PÊCHE DU CALAMAR AU BÉNIN

Au Bénin, la pêche constitue un pilier de la sécurité alimentaire et des revenus des communautés côtières. Si crevettes et poissons dominent, le calamar, encore peu exploité, suscite néanmoins un intérêt croissant.

Une activité secondaire mais prometteuse

Au Bénin, la pêche constitue un pilier de la sécurité alimentaire et des revenus des communautés côtières. Si crevettes et poissons dominent, le calamar, encore peu exploité, suscite néanmoins un intérêt croissant. Son potentiel économique et nutritionnel est réel, mais il exige une gestion durable pour éviter les dérives déjà observées ailleurs dans le Golfe de Guinée.

Au Bénin, la pêche constitue un pilier de la sécurité alimentaire et des revenus des communautés côtières. Si crevettes et poissons dominent, le calamar, encore peu exploité, suscite néanmoins un intérêt croissant.

Les calamars, aussi appelés encornets ou teuthides, regroupent près de 300 espèces. Apparues dès le Jurassique, ces espèces pélagiques vivent seules ou en bancs. Elles possèdent une tête distincte, un manteau et des bras musclés munis de ventouses. Leur taille varie de quelques centimètres à plusieurs mètres. Selon Fidèle Lokossou, secrétaire général du SYNAPEB Bénin, « ils jouent un rôle essentiel dans la chaîne alimentaire océanique et représentent une ressource comestible majeure pour l’homme ». Certaines espèces, comme le calmar commun (Loligo vulgaris), sont très prisées en raison de leur croissance rapide et de leur forte prolificité.

L’on retrouve le calamar surtout « dans les eaux marines côtières de Cotonou, Grand-Popo et Sèmè-Podji, où opèrent les pirogues artisanales et certains chalutiers, principalement lors des saisons d’upwellings », affirme Fidèle Lokossou. Pour les communautés côtières, les captures locales, bien que modestes et irrégulières, constituent néanmoins une source importante de revenus et de protéines animales. Le secrétaire général du SYNAPEB Bénin souligne que « la majeure partie de la consommation de calamar au Bénin provient encore des importations ».

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Méthodes et durabilité

Actuellement, les techniques de pêche utilisées sont variées : les filets maillants de fond et la senne de plage capturent parfois des calamars par accident, tandis que le chalutage industriel, très destructeur, prélève cette ressource en association avec d’autres espèces. En revanche, la pêche au lamparo et à la ligne, plus sélective et respectueuse de l’environnement, reste encore marginale.

Face à ces défis, plusieurs stratégies apparaissent indispensables. D’après Fidèle Lokossou, « un meilleur contrôle de la pêche et l’instauration de périodes de repos biologique adaptées sont des conditions essentielles ». De plus, la valorisation locale par le séchage, le fumage ou la congélation permettrait d’accroître la valeur ajoutée et de renforcer le rôle des mareyeuses. Enfin, le suivi des stocks, l’adaptation aux cycles biologiques et la coopération régionale restent incontournables, car le calamar est une ressource migratoire.

Ainsi, encore secondaire, la pêche du calamar au Bénin pourrait devenir une véritable opportunité économique et alimentaire. Cependant, pour y parvenir, elle doit être encadrée par une gestion durable et équitable, conciliant exploitation, protection des écosystèmes et sécurité alimentaire des populations côtières.

Stag Mystéria ALLAHIZI

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