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1er groupe de presse agricole en Afrique de l’Ouest

PRESERVATION DES RESSOURCES MARINES AU BENIN : Quand la durabilité du sous-secteur dépend de la connaissance et du respect des lois et règlementations !

 PRESERVATION DES RESSOURCES MARINES AU BENIN : Quand la durabilité du sous-secteur dépend de la connaissance et du respect des lois et règlementations !

La pêche est une activité vitale pour de nombreuses communautés côtières et pour l’économie nationale. Comme tout autre domaine, celui de la pêche est régit par une règlementation juridique solide au Bénin. Pour donc garantir la durabilité des ressources et la préservation de l’écosystème marin, il est impérieux de connaitre et de respecter ces règles impératives.

Vanessa ZANNOU

Au Bénin, la pêche joue un rôle économique et social crucial, contribuant à la sécurité alimentaire, à l’emploi et à la croissance économique. Elle participe à hauteur de 3% au Produit intérieur brut (PIB) et nourrit plus de 600 000 personnes, selon le rapport de l’enquête cadre de la pêche artisanale maritime au Benin réalisée en 2014. Les eaux béninoises regorgent une faune de plus de 257 espèces de poissons, en plus des espèces de crustacés et autres, selon les informations contenues dans le Plan d’actions national visant à prévenir et à éliminer la pêche illicite. D’après l’Inventaire nationale de collecte de données sur la pêche au Bénin, le potentiel exploitable de poisson serait de 12 000 tonnes par an. La dernière estimation faite est de plus de 74 000 tonnes de poisson, selon la Direction de la production halieutique (DPH). Et malgré ce potentiel que regorge le sous-secteur, il est soumis à des pressions qui menacent sa durabilité et sa rentabilité. Il s’agit notamment de la dégradation des écosystèmes aquatiques, de la forte pression sur les ressources du pays et l’utilisation des engins prohibés.  

Le long de la route de la pêche (Cotonou-Ouidah), l’activité est pratiquée sans cesse et sans repos. Sauf si la période n’est pas favorable. Si les pêcheurs sont donc à l’affût tous les jours, il n’en demeure pas moins pour les femmes commerçantes. Elles sont aussi si dévouées que les pêcheurs. Alors, il convient de noter que depuis quelques années la rareté des produits halieutiques s’accentue et les causes sont connues de tous : en dehors de la démographie galopante, il s’agit principalement, de l’utilisation des techniques prohibées de pêche, de la pollution des plans d’eau, de la surpêche et des populations lacustres qui sont dans la quête permanente de frayères pour les poissons.

Nécessité de redonner un nouveau souffle au sous-secteur

Pour remédier à cette situation de déliquescence des ressources halieutiques, l’Assemblée nationale du Bénin a adopté le 06 juin 2014, la Loi-cadre N°2004 du 17 août 2014 relative à la pêche et à l’aquaculture en République du Bénin. Cette loi constitue un important instrument pour redonner un nouveau souffle à la production halieutique au Bénin. Il faut rappeler que dès 2007, le Bénin a élaboré et adopté le plan d’action nationale axé sur les dispositions du plan d’action internationale de la FAO. En 2018, deux arrêtés d’application de cette loi cadre votée en 2014 ont été pris. Il s’agit notamment de l’arrêté 335 fixant les conditions de modalités d’exercice de la pêche en République du Bénin et le décret 334 fixant les modalités de l’exercice de l’aquaculture en République du Bénin. Ces dispositions ont été complétées par l’arrêté 194 qui fixe les conditions d’exercice de la pêche dans les autres sous juridiction nationale. En 2022, le pays a validé le nouveau plan d’action nationale qui vise à prévenir, à contrecarrer et à éliminer la pêche illicite non déclarée, non règlementée. En décembre 2022, 05 nouveaux arrêtés ont été pris.

En dotant donc le sous-secteur de la pêche d’une Loi-Cadre, le Bénin s’engage pour la règlementation et l’encadrement efficaces de l’activité de pêche. Par ailleurs, la méconnaissance de son contenu par les pêcheurs constitue un grand frein à l’application des sanctions prévues en cas d’infraction. Cela constitue un défi pour le Bénin étant donné que les infractions prennent l’ampleur aujourd’hui dans le sous-secteur, car malgré les textes juridiques dont dispose le pays, les acteurs semblent imperturbables dans la pratique illicite. 

« Le manque de sensibilisation a beaucoup contribué à la surpêche, à la dégradation de la ressource halieutique, raison pour laquelle, nous continuons la sensibilisation chaque année et nous avons aussi des unités qui sont sur des plans d’eau, qui se rapprochent des populations pour toujours les sensibiliser »,

précise M. Blaise ENOUHERAN, inspecteur des pêches et chef division de la règlementation des pêches à la Direction de la Production Halieutique.

Les risques auxquels sont confrontés les acteurs qui ne respectent pas ces lois

Le gouvernement actuel a pris l’initiative de recruter, de faire former et d’installer la brigade de surveillance des plans et cours d’eau. « Entre temps, ce sont les inspecteurs de pêche qui vont sur le terrain et vu notre nombre, le travail n’est pas bien fait ». Aujourd’hui, la brigade assure ce rôle. C’est un corps qui a été doté des moyens nécessaire à la lutte et sont installés sur les plans d’eau du Sud Bénin principalement le lac Nokoué, la lagune de Porto-Novo, le lac Ahémé, et la lagune côtière.         

Le rôle de la brigade est d’arraisonner et de réprimander les acteurs. Ils font l’enlèvement systématique de tous les engins prohibés sur les plans d’eau. Ce sont des agents assermentés qui sont encadrés et leur sécurité est aussi assuré par la police locale et la marine nationale. Le pêcheur qui est pris en flagrant délire, est présenté au procureur de la République. « Le gouvernement actuel est strict là-dessus et il va falloir que force reste à la loi ».   

Faire respecter la loi devient une priorité

Zacharie Sohou, océanographe biologiste du Bénin recommande dans un rapport de la Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest (CENOZO), d’aller vers une bataille plus corsée afin d’assurer une durabilité des stocks. M. Blaise ENOUHERAN  pense que la sensibilisation des pêcheurs pourrait contribuer à une meilleure préservation des ressources marines et à la durabilité de la pêche.  

« Si nous nous basons sur la loi cadre. Elle a été édité dans des langues locales, que ce soit en fon, en goun, en minan, etc. Et ce, pour permettre que cela soit accessible à tous ».

Également, « pour mieux sensibiliser les acteurs sur la loi cadre, la DPH a parcouru bon nombre de commune du Bénin ».  La conservation de la biodiversité aquatique halieutique est l’affaire de tous. Vivement que les pêcheurs, acteurs de la société civile et tous soient impliqués pour que l’on ait un changement durable. Cela contribuera à la préservation des ressources, à la durabilité de la pêche et au bien-être des communautés dépendantes de ce secteur.

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