Abomey-Calavi
Entretien

PROMOTION DU MADE IN BÉNIN: « Vous pouvez consommer du petit déjeuner jusqu’au dîner sans avoir recours à un produit venu de l’extérieur » dixit Régina HOUEDANOU

Promouvoir la consommation des produits locaux est un combat que mène le Réseau des Acteurs du Made in Bénin (RAMIB) depuis 5 ans. Même si des résultats significatifs ont été enregistrés, il reste d’importants défis à relever. Régina HOUEDANOU, Présidente du RAMIB aborde dans cet entretien, les activités que mène le réseau, et l’utilité pour tout Béninois de consommer les produits locaux.

Régina HOUEDANOU, Présidente du RAMIB

Présentez-vous s’il vous plaît !

Je m’appelle Régina HOUEDANOU, Présidente du RAMIB, entendez Réseau des Acteurs du Made in Bénin.

Qu’est-ce que le RAMIB ? 

Le RAMIB est une organisation qui regroupe les férus du made in Bénin, que ce soit producteur, distributeur ou consommateur. Notre vision c’est que les produits locaux soient présents et surtout consommés dans chaque cellule familiale sur toute l’étendue du territoire béninois. Nous œuvrons à créer un pont entre le producteur et le consommateur, parce que vous le savez, quand vous allez dans les grandes surfaces de distribution pour faire vos achats, vous ne pouvez pas entrer en contact avec le producteur, mais ce n’est pas le cas chez nous.

Quels sont les avantages dont bénéficie un producteur qui devient membre du RAMIB ? 

Le producteur membre du RAMIB a l’opportunité de vendre son produit. Nous mettons à sa disposition, à travers les paniers MIB, un tremplin d’écoulement des produits. Quand le consommateur achète, il fait des retours sur consommation au producteur, quitte à ce dernier de tenir compte de ses retours pour améliorer sa production que ce soit la qualité, que ce soit le packaging. Nous avons aujourd’hui des consommateurs aguerris qui consomment au quotidien les produits locaux. Le RAMIB est d’abord un espace de vente et aussi un espace d’écoute, de réflexion parce que nous n’allons pas chercher des solutions toutes faites, c’est ensemble, lors des rencontres loco consommateurs que nous réfléchissons par rapport aux solutions spécifiques à tel problème. 

Autre activité que nous avons, nous essayons de venir en aide aux producteurs en les soulageant un tant soit peu face à leur besoin de trésorerie à travers le club d’entraide.

Ces producteurs ont la capacité d’avoir du financement pour relancer leur activité donc, nous essayons de donner un coup de pouce à toutes les petites entreprises qui ont besoin de financement pour acheter de la matière première ou peut-être augmenter leur capital d’investissement aussi, le RAMIB est un espace de promotion non seulement de leur entreprise mais aussi de leur produit. 

Vous organisez chaque année la rencontre loco’consommateur. Quel est le but de cette activité ? 

La toute première rencontre loco’consommateur a jeté les bases du RAMIB et à chaque fois depuis 5 ans nous essayons de sortir de ses rencontres avec des outils pouvant nous permettre d’améliorer la promotion, de propulser le made in Bénin. Cette année, nous avons choisi de nous concentrer sur le consommateur parce qu’avant toute chose, nous sommes des consommateurs à la base. Donc, comment le consommateur béninois peut être investisseur à partir de sa consommation. Nous voyons les autres le faire avec des modèles bien définis.  

Quel est le rapport qui existe entre le RAMIB et SENS BÉNIN ? 

C’est un rapport vieux de 5 ans déjà. A nos débuts, SENS BÉNIN a cru en nous, nous a soutenu sans forcément attendre des résultats de nous. SENS BÉNIN a vu notre vision et nos missions et a cru en nous. Nous avons pu créer grâce aux paniers, un tremplin qui permet aux producteurs de vendre leurs produits. Aujourd’hui, beaucoup de producteurs du réseau RAMIB sont certifiés B’EST, un compartiment de SENS BÉNIN. Donc, nous travaillons en synergie avec SENS BÉNIN. 

Après cinq d’expériences, quels sont les défis à relever ? 

En termes de défis, nous en avons beaucoup. Nous avons dit que notre objectif est d’être présent dans la plus petite cellule familiale du Bénin et nous y travaillons pour. Nous mettons tout en œuvre pour étaler nos tentacules à travers les centres de distribution parce que ce n’est que par-là que nous pouvons toucher les consommateurs qui sont à proximité de nous. Nous en avons déjà 10. Nous avons des centres au niveau du département de l’Atlantique, dans le Littoral également et un centre dans le Zou. Progressivement nous évoluons pour pouvoir couvrir tous les départements de notre territoire. Aussi, faire comprendre aux Béninois que c’est important de consommer les produits locaux pour soutenir la production locale mais aussi créer la richesse. Quand vous consommez les produits locaux, l’argent reste chez vous, vous créez de l’emploi et c’est un cercle qui tourne. Mais lorsque vous consommez les produits venus d’ailleurs, l’argent va ailleurs. 

Quel appel avez-vous à lancer ?

Je vais citer Thomas SANKARA pour dire : « L’esclave qui est incapable de se révolter, ne mérite pas qu’on s’apitoie sur son sort ». On reçoit tellement de plaintes par rapport à tel produit consommé, mais est-ce que vous avez au moins essayé ses produits qui sont à proximité de vous ? Si vous voulez que les choses changent, je pense que vous devez changer vos habitudes. Comment faire confiance à celui que vous n’avez pas vu alors que votre frère fait la même chose. J’estime qu’il est temps que nous essayons de faire confiance en nos producteurs locaux, de prendre la décision d’essayer ne serait-ce qu’une seule fois. Je sais que l’esprit de la créativité béninoise se meut et qu’il y a tellement de produits. Vous pouvez consommer du petit déjeuner jusqu’au dîner sans avoir recours à un produit venu de l’extérieur.  Si nous voulons amorcer un développement durable, je pense qu’il faut consommer des produits de chez nous, pour ainsi dire, des produits de qualité. 

Propos recueillis et transcris par Cédric Joawo BAKPE

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