Secteur Agricole : Stratégies pour impliquer davantage les jeunes

L’agriculture est au cœur du développement économique et social dans de nombreux pays, notamment en Afrique.

L’agriculture est au cœur du développement économique et social dans de nombreux pays, notamment en Afrique. Pourtant, attirer et maintenir les jeunes dans ce secteur reste un défi majeur. Alors que les générations actuelles de producteurs vieillissent, la question de la relève devient cruciale. Sans une jeunesse engagée et formée, l’avenir de l’agriculture pourrait être compromis.  Qu’est-ce qui bloque la transition générationnelle efficace ?

L’agriculture est au cœur du développement économique et social dans de nombreux pays, notamment en Afrique.

« Les jeunes ont un rôle essentiel à jouer, notamment en assurant la relève. Aujourd’hui, c’est nous qui construirons l’avenir de demain. Sans cette relève, sans cette jeunesse engagée, l’avenir devient incertain », a fait savoir Arouna LAWANI, Président de la PNOPPA Bénin et vice-président du ROPPA. Mais, la transition générationnelle dans l’agriculture est en crise. Dans plusieurs pays en développement, l’agriculture souffre d’un manque d’attrait auprès des jeunes.

Nombreux sont ceux qui, après l’obtention de leurs diplômes, se détournent de la terre pour rechercher des emplois dits « modernes », souvent en ville. Cette tendance est en partie due à la perception de l’agriculture comme un secteur pénible, peu rémunérateur et peu valorisé.  « Actuellement, on observe une dégradation des mœurs, et cette détérioration impacte directement notre futur. Un des problèmes majeurs réside dans l’absence de politiques solides pour accompagner et soutenir la jeunesse, que ce soit dans le domaine professionnel ou éducatif », a relevé Halima TIOUSSO, Présidente du Collège des femmes de ROPPA.

L’une des solutions pour changer la donne est l’intégration de modules d’enseignement sur l’agriculture et l’agroalimentaire dès l’école primaire jusqu’au lycée. En sensibilisant les jeunes dès leur plus jeune âge, on peut leur faire découvrir les opportunités qu’offre ce secteur et leur inculquer une véritable culture entrepreneuriale agricole.

« Il est essentiel de repenser en profondeur notre système éducatif. À mon humble avis, les États doivent faire un effort pour intégrer, dès l’école primaire et jusqu’au lycée, des modules de formation sur l’agroalimentaire.  De nombreux jeunes, une fois sortis du système scolaire, ne retournent pas vers la terre. Beaucoup, malgré l’obtention de leurs diplômes, se retrouvent face à un marché du travail saturé et difficile d’accès. Si une culture agricole leur avait été inculquée dès le plus jeune âge, ils considéreraient davantage l’agriculture comme une alternative viable », a-t-elle recommandé.

Puis, elle a ajouté que « Lorsque ces jeunes ne trouvent pas d’emploi « moderne » en tant que fonctionnaires, employés d’entreprises ou dans des bureaux, ils se tournent parfois par nécessité vers la terre. Il est donc crucial de leur donner, dès le départ, les connaissances et les compétences nécessaires pour faire de l’agriculture un choix de carrière valorisant et non une solution de dernier recours. »

Pour assurer une transition générationnelle efficace, il est essentiel de mettre en place des politiques publiques encourageant l’intégration des jeunes dans l’agriculture.

Les dirigeants doivent non seulement mettre en place des mécanismes de crédits adaptés aux jeunes agriculteurs et favoriser des coopératives leur permettant d’exploiter collectivement des terres, mais aussi encourager l’utilisation des nouvelles technologies agricoles, la digitalisation et l’adoption de pratiques agroécologiques pour rendre l’agriculture plus attractive et rentable.  Il revient également aux organisations paysannes et structures spécialisées d’offrir aux jeunes un encadrement technique et entrepreneurial.

L’agriculture représente bien plus qu’un simple secteur d’activité ; elle est le socle de la sécurité alimentaire et du développement rural. Sans une jeunesse impliquée et soutenue, les défis liés à la production alimentaire et à la souveraineté agricole risquent de s’aggraver.

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Justin ADANDE

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