La filière manioc se reconfigure avec une nouvelle interprofession
La filière manioc en Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape vers sa structuration et son développement. L’Interprofession de la filière Manioc (OIA manioc) a été officiellement lancée ce mardi à Abidjan-Marcory, lors d’une table ronde. Pour le Président du conseil d’administration de l’interprofession, cette initiative marque le passage d’une filière fragmentée à une chaîne de valeur organisée et ambitieuse, capable de dialoguer avec les pouvoirs publics et les partenaires financiers.
Sur les trois prochaines années, elle se fixe pour objectif de consolider la gouvernance de la filière, d’établir une cartographie précise des acteurs, de mettre en place des mécanismes de traçabilité et de financement adaptés à chaque maillon. Aussi, l’OIA manioc va travailler à harmoniser les standards de qualité et les contrats d’approvisionnement.
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Manioc, moteur de l’économie !
Par ailleurs selon les informations du gouvernement ivoirien, le manioc est un pilier de l’agriculture ivoirienne. Il représente 12,4 % du PIB agricole et contribue à 2,8 % du PIB national. La filière couvre, selon les mêmes informations, 31 régions, mobilise 950 organisations pour environ 1,5 million d’acteurs et produit chaque année 8,4 millions de tonnes de manioc.
Les dérivés de la culture sont nombreux. Entre autres, l’Attiéké, placali, tapioca, amidon, farine et bien plus. Autant de produits qui participent à l’alimentation locale et à l’économie nationale. Aussi, a-t-il précisé qu’en d’employabilité, le secteur, le secteur a favorisé 48 200 emplois et 2 milliards de boutures certifiées.
À l’occasion, les responsables de la transformation et du commerce de manioc, présents à la table ronde, ont salué la création de l’OIA manioc. Ils la considèrent comme un levier pour la formation des acteurs, la réduction des pertes post-récoltes et la stabilisation des revenus face à la volatilité des prix.
Ce lancement s’inscrit ainsi dans la droite ligne du programme SAFAF “Sécurité Alimentaire de la Fourche à la Fourchette”, cofinancé par l’Union européenne et accompagné par LadyAgri Impact Investment Hub, l’Office de Commercialisation des Produits Vivriers (OCPV) et le ministère de l’Agriculture.
Aboubakar FAÏSSAL


