Abomey-Calavi
Agriculture

Priorité à la santé des acteurs du secteur agricole

Dans sa quête de préserver la santé des acteurs du monde agricole béninois, le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Gaston DOSSOUHOUI expliquait au cours d’une rencontre que l’organisation ou la participation à des évènements de grande échelle augmente le risque de contamination. Comme pour dire qu’avec la crise sanitaire actuelle, cela aurait été assez contraignant d’organiser la fête de l’igname. Surtout quand on s’aperçoit qu’un tel évènement draine une grande foule notamment du Sud-Bénin où le foyer de propagation s’est concentré (Abomey-Calavi).

Potin Gbaguidi, Opérateur économique et membre de l’ancien comité d’organisation de la fête de l’igname à Savalou, veut tout de même faire la lumière sur le doute autour de la fête. Il soutient qu’« En raison de la crise sanitaire et de la décision du gouvernement, la fête de l’igname n’aura pas lieu, comme d’habitude avec des mouvements de foule mais bien plutôt dans une sobriété en famille ».

Dame Aguénou, commerçante d’igname rencontrée à Zounzonkanmè, s’en désole. Elle qui réalisait trente à quarante mille francs (30 000 à 40 000 CFA) de revenus journaliers à l’approche de fête de l’igname s’exclama nostalgiquement en un langage bien stylé « Xwé é lor mè on Agouor nan vivi dé boua » comme pour dire en langue nationale Mahi que l’igname pilée n’aura pas de goût cette année.

Au centre ville et dans les périphéries, aux abords des rues et ruelles, les acteurs de la filière igname rencontrés sont restés unanime sur un fait « la santé avant tout » mais ont profondément déploré les impacts socioéconomiques engendrés par la Covid-19.

Pourtant, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), le Fonds International du Développement Agricole (FIDA), le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et la Banque mondiale alertaient dans un communiqué commun fin Avril que la pandémie de la Covid-19 représenterait un défi sans précédent avec des conséquences sociales et économiques non négligeables et notamment des répercussions sur la sécurité alimentaire et la nutrition. Malheureusement, pour la majorité des spécialistes du secteur, il est encore trop tôt pour percevoir tous les effets de la pandémie sur l’agriculture étant donné que selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) la crise sanitaire liée à la Covid-19 sera très longue.

Mais, une réponse urgente (atténuation, résilience, adaptation) serait salvatrice

L’urgence est qu’il faudra soutenir directement les acteurs du secteur agricole ainsi que la plupart des personnes les plus touchées par la pauvreté et la faim. Et c’est justement le vœu des différents acteurs de la filière igname rencontrés. Eux, qui ont maintenu la production de l’igname constante à 3,3 millions de tonnes en 2019 pareillement en 2018, estiment, mérités aussi des aides de l’Etat. « Nous souhaiterions aussi être à la place des artisans aidés par le gouvernement », ont-ils suggérés.

Vivement qu’à la hauteur des moyens injectés pour limiter la propagation du coronavirus, des moyens soient également trouvés pour soutenir ces vaillants acteurs du développement économique du Bénin car y dépende la sécurité alimentaire des populations.

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