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Agriculture

Le cacaoyer, une vache à lait exigeante

Cacaoyer

Le cacaoyer est une plante spéciale aux dires d’Arnaud Gbamigbadé. « Lorsqu’elle commence la production, c’est à vie. La cueillette se fait chaque tous les 15 jours et à vie. Même quand la cueillette devient difficile, c’est-à-dire que le cacaoyer prend de la hauteur ou vieillit et qu’on le coupe, il continue de produire au même moment qu’il se régénère », explique-t-il.

Mais derrière, se cache un processus rigoureux de production. « Il faut d’abord avoir un site, l’étudier pour en apprécier la qualité en fonction des nutriments utiles à la croissance de la pépinière une fois sous terre. Ensuite, il faut trouver des fèves sélectionnées de qualité pour la pépinière », détaille-t-il.

Selon le producteur, le cacaoyer est une plante particulière qui a besoin d’humidité, d’où l’importance d’avoir une bananeraie sur le site au préalable. Ces branches fourniront ainsi de l’ombrage aux jeunes plants de cacaoyer. Arrivés à maturité, on procède à leur transplantation. Arnaud évoque également la nécessité d’accompagner les jeunes plants dans leur croissance. Pour ce faire, il leur apporte les nutriments contenus dans les fientes de volailles, les bouses de vache ou les produits de croissance totalement bio.

Processus d’obtention du cacao

Pépinière de cacaoyer @le rural

La cueillette des cabosses, fruits du cacaoyer, se fait généralement entre avril et août, période de forte production. Une cabosse mûre se reconnait par son aspect jaunâtre. De ces cabosses arrachées du cacaoyer, sont extraites les fèves (décabossage) lesquelles subissent la fermentation par la suite. « Il y a des stratégies à adopter à ce niveau afin d’obtenir une fève bien aromatisée. C’est à ce niveau qu’on peut en extraire le jus, à consommer directement ou pour en faire de la liqueur au besoin. Ensuite on passe au séchage des fèves. On attend à ce que le taux d’humidité soit à moins de 7%. Après on passe à la conservation. » Le cacao est donc prêt à être transformé pour de multiples produits dérivés : chocolat, pâte à tartiner, beurre, huile etc.

Après extraction des fèves, les cabosses sont utilisées en cosmétique ou comme fertilisants (engrais totalement bio), fait remarquer Arnaud. Malheureusement, se désole-t-il, le manque de moyens ne lui permet d’exploiter ce potentiel du cacao.

Le planteur peut se consoler d’être débordé de commandes ; Arnaud Gbamigbadé en reçoit près de 3000 tonnes, largement au-dessus de sa production annuelle qui est de 8 tonnes. Le cacaoyer est très exigeant, reconnait le producteur. Il faut donc « avoir les reins solides » avant de se lancer dans sa culture, conseille-t-il et conclut que le cacaoyer permet d’avoir en peu de temps, un retour sur investissement qui fait oublier toutes les peines endurées.

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