FILIÈRE CAFE-CACAO AU TOGO

Les prix du cacao chutent brutalement au Togo après une année 2024 exceptionnelle. En ce début d’année 2026, l’effondrement des cours entraîne une accumulation préoccupante de stocks invendus, fragilise la filière café-cacao et impose une concertation urgente entre producteurs, acheteurs et exportateurs.

Les prix s’effondrent, les stocks invendus s’accumulent

Les prix du cacao chutent brutalement au Togo après une année 2024 exceptionnelle. En ce début d’année 2026, l’effondrement des coûts entraîne une accumulation préoccupante de stocks invendus, fragilise la filière café-cacao et impose une concertation urgente entre producteurs, acheteurs et exportateurs.

Les prix du cacao chutent brutalement au Togo après une année 2024 exceptionnelle. En ce début d’année 2026, l’effondrement des cours entraîne une accumulation préoccupante de stocks invendus, fragilise la filière café-cacao et impose une concertation urgente entre producteurs, acheteurs et exportateurs.

D’après les informations de la presse Agridigital de Togo les coûts du cacao s’effondrent après une période de forte hausse enregistrée en 2024. Durant cette année, le kilo de cacao pouvait atteindre jusqu’à 6 630 F CFA sur le marché togolais. Cette dynamique favorable s’est poursuivie au début de l’année 2025, avec des prix dépassant 4 420 F CFA/kg en janvier. En mai 2025, un dernier pic de volatilité a permis aux cours de franchir brièvement la barre des 5 525 F CFA/kg, avant un retournement progressif du marché.

À partir des mois d’août et septembre 2025, les coûts du cacao s’effondrent de manière continue. Le marché entre dans une phase de baisse persistante, avec des prix qui se stabilisent autour de 3 315 F CFA/kg. Cette évolution est liée à l’amélioration des perspectives de la campagne 2025-2026, qui a modifié l’équilibre entre l’offre et la demande. La tendance baissière s’est accentuée jusqu’en janvier 2026.

Une baisse drastique du prix de cacao

Le point le plus bas a été atteint le 23 janvier 2026, avec un prix de 2 240 F CFA/kg. Il s’agit du niveau le plus faible observé depuis deux ans, représentant une chute de plus de 62 % par rapport au sommet atteint en mai 2025. Les coûts du cacao s’effondrent ainsi dans un contexte marqué par une forte incertitude pour l’ensemble des acteurs de la filière.

Au 27 janvier 2026, une phase de relative stabilisation apparaît autour de 2 390 F CFA/kg. Cette évolution laisse envisager un léger rebond technique après les liquidations massives observées les semaines précédentes. Sur le terrain, les prix bord champ s’établissent à 1 800 F CFA/kg pour le café et oscillent entre 1 500 et 1 800 F CFA/kg pour le cacao. Ces niveaux restent supérieurs aux prix indicatifs fixés pour la période du 16 au 31 janvier 2026, soit 1 530 F CFA/kg pour le café et 1 885 F CFA/kg pour le cacao.

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En effet, selon les acteurs de la filière, ces prix bord champ couvrent encore les coûts réels de production, estimés à 550 F CFA/kg pour le café et 650 F CFA/kg pour le cacao. Toutefois, la persistance de la baisse constitue une source majeure d’inquiétude. Les cours du cacao s’effondrent pendant que les stocks invendus cherchent preneurs, ralentissant fortement les échanges commerciaux.

Des approches de solutions pour pallier à la crise

Face à cette situation jugée critique, une concertation s’est tenue le mercredi 28 janvier à Lomé. Producteurs, acheteurs, exportateurs et transformateurs se sont réunis pour analyser les causes profondes de la crise et proposer des solutions concrètes. Les discussions ont révélé un problème central, l’accumulation de stocks importants non écoulés, détenus à la fois par les producteurs, les acheteurs et les exportateurs.

Pour le Togo, petit producteur sur le marché mondial, cette situation est particulièrement préoccupante. Les stocks en attente sont estimés à environ 1 500 tonnes. Cette accumulation freine les exportations, qui atteignent à peine 5 000 tonnes à la fin janvier 2026, contre plus de 10 000 tonnes à la même période en 2025. Ce recul de moitié constitue un signal d’alarme pour la filière.

Enfin, les orientations issues de la concertation de Lomé reposent sur un effort collectif. Chaque maillon de la chaîne café-cacao est appelé à consentir des sacrifices à court terme afin de libérer les stocks existants et de redonner de la fluidité au marché. Les cours du cacao s’effondrent, mais une meilleure coordination entre les acteurs, des mécanismes de régulation plus équitables et un soutien accru aux producteurs apparaissent comme des solutions indispensables. À plus long terme, la transformation locale du cacao est identifiée comme une piste stratégique pour renforcer la résilience de la filière face aux chocs du marché international.

Innocent AGBOESSI

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