Abomey-Calavi
Agriculture

L’ARACHIDE : Une légumineuse à haut rendement au Bénin

L’arachide, originaire d’Amérique du Sud et centrale est une légumineuse qui donne assez de grains oléagineux. Il est surtout cultivé dans plusieurs pays mais particulièrement en Asie et en Afrique notamment au Nigéria, au Sénégal, en République Démocratique du Congo et au Bénin. C’est une plante qui fait gagner plus de 9 millions à l’hectare. Elle est une légumineuse annuelle riche en protéines dont les graines occupent une place importante dans l’alimentation et constitue de même une source de revenu pour nombres de producteurs.

Par Laure LEKOSSA

L’arachide est la sixième culture parmi les oléagineuses les plus importantes dans le monde. Elle contient 48-50 % de corps gras, 26-28 % de protéine et elle est riche en fibre, minéraux et vitamines. L’arachide est cultivée sur 26.4 millions d’hectares à l’échelle mondiale avec une production totale de 37.1 millions de tonnes métriques et une productivité moyenne de 1.4 tonne à l’hectare (FAO, 2003). Plus de 100 pays dans le monde entier cultivent l’arachide. Les pays en voie de développement constituent 97 % de la superficie et 94 % de la production globale de cette culture. La production de 2 l’arachide est concentrée en Asie et l’Afrique (56 % et 40 % de la superficie et 68 % et 25 % de la production globale respectivement).

La période propice de production de l’arachide

La période idéale de plantation se situe entre Avril et Juillet. Mais avec un système d’irrigation performant, il est possible de réaliser la culture sur toute l’année en semant 2 à 3 graines par poquets à 1 ou 1,5 cm de profondeur. L’arachide est surtout cultivée dans les zones tropicales et sud tropicales. Toutes les zones agro -écologiques de nos zones de l’Afrique de l’Ouest sont propices à sa culture avec une grande préférence pour les zones où la pluviométrie varie entre 900 et 1200 mm de pluie par an. Ces zones s’étendent à l’extrême nord du pays. L’arachide aime les sols riches en matière organique et bien drainé. L’arachide est produite dans toutes les communes du Bénin à l’exception des communes de Cotonou, de Sèmè-Kpodji et des Aguégués. La production annuelle de l’arachide au Bénin change et ne progresse pas d’une manière définie, dans la mesure où elle est fonction des aléas climatiques et de la situation du marché intérieur. Elle oscille entre 50.000 et 75.000 tonnes depuis les dix dernières années. Les superficies évoluent également avec la production et varient entre 80.000 et 100.000 ha. Les rendements demeurent faibles, variant entre 600 et 800 kg/ha. Le taux de croissance annuelle fait ressortir une croissance moyenne annuelle de 0,7 % pour la superficie, de 0,6 % pour les rendements et de 1,3 % pour la production pour la période 1980- 1992. En réalité 22 % seulement des variations de rendement sont attribuables à l’effet de tendance. La croissance du rendement est bien inférieure. Les superficies et les productions sont inégalement réparties entre les différentes zones : ainsi plus de 40 % de la production se concentre dans le département du Zou, qui totalise plus de la moitié de la superficie totale emblavée pour l’arachide ; ensuite viennent le Nord et le Sud. Les faibles niveaux des rendements réduisent la compétitivité de l’arachide au sein de l’économie nationale.

Lire aussi: ENTREPRENEURIAT FÉMININ DANS LE ZOU: ACMA 2 fait de l’arachide une filière créatrice de revenus à Za-Kpota

Préparation du sol pour la culture

Pour la culture de l’arachide, il faut faire le choix d’un terrain n’ayant pas porté d’arachide la saison précédente. L’arachide préfère les sols légers et bien travaillés. Brûler ou évacuer les débris végétaux et effectuer un labour léger ou croisé dès que le sol aura été humecté par une pluie. Le sol est alors prêt à recevoir la semence. Apporter préférentiellement de l’engrais organique à la dose de 7 à 10 sacs à l’hectare. Eviter l’urée car l’arachide est déjà riche en azote. 10 jours après, passer au semis.

La réalisation du semis

Il faut entre 40 et 70 kg de semences pour un hectare. La veille du semis, procéder à une pré-humidification des semences (tremper les graines). Cela leur permettra surtout d’humidifier la plantule de la graine. On distingue deux types de piquetage : le 40 × 15 cm (40 cm entre les lignes et 15 entre les plants) et le 60 × 15 cm. la première méthode aboutit à 170 000 pieds/ha et la deuxième à 110 000 pieds/ha. Le semis peut se faire à plat ou sur butte. La période idéale de plantation se situe entre Avril et Juillet.

Entretien de la plante et protection phytosanitaire

Il est important d’ameublir le sol au moins une fois au cours du cycle. Le premier binage est important car la jeune plante est très sensible à la concurrence des adventices ; il devra être effectué à la main sur la ligne, les autres binages étant limités à l’interligne. On peut combiner l’utilisation raisonnée d’herbicides de pré émergence au travail du sol. L’arachide présente une bonne tolérance aux herbicides, grâce à sa plantule vigoureuse et à son enracinement rapide et profond. La protection phytosanitaire se limite à l’application d’insecticide et de fongicides en situation de constat de maladies ou d’attaques de ravageurs.

L’emploi des semences d’arachide de haute qualité constitue pour le producteur un des moyens les plus efficaces pour améliorer la productivité de sa culture. L’organisation de la production des semences de qualité et de leur diffusion à l’ensemble des utilisateurs est importante pour la réalisation de tout plan de développement et souvent un préalable nécessaire à l’introduction d’autres facteurs de productivité. La taille des gousses et des graines constitue un paramètre important de la valeur semencière d’un lot. Il est important que les plantes se développent dans des conditions de fertilité et climatiques adéquates pour assurer une bonne formation, un bon remplissage des gousses et une bonne maturité des graines. Les techniques culturales doivent être parfaitement maîtrisées pour que la plante puisse exprimer tout son potentiel et assurer une production de qualité. Ces normes techniques sont fondamentales pour un producteur qui souhaite s’inscrire dans un programme national de multiplication dans le cadre duquel il devra aussi accepter les contrôles, les normes d’homologation et de certification.

Lire aussi: AGRICULTURE : La Gambie promet une hausse de 12% du prix de l’arachide à ses planteurs

Laisser un commentaire à propos de ce

  • Quality
  • Price
  • Service

PROS

+
Ajouter Un Champ

CONS

+
Ajouter Un Champ
Choisissez L'Image