénéficier de produits locaux de meilleure qualité grâce à l’engagement des jeunes entrepreneurs. En ce qui concerne les inconvénients, il y a un risque pour les start-ups de se lancer dans la production de produits qui sont déjà critiqués par les consommateurs. C’est donc un désavantage pour eux, mais certaines institutions et ONG accompagnent les produits locaux afin qu’ils puissent gagner en part de marché sur les marchés locaux, nationaux et internationaux.

Comment est-ce que vous gérez les problèmes de transport et de logistique liés à la distribution de ces produits ?

En ce qui concerne les problèmes de transport et de logistique liés à la distribution de ces produits, nous faisons de notre mieux avec les ressources à notre disposition tout en respectant les normes. La question du transport varie en fonction des catégories de produits. Les produits déjà transformés, tels que les purées de tomates, les purées de piment, le riz local, le wassa-wassa, le couscous de fonio, sont relativement plus faciles à conserver et à transporter. En revanche, les produits frais tels que les légumes frais, les fruits et les produits d’origine animale comme les poulets et les viandes de bœuf nécessitent des mesures logistiques spécifiques. Il n’est pas facile de disposer d’une chaîne d’approvisionnement qui respecte les normes d’hygiène requises pour leur transport. Il reste donc beaucoup à faire pour améliorer la logistique et faciliter la distribution des produits locaux sur les marchés nationaux et internationaux au Bénin.

Quelles sont les stratégies que vous utilisez pour vous démarquer de la concurrence sur les marchés locaux ?

Alors, j’avais déjà parlé de l’une de ces stratégies, c’est d’abord le regroupement. Il ne sert à rien que chacun évolue dans son propre coin. AMAP Bénin est un regroupement et une mise en marché commune de tous les produits, tels que les légumes, les fruits, les jus de fruits, etc. Nous travaillons avec une vingtaine de transformateurs qui commercialisent leurs produits sous la même étiquette, ce qui permet à tous de défendre la même marque en respectant les normes définies.

Par exemple, pour obtenir l’autorisation de mise sur le marché d’un produit, il faut constituer un dossier complet à présenter à l’ABSA, ce qui implique des frais d’analyse à payer. Ensuite, une fois que vous avez déposé votre dossier à l’ABSA, des inspecteurs sont envoyés pour effectuer une visite dans votre unité et vérifier si les bâtiments et les locaux sont conformes aux normes. Si des non-conformités sont relevées, vous devez effectuer des travaux d’aménagement supplémentaires pour que votre installation soit aux normes. Cela nécessite un investissement financier considérable. Il serait donc préférable que les acteurs se regroupent pour trouver des stratégies permettant d’exploiter ensemble des unités de production, facilitant ainsi l’obtention de l’autorisation de mise sur le marché. Il est donc important que les acteurs se regroupent. Cela fait partie des stratégies.

Parmi les autres stratégies, nous utilisons la labellisation et nous protégeons les marques que nous avons créées. En collaboration avec la FUPRO Bénin, nous délivrons la certification SPG aux produits qui y sont inscrits. Ce certificat est protégé à l’OAPI (Organisation Africaine de Protection Intellectuelle) pour une durée de 10 ans, renouvelable. Ainsi, lorsque vous voyez ce logo sur un produit, vous savez qu’il s’agit d’un produit biologique certifié SPG. Au niveau de l’association AMAP Bénin, nous avons également une marque appelée AMAP sélection, qui est également protégée à l’OAPI pour une période de dix ans, renouvelable. Cela permet d’assurer aux consommateurs qui adoptent les produits de la coopérative AMAP Bénin. Il est également important de labelliser les produits et de protéger la marque. Cela fait partie des stratégies. Nous avons également mis en place des mesures d’assurance qualité, qui impliquent la formation régulière du personnel dans tous les domaines de la production et de la transformation.

Quels sont les défis auxquels vous êtes confrontés lors de la production et de la distribution de ces produits sur les marchés locaux ?

Parmi les défis auxquels nous sommes confrontés, il y a tout d’abord le problème récurrent des emballages. Au Bénin, il n’y a pas d’usine produisant des emballages tels que le verre et le plastique. Bien que nous ayons exploité des opportunités pour importer ces emballages de Chine par le passé, la situation a changé avec la pandémie de COVID-19 et d’autres mesures restrictives. Les transformateurs d’AMAP Bénin et d’autres acteurs du secteur sont donc confrontés à des problèmes d’approvisionnement en emballages. Ils sont donc obligés de se tourner vers le recyclage de ces emballages. Parfois, on constate même une pénurie de ces emballages, surtout lors des périodes de forte demande sur le marché, comme pour les jus d’ananas ou les jus de mangue.

 Une autre préoccupation concerne les boutiques spécialisées dans la vente de produits locaux. C’est un risque qu’elles prennent, car les produits locaux sont souvent critiqués. Beaucoup de ces boutiques ont besoin d’accompagnement. Il serait donc souhaitable que l’État prenne des mesures pour faciliter le travail de promotion de ces produits locaux.

Comment voyez-vous l’avenir de la commercialisation et de la distribution des produits locaux sur les marchés locaux et internationaux ?

Je vois un avenir prometteur pour les produits locaux du Bénin. Dans l’environnement des affaires, nous constatons un intérêt croissant des jeunes pour la promotion des produits locaux, tant au niveau de la production que de la commercialisation. De nombreux jeunes font des efforts pour obtenir l’autorisation de mise sur le marché et obtenir des certifications pour leurs produits. De plus, nous observons une diversification croissante des gammes de produits, tels que les jus de fruits, les épices, les spirits, les céréales et les farines, avec des améliorations constantes de leur qualité. Tout cela laisse présager un avenir positif pour les produits locaux. Cependant, il est essentiel de fournir un soutien adéquat, à la fois de la part du gouvernement et des ONG intervenant dans le secteur, afin que les acteurs puissent aller encore plus loin.

Edgar Maxime DEGUENON, merci !

Propos recueillis et transcrits par Cédric Joawo BAKPE

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *