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Agriculture

Filière cajou : l’IFA-Bénin et les familles d’acteurs s’activent pour leur résilience avant 2024

L’Interprofession de la Filière Anacarde du Bénin (IFA-Bénin) est le cadre de concertation des acteurs de la filière au Bénin. A ce titre, elle joue le rôle de gestion et de suivi de toutes les activités et fonctions relatives à la survie et à la bonne marche de la filière anacarde, de représentation et de défense des intérêts de la filière.

Ainsi, elle a fait l’option d’organiser deux fois par an depuis 2018, grâce à l’appui de ses partenaires techniques et financiers, des rencontres d’échanges avec ses familles professionnelles qui sont ses membres. Ces rencontres constituent d’une part, le cadre idéal de présentation des différentes activités menées par non seulement l’interprofession mais aussi de ses membres. D’autre part, elles sont le plateau de discussion des sujets d’importance capitale à la survie de la filière qui feront l’objet de plaidoyer auprès de l’Etat.

Méchac A.

C’est dans ce cadre que les 21 et 22 juillet 2022 s’est tenue à JECO Hôtel de Dassa, la première session au titre de l’année. La rencontre a connu la participation effective des familles d’acteurs ; du Conseiller Technique à l’Organisation et à l’Entrepreunariat Agricole (CTOPEA), représentant le MAEP ; de la Direction de la Législation Rurale, de l’appui aux Organisations et à la Promotion de l’Entreprenariat Agricole (DLROPEA) et de la Plateforme des Acteurs de la Société Civile du Bénin (PASCiB).

Au-delà du bilan a mi-parcours de la campagne de commercialisation 2021-2022 de noix brutes de cajou qui a été fait avec les difficulités rencontrées par les acteurs, la rencontre a servi aussi de cadre de discussion autour du décret n° 2022-214 du 30 mars 2022. En effet, ledit décret dispose en son article 5 qu’ « à compter du 1er avril 2024, l’exportation de noix brutes de cajou sera interdite en République du Bénin ». C’est conscient des répercutions que cette décision pourrait avoir sur l’organisation de la filière et les activités de ses membres, que l’interprofession dans sa mission de défense de leurs intérêts, a fait de cette réforme le sujet principal de discussion au cours de cette rencontre.

Les discussions ont porté sur les opportunités à saisir par les acteurs, les éventuelles menaces et les stratégies à mettre en place avec la Société d’Investissement et de Promotion des Investissements (SIPI) qui a en charge la zone économique spéciale de Glo-Djigbé (GDIZ).

S’il est indéniable que la SIPI apparait comme une opportunité pour les producteurs et les transformateurs en termes de sécurisation de leurs investissements, de stabilité du prix de la matière première, de l’assainissement de la commercialisation et de crédibilité désormais vis-à-vis des institutions financières,  les acteurs craignent qu’elle porte un frein à leurs activités.

En effet, les producteurs craignent la baisse de leurs revenus à cause de la stabilité des prix car ils ne pourront plus renchir à un seuil donné aux fins de mieux bénéficier du fruit de leurs efforts. De l’autre côté, les responsables des usines installées en dehors de la zone craignent une politique « de deux poids, deux mesures » avec plus de privilèges accordés aux usines installée dans la zone spéciale en leur détriment. L’autre difficulté résiderait dans une éventuelle responsabilisation de la SIPI qui serait chargée de la collecte des noix sur l’étendue nationale et de la distribution ; ce qui ne faciliterait pas l’activité aux usines qui sont spécialisées dans la production biologique. Aux côté de tout ça, il y a la situation des usines en cessation d’activités depuis cinq (05) années à cause de la volatilité des prix de la matière première, l’insuffisance de ressources pour s’approvisionner en grand stock et qui méritent d’être accompagnées dans leur volonté d’ouverture de capital afin qu’elles contribuent aussi à la volonté de tranformation locale des produits.

Toutes les analyses possibles ont été faites par les acteurs à l’occasion des débats sans bisbille, dans l’optique de définir les stratégies à opérationner à partir de 2023 qui est l’année transitoire à la mise en œuvre des réformes. Après les réflexions faites en travaux de groupe, les acteurs ont fait un certain nombre de recommandations qu’il est important de présenter quelques unes.

Les recommandations des familles d’acteurs pour une douce transition

L’application de l’article 5 du décret N° 2022-214 du 30 mars 2022 sur l’interdiction des exportation de cajou en 2024 aura de profondes repercussions structurelles sur les familles d’acteurs de la filière anacarde et sur l’IFA-Bénin. Afin de s’adapter progressivement aux changementx, ils existement qu’une restructuration de l’inprofession soit faite pour s’adapter aux réformes  aux fins de ne pas faire disparaître les familles des acheteurs et exportateurs qui sont frappées par la décision d’interdiction d’exportation.

Aussi, les acteurs ont souhaité prendre connaissance des nouvelles dispositions relatives au modèle de commercialisation des noix de cajou brutes qui sont en train d’être élaborées par les ministères en charge de l’agriculture et de l’industrie. De même, l’étude sur la structure du coût de la transformation pour permettre une définition objective des prix de commercialisation doit être réalisée dans l’immédiat.

Par ailleurs, la convention de commercialisation intégrant la vente groupée doit être relue pour l’adapter aux nouvelles règles de fonctionnemnet afin de faciliter les liens d’affaires entre les familles d’acteurs. Enfin, l’IFA-Bénin doit engager des discussions avec les partenaires au développement et les services publics sur la nécessité de considérer désormais les producteurs membres de coopératives comme cibles principales des interventions et sensibiliser les producteurs sur la nécessité d’appartenir à une coopérative pour bénéficier des interventions mises en œuvre dans la filière.

Pour rappel, l’Interprofession de la Filière Anacarde du Bénin (IFA-Bénin)  a été mise sur les fonts baptismaux en juin 2016 et est composée par quatre (04) familles d’acteurs à savoir : la Fédération Nationale des Producteurs d’Anacarde du Bénin (FENAPAB), le Conseil National des Transformateurs de Cajou (CNTC) ; la Fédération Nationale des Acheteurs des Produits Agricoles et Tropicaux du Bénin (FENAPAT) et le Conseil National des Exportateurs de Cajou (CoNEC).

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