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1er groupe de presse agricole en Afrique de l’Ouest

PARAKOU/ DIVAGATION DES ANIMAUX : Une menace permanente pour les usagers de la route

 PARAKOU/ DIVAGATION DES ANIMAUX : Une menace permanente pour les usagers de la route

Dans la ville de Parakou, il est observé un phénomène social qui met en danger la vie des usagers de la route. Ce phénomène lié à la divagation des animaux est même source de tensions entre les éleveurs et les usagers de la route et cause souvent des accidents.

Blandine KEGUE

Les animaux sont-ils devenus un piège à homme en zones urbaines ? La divagation des animaux s’observe de plus en plus dans la ville de Parakou. La compromission des aménagements des espaces verts et de l’embellissement des lieux publics, l’insécurité routière, les dégâts matériels, la mort et/ou le vol des animaux sont, entre autres, les conséquences néfastes de la divagation des animaux dans les zones urbaines.

Récit des faits

Dans un passé récent le phénomène était quasiment contenu. En effet, le maire Charles Toko avait pris le problème à bras le corps et l’avait énergiquement combattu. Gildas Adjakidjè, conducteur de taxi moto communément appelé « zémidjan » partage son expérience. « Je constate les animaux en divagation et nous les rencontrons partout et même en face de la mairie et si l’on n’est pas vigilant et attentif en conduisant, ces bêtes te font tomber. » s’en désole-t-il. Selon certains sapeurs-pompiers rencontrés, ils confirment que de nombreux cas d’accidents graves ont été occasionnés par des animaux en divagation. Ces cas d’accidents sont souvent des chutes libres, d’où la décision de l’ancien maire d’abattre ces bêtes : « Il fut un temps, ils ont abattu des animaux parce que les gens tombaient à cause d’eux et c’était des chiens et des troupeaux de moutons surtout dans les environs de Yarakinnin. » Selon le Conseiller municipal, Achille Ague, « Assez d’initiatives ont été prises entre temps par les autorités communales afin de lutter contre ce mal. Après la phase de sensibilisation, ils sont arrivés à la phase répressive qui consistait à arrêter tous les animaux en divagation et ainsi on demandait aux propriétaires de passer chercher leurs bêtes contre une amende sans quoi on les abattait systématiquement. Et au  moment où cela se passait, nous avons pu constater une réduction du phénomène. »

« Ces derniers temps, la circulation des usagers est perturbée par des chiens, moutons et autres. Pour l’instant, aucune disposition n’est prise par l’actuel conseil communal pour pallier au problème. Et il n’est pas rare de voir des animaux tels que les bœufs au beau milieu de la voie et ce n’est pas la peine qu’on continue par se taire. Même si on ne peut pas aller à la mesure d’abattre systématiquement les animaux, il existe d’autres formes de répression » poursuit l’élu Achille Ague.

Des conseils à l’endroit des éleveurs

Malgré les nombreuses sensibilisations du Centre national de sécurité routière (Cnsr) avec l’aide des autorités communales sur les risques liés à la divagation des animaux, le problème perdure jusqu’à nos jours. Mathias Akpaca, coordonnateur de zone à la Direction départementale de l’agriculture de l’élevage et de la pêche (Ddaep) Borgou prodigue quelques conseils aux éleveurs. Pour lui, les propriétaires d’animaux doivent savoir qu’ils sont civilement et pénalement responsables des dommages causés à autrui par les animaux sous leur garde. Lorsqu’ils élèvent des animaux ils devraient être capables de les entretenir en assurant au moins leur alimentation. Ils ne doivent pas laisser les animaux aller à la recherche de leur nourriture. Les animaux élevés se gardent chez soi sous la conduite de quelqu’un si c’est un élevage de case en ville ou à la ferme où ces bêtes expriment mieux leur potentiel. On élève les animaux pour consommer ou vendre afin de recueillir des revenus et non les laisser mourir sur les routes ou causer d’ennuis à autrui ou à l’environnement.

Une invite est également lancée à l’endroit des autorités compétentes de la troisième ville à statut particulier du Bénin pour désamorcer ce piège sans fin sur nos routes.

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